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Réflexion sur l'analyse n° 4 : sortir de l'esclavage moderne – 2
Non-fiction
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calendar Published Sep 5, 2026
calendar Updated Sep 5, 2026
time 16 min
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Réflexion sur l'analyse n° 4 : sortir de l'esclavage moderne – 2

Les leçons de la Nature et de l'Histoire ne sont pas les mêmes pour tout le monde

Les partisans de la réforme sociale disent volontiers avec l'anthropologue Margaret Mead que la civilisation ne commence pas avec la technologie, mais avec la solidarité, et que l'entraide permet de survivre à des individus qui, livrés à eux-mêmes et à eux-mêmes seuls, seraient inévitablement morts parce qu'ils n'auraient pas pu avoir accès à l'eau ni à la nourriture. C'est de cette entraide, que l'on retrouve aussi chez certaines espèces animales – et pas seulement chez les mammifères, mais aussi chez plusieurs espèces d'insectes, les abeilles, guêpes, fourmis et termites en étant les exemples les plus connus – qu'est née la civilisation. Et le fait est que cette façon de s'organiser a garanti, et garantit encore, la survie des espèces qui l'ont adoptée. Pas simplement leur survie d'ailleurs, mais leur force, voire leur invincibilité. De quelle autre manière croit-on que les fourmis légionnaires sont capables de former des ponts ? Oui, des ponts ! Des ponts vivants !



Et si l'on veut parler de technologie : on savait depuis longtemps en observant les pucerons que les fourmis pratiquaient l'élevage bien avant les humains (qui sait d'ailleurs si elles ne les ont pas inspirés ? Nos ancêtres n'exploraient certes pas encore l'espace, et il leur a fallu se sédentariser avant d'inventer des systèmes d'écriture et de comptage, mais même quand ils n'étaient encore que chasseurs-cueilleurs nomades, ils n'en étaient pas moins de très fins observateurs de la nature et de leur environnement, et même nous, humains modernes qui aimons tant nous qualifier de "civilisés", aurions certainement encore beaucoup à apprendre d'eux, car plus nous les étudions, plus nous nous apercevons qu'ils ne nous ont pas encore livré tous leurs secrets). Mais tout récemment (du moins en comparaison), nous avons découvert que les fourmis pratiquent aussi l'agriculture. L'éthologue Jane Goodall, quant à elle, a découvert de son côté que les chimpanzés fabriquent et utilisent eux aussi des outils.



Tout ceci prouve que même si jusqu'à preuve du contraire, les humains sont bien les premiers à avoir compris comment allumer un feu là où il n'y en avait pas encore (mais au moins trois espèces d'oiseaux australiens savent comment propager un feu qui brûle déjà),



et même si, toujours jusqu'à preuve du contraire, ce sont bien les humains qui ont inventé la roue, ils sont loin d'être les seuls à rechercher et à inventer des méthodes pour assurer leur survie, la stabilité et le renouvellement de leurs ressources, et pour se faciliter la tâche et la vie avec. Et avouons que pour la survie et le développement du groupe, de la société, et de l'espèce en général, c'est quand même plus sympa quand celui (ou celle) qui fait une telle découverte ou qui invente une façon de faire plus pratique, plus efficace et/ou moins pénible les partage avec les copains (et aussi avec les copines bien sûr) 🙂.


À cela, les défenseurs de l'initiative individuelle répondent que certes, tous ces exemples sont impressionnants, il faut le reconnaître, mais que l'être humain n'en est pour autant ni une fourmi légionnaire, ni un milan, ni un faucon, ni un chimpanzé, et que si l'on fait abstraction de l'intelligence collective, les capacités cognitives d'un individu humain isolé de tout groupe sont bien supérieures à celles d'une fourmi, d'une guêpe, d'une abeille, d'un termite, d'un milan, d'un faucon, ou même d'un chimpanzé, placés dans la même situation. C'est là un premier point.


