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Épisode 80 : Aveu
Fiction
Conte
calendar Publié le 30 janv. 2025
calendar Mis à jour le 9 avr. 2026
time 9 min
Label de transparence créative
15+
Image / Image co-créée avec IA
Texte / Création humaine

Épisode 80 : Aveu

🎧 Musique : TORCHE – Admission

Pour profiter pleinement de l'expérience de lecture en musique, si vous n'avez pas d'abonnement YouTube Premium, je vous conseille de lire ce texte sur ordinateur et d'ouvrir le lien musical dans un nouvel onglet. Ça marche tout aussi bien et ça a l'avantage d'être gratuit 🙂

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Les instants s'écoulent, les uns après les autres, longs comme des siècles, lourds comme des pierres. Chargés d'électricité.


Finalement Mélusine entre.

Du regard, elle interroge leur silence.


Siegfried ne présente qu'un visage fermé et un front buté.


Le Père Adalbéric offre un visage hésitant, désolé, et l'attitude d'un homme désireux d'adoucir les débats pour empêcher la bagarre.


Mélusine se glisse au milieu de la pièce, les regardant à tour de rôle.


Siegfried tourne sur place pour rester face à elle. Puis, planté sur ses deux jambes comme un roc, les mains sur les hanches, c'est lui qui prend la parole.


— Mélusine, j'ai une question à te poser. Lorsque tu es venue trouver le Père Adalbéric il y a quelques jours, et que vous avez parlé si longtemps, était-ce pour lui parler de moi ?


Mélusine avale sa salive mais renverse la tête d'un air défiant. Pour ne pas montrer sa peur.


— Oui, Siegfried.


Les deux soufflets de Siegfried, un sur chaque joue de Mélusine, ne se font pas attendre.


— Tu m'as trahi... Tu m'as trahi !


Sa voix gronde puis crie.


— Je te faisais confiance, et tu m'as trahi !


Mélusine, abasourdie, porte les mains à ses joues. Elle n'en revient pas. En vingt-quatre ans de mariage, c'est la première fois que Siegfried lève la main sur elle.


Si l'on excepte, bien entendu, les fois où c'était le fait de Siggi le Fou.


Le Père Adalbéric veut intervenir :


— Comte Siegfried !... Calmez-vous ! ... Comte Siegfried, s'il vous plaît, la seule intention de votre épouse est de vous aider...


Siegfried tourne brusquement un regard furieux vers le Père Adalbéric et pointe sur lui un index vengeur, et sa voix rugit.


— Vous, vous entre tous, restez en dehors de ça !


Puis il se retourne vers Mélusine. Sa voix devient en même temps un rugissement et un cri de douleur.


— Pourquoi ? Pourquoi, hein ? Pourquoi ?


La voix de Mélusine est plus aiguë et plus précipitée qu'elle le voudrait.


— Je ne t'ai pas trahi, Siegfried, j'ai juste voulu t'aider... comme le Père Adalbéric vient de te le dire !


La voix de Siegfried tonne et gronde.


— M'aider ? M'aider ? Comment cela, m'aider ? M'aider à quoi ? M'aider à faire quoi ? M'aider à faire quoi, hein ?... Mais je t'avais dit, Mélusine, je te l'ai dit combien de fois, déjà, que personne ne peut m'aider ! Et surtout pas lui !... Mais toi, au lieu de m'écouter, tu as préféré me trahir !...


Mélusine, qui commence à retrouver ses esprits, étouffe de colère.


— Tu oses... Toi entre tous, Siegfried. Toi qui m'as trahie et reniée sans le moindre scrupule, devant témoins, il y a dix ans. Toi qui as fait le vœu de me délaisser sans même m'en parler. Toi qui t'en es pris à moi quatre fois en même pas dix jours. Alors même que nous étions enfin redevenus heureux ensemble... Toi, Siegfried, tu oses me parler de trahison ?... Mais que sais-tu seulement de la trahison ?...

— Ah ! Alors c'est une vengeance, c'est ça ? On dit bien que la vengeance est un plat qui se mange froid ?... Et moi, imbécile, qui t'ai crue sur parole quand tu me disais que tu m'avais pardonné !


