Le Rouge...
Le Rouge…
On évoque l’âme comme une essence profonde qui anime l’être vivant.
Je ne sais dire si c’est par goût de la métaphore que l’on parle également de l’âme des vieilles demeures. Ou peut-être bien parce qu’elles aussi sont vivantes.
Derrière les façades de tous les styles, de toutes les couleurs, dans la moindre pierre, dans les couches de plâtre qui tentent de les recouvrir, et dans chaque morceau de bois des portes et des fenêtres, des poutres aux parquets, tout est là. Ces âmes des vivants imprégnées à jamais, dans les murs. On pourra en changer la couleur, mais tout est là derrière. Jusqu’à ce qu’on décide de les détruire.
On l’appelait le grand Jules, ou plus souvent Jules Le Rouge.
On devinait encore, derrière les traits usés et vieillis de l’homme, un solide colosse de presque deux mètres à la stature herculéenne. Mais ce n’était peut-être pas ce qui marquait le plus ceux qui le croisaient. Il était reconnu pour sa bonté, sa grande générosité, bien qu’il n’ait pas eu lui-même grand-chose à donner. À part son goût et son engagement inaltérable pour une justice équitable pour chacun.
Jules Le Rouge…
Pourtant, il n’avait aucun sang d’aucune victime sur les mains ou dans son cœur.
Mais son regard déterminé et glaçant donnait parfois à ses yeux une teinte rouge. Proche du rouge sang, qui effrayait et repoussait tout tyran rêvant d’asservir toujours plus le peuple autour.
Lui, l’humble Jules, qui vivait chichement dans une vieille demeure au bout du village, n’avait jamais cherché la gloire des victoires ou des surnoms pompeux et célèbres à travers le pays.
Il n’avait fait que vivre pour et à travers cette volonté de liberté et de justice simplement.
À sa mort, des promoteurs avides de toujours plus avaient bien tenté d’acquérir sa demeure pour la raser. Projetant de construire à la place un complexe hôtelier que nul ne demandait.
Mais jamais sa petite-fille ne céda. Elle fit simplement repeindre la façade de la maison toute en bleu.
Bleu comme l’immensité du ciel qui avait accueilli son grand-père.

Juan Brufal, Blue Evening (attribution à confirmer)
Mais certains soirs, on peut encore voir les fenêtres toutes éclairées de rouge. Ce même rouge sang, couleur liberté qui longtemps coula dans les veines de Jules, jusqu’à transpercer de son regard toute injustice.
Les êtres vivants ont une âme, mais les vieilles demeures aussi…
PascalN — Auteur
Le contemplateur éphémère ©
« Scènes de vie »
Note de l’auteur : Pascal Nicod, alias « PascalN — Auteur Le contemplateur éphémère », est l’unique propriétaire et auteur de ce texte « humanuscrit », ainsi que de tous les droits connexes. Il n’en autorise pas l’utilisation sous quelque forme que ce soit, sans accord préalablement écrit et signé par lui-même, ou via la notice de transparence qui accompagne ce texte sur le réseau Panodyssey. Les IA du logiciel Antidote et de ChatGPT ont été utilisées uniquement à des fins de correction orthographique, grammaticale et typologique.
Crédit image: Juan Brufal, Blue Evening (attribution à confirmer)
Ici écrit PascalN — auteur Le contemplateur éphémère. J’observe les humains, le monde, la vie… et même les machines. Mais contempler ne signifie pas consentir à être dévoré.
Mes mots sont nés d’une plume humaine, sensible, atypique et non académique. Vous pouvez les lire, peut-être même les méditer — mais pour vous en nourrir, il faudra montrer patte blanche… et obtenir mon accord.
Moralité : le contemplateur est éphémère, ses droits ne le sont pas.
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Commentaire (1)
Harold Cath il y a 23 heures
un seul mot me vient : superbe.
Pascaln — Le Contemplateur Éphémère il y a 23 heures
Et deux pour moi : Grand merci 😊