Vingt-huit ans.
vingt-huit ans. ce n’est pas un chiffre, c’est une respiration retenue trop longtemps. à Riga, la neige fondait sur les dictionnaires russes ; nous étions deux frères de sang et d’alphabet, convaincus que l’horizon nous appartenait. puis, le sablier s’est renversé. j’ai couru après la lumière ; lui a trouvé le silence sous une calotte noire, au zénith de sa vie, quand le monde lui tendait les bras.
aujourd’hui, l’écran a vibré. une icône numérique pour un moine devenu icône vivante, spectre bienveillant surgi du passé.
'je t’ai vu en rêve', m’a-t-il dit. dans son songe, j’étais debout au milieu d’un champ de cendres blanches. mes doigts étaient des tiges de magnésium incandescentes ; je ne peignais pas, j’arrachais des lambeaux de vide. j'étais l'artisan qui se consume pour que l’œuvre respire, un homme-allumette brûlant dans le noir.
face au coin des images sa
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Pensées
de
David Chkhaidze
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