Il s'avance vers elle pour frapper encore.


— Menteuse ! Vipère !


Elle l'esquive, lève les bras pour se protéger.


— Mais pourquoi crois-tu que je suis venue parler au Père Adalbéric ? Pour me venger de quoi ?

— Assez, Mélusine. J'en ai entendu assez !


Elle se redresse.


— Oh non, Siegfried, tu n'as pas fini de m'entendre, tu n'as fait que commencer !... Si j'avais voulu me venger de toi, la chose à faire, c'était te regarder te détruire et sombrer sans rien faire ! En restant les bras croisés et en profitant du spectacle !...

— Me détruire ? Sombrer ? Mais de quoi parles-tu ? Tu dis n'importe quoi. C'est pour essayer de m'apitoyer, c'est ça ? C'est trop tard, Mélusine. C'est trop tard. Le mal est fait. C'est trop tard !

— Quel mal ? De quel mal parles-tu ? De celui qui fait que parfois tu deviens quelqu'un d'autre ?... N'as-tu pas dit toi-même que tu entendais des voix dans ta tête ? As-tu oublié dans quel état je t'ai trouvé l'autre jour dans cette salle ? Siegfried ! Que crois-tu que ça m'a fait de te voir trembler comme tu le faisais quand je suis arrivée ? en regardant un coin où il n'y avait personne ?... Veux-tu que je te rappelle notre dernière promenade sur le chemin de ronde ?... Siegfried, par moments tu n'es plus toi-même !


Siegfried serre les dents, serre les poings, respire bruyamment.


— Je ne peux pas te voir ainsi et rester sans rien faire, Siegfried ! Je fais tout pour t'aider mais je n'y arrive plus toute seule. Même le physicien est incapable de dire ce que tu as. Lui non plus ne comprend rien à ce qui t'arrive. Crois-tu que j'aurais dit un seul mot de ta situation au Père Adalbéric, ou à qui que ce soit, si j'avais pu trouver une solution en gardant les choses entre nous deux ?... Maintenant j'ai peur d'être seule avec toi. Est-ce que tu réalises ce que ça veut dire ? Est-ce que tu le réalises ?...


Siegfried secoue la tête, silencieusement, en fermant les yeux et en serrant les dents.


— Est-ce que tu réalises que j'ai peur aussi pour nos enfants ?... Que crois-tu que ça leur fait de voir leur père dans un tel état ? Que crois-tu que ça leur fait quand ils entendent que les gens t'appellent Siggi le Fou ? Parce que ça, tu peux être sûr qu'ils le savent ! Tu crois vraiment que ça leur fait plaisir ?...


Le Père Adalbéric les observe tous les deux, tous deux au bord des larmes. Des larmes qui commencent à couler sur les joues de Mélusine.


— J'ai décidé de parler au Père Adalbéric parce qu'il est une personne de confiance qui est tenue à la discrétion. Parce que je savais que ce que je lui confierais ne serait répété à personne d'autre. Et aussi parce que j'ai pensé qu'il pouvait te donner des conseils que tu pourrais écouter. Peut-être ai-je eu tort, Siegfried... Mais si j'ai eu tort, alors dis-moi quoi faire ! Parce que moi, je ne peux pas te laisser comme ça !... Je ne peux pas te laisser t'enfoncer sans rien faire ! Et moi, toute seule, je ne sais plus quoi faire !


Sa voix s'enroue.


— J'ai espéré qu'il saurait peut-être quoi faire mieux que moi... Voilà pourquoi je lui ai parlé ! Est-ce te trahir que de vouloir t'aider, Siegfried ?


Siegfried porte les mains à ses oreilles.


— Je ne veux plus rien entendre, Mélusine... je ne veux plus rien entendre...

— Pourquoi ? Parce que ce que j'ai à dire, ça te dérange ?... Tout ce que je veux faire, c'est t'aider, Siegfried ! Je veux juste te sortir de là ! Rien d'autre ! Rien de plus !


Épisode 81 : Rupture


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