Le deuxième point qu'ils soulèvent, c'est que, certes, tout individu pris isolément a ses propres solidarités naturelles, ne serait-ce que celle de sa famille, ne serait-ce que celle de ses parents ou de ses rejetons. Mais aussi, il ne faut pas perdre de vue, disent-ils, que la nature laissée à son propre fonctionnement, éprouvé depuis des centaines de millions d'années, est un milieu très hautement concurrentiel et compétitif. On se plaint dans l'humanité des sociétés capitalistes, qui se construisent certes selon le modèle darwinien et qui vont même jusqu'à le revendiquer, mais de ce point de vue-là, les sociétés capitalistes sont encore très solidaires et très pardonneuses si on les compare à la nature sauvage. D'ailleurs, même les solidarités que la nature tolère n'y ont qu'un temps.


Le troisième point qu'ils soulèvent, et qui est une conséquence du précédent, c'est que dans un milieu concurrentiel et compétitif, toute compétence additionnelle, toute connaissance supplémentaire, toute qualité rare mais appréciée, au physique comme au moral, constitue pour celui ou celle qui les possède un avantage comparatif. En d'autres termes, un avantage pour la survie, un avantage pour l'accès aux ressources. Un avantage par rapport à la concurrence. Ce qui veut dire, par voie de conséquence, qu'on le garde jalousement pour soi et qu'on ne le partage a priori avec personne. Ce n'est pas pour rien que pendant des siècles voire des millénaires, la connaissance a circulé si peu et si difficilement. Encore aujourd'hui, il existe des secrets de fabrication couverts par des brevets et par le secret industriel. Les artisans ne révèlent pas leurs tours de main, les artistes restent discrets sur leurs outils, leurs mélanges de couleurs, leurs sites de prises de vue, leurs idées de projets et leurs projets en cours. Cuisiniers et mères de familles ne partagent pas leurs recettes, ou en tout cas pas le mélange d'épices et/ou d'herbes aromatiques qui donnent à leurs plats leur goût unique, et femmes et jeunes filles gardent le silence sur leurs astuces de beauté. Tout cela n'est pas sans raison. Chaque individu, chaque groupe, chaque entité professionnelle, disent-ils, garde jalousement le secret sur ce qui les rend uniques et les distingue des autres. Chacun et chacune ne redoute rien tant que de se faire copier et de rentrer ainsi dans l'immense lot des remplaçables. Si on partage le secret de son unicité, c'est seulement avec ses solidarités naturelles, avec le plus petit groupe dont on fait partie, et seulement si l'on estime qu'il peut en bénéficier par rapport aux autres – et aussi que soi-même, on bénéficiera de ce partage. Dans la concurrence et dans la compétition, le secret est de rigueur.


Le quatrième point qu'ils mettent en avant, qui à vrai dire découle du troisième, c'est que toute cette compétition permet l'accomplissement d'un phénomène tout aussi naturel que les précédents, et qui s'appelle la sélection. On parle bien d'un modèle darwinien ici. La sélection, selon ce modèle, permet de renforcer un groupe, une société, une espèce, en éliminant de la reproduction – et même du partage des ressources en leur refusant une place à table – tous les individus trop faibles, trop peu capables, trop peu adaptés, trop peu performants, et de ne garder que les meilleurs pour perpétuer l'espèce et pérenniser le groupe, et pour les garder sains. Les défenseurs de l'initiative individuelle et de la sélection naturelle rappelleront volontiers qu'à Sparte, dans l'Antiquité grecque, les nouveaux-nés handicapés ou difformes étaient bien jetés du haut de la falaise, et que même dans le règne animal, une mère peut très bien se désintéresser de son petit s'il est déficient. Tout cela pour éviter à l'espèce dans son ensemble de dégénérer à la longue.


Enfin, le dernier point qu'ils tiennent à épingler, et qui leur tient particulièrement à cœur, est que le modèle compétitif et concurrentiel darwinien permet également d'éliminer du tableau tous les individus qui ne sont là que pour prendre, mais sans rien donner, qui ne pensent qu'à leur propre survie mais qui recherchent la facilité, parce que compter sur quelqu'un ou quelque chose d'autre est plus facile et plus économe en ressources pour soi que de compter sur soi-même, mais qui ne contribuent en rien au groupe dont ils dépendent et qui ne lui apportent rien. Les fraudeurs sociaux. Tous les profiteurs, les paresseux, fainéants et autres cas sociaux (les fameux "cassos", dont l'appellation mise par écrit m'évoque plutôt des "cassés", mais qui à eux semblent plutôt évoquer des "casseurs"), dont les champions de l'initiative individuelle ont une sainte horreur.


Et c'est bien précisément pour cette raison que les champions de l'initiative individuelle à tout crin redoutent a priori toute forme de solidarité comme le sida ou le covid : parce qu'ils sont convaincus que la solidarité enseigne aux individus à compter sur autrui au lieu de compter sur eux-mêmes et qu'à terme, elle ne produit que des assistés. Et que le problème avec un tel système, c'est qu'au fur et à mesure que le temps passe, la subsistance et même le développement de l'ensemble de la société finit par reposer sur un groupe de plus en plus restreint d'individus : sur tous ceux qui savent rester actifs, prendre des initiatives, faire les choses eux-mêmes et ne pas se contenter d'attendre que ce soient les autres qui bougent ou que les choses se fassent d'elles-mêmes par on ne sait quel coup de baguette magique. Or cela génère

deux problèmes. Le premier, c'est que ce petit groupe minoritaire, qui avec le temps se rétrécit comme peau de chagrin, finit à un moment donné par ne plus suffire à lui tout seul à maintenir la société debout, et qu'il s'écroule sous une charge qui finit par peser trop lourd pour ses propres épaules... en entraînant dans son effondrement l'ensemble de la société. Le deuxième, c'est que ce petit groupe de gens actifs et dynamiques n'attend pas d'en être arrivé à une telle extrémité pour en avoir marre d'être toujours les mêmes à travailler pour tous les autres, par se sentir exploité et par être pris d'une furieuse envie de se mettre en grève. Ne serait-ce qu'histoire que tous les autres qui se contentent de compter sur eux réalisent que c'est injuste, que ce n'est pas parce que la minorité prend des initiatives que pour autant elle est dupe de leur paresse et de leur passivité, et qu'ils se mettent enfin à bouger eux aussi. Parce que même si, comme l'affirme Idriss Aberkane, "le micro-communisme fonctionne", c'est surtout, d'abord et avant tout parce que plus un groupe est restreint, plus il est difficile pour les tire-au-flanc de se cacher derrière ceux qui font le boulot. Et ensuite... c'est tout simplement parce que n'importe quel groupe, grand ou petit, fonctionne toujours mieux quand tout le monde y met du sien et que chacun fait sa part.


Alors les réformateurs sociaux répondent que lorsque Idriss Aberkane dit que "le micro-communisme fonctionne", ce n'est peut-être pas parce qu'il a compris la véritable théorie

communiste marxiste, et encore moins parce qu'il a compris pourquoi les régimes communistes se sont effondrés, mais c'est parce qu'il a compris l'intention de base qui est derrière le communisme : "chacun participe selon ses moyens, chacun bénéficie selon ses besoins". Or, diront-ils, c'est justement là le rôle d'une société : soutenir ses membres selon leurs besoins. Pratiquer cette solidarité qui est la base même de toute civilisation. Tout comme elle est la base des communautés animales les plus résilientes dans la nature, celles qui mettent en commun leurs capacités individuelles, leurs ressources collectives et même leurs connaissances sur plusieurs générations, même s'il ne s'agit "que" de savoir où trouver des sources de nourriture.


(À ce sujet, à titre personnel, je me souviens que dans le cours d'introduction à la psychologie que j'ai reçu à l'université, on m'a enseigné à l'époque – il y a plus de quarante-cinq ans – que les animaux n'avaient pas de culture parce que même s'ils étaient capables d'acquérir à titre individuel de nouvelles connaissances qui n'étaient a priori pas propres à leur espèce – des connaissances apprises de l'être humain notamment, comme la capacité de compter ou l'usage de la fourchette – ils n'étaient pas capables de les transmettre, ou en tout cas ils ne les transmettaient pas. On partait du principe que la connaissance chez les animaux devait moins à l'apprentissage qu'à l'existence d'un stock instinctif présent au départ dans chaque individu et dans lequel chaque individu puisait selon les circonstances, en étant guidé par son instinct. C'est une vision qui a été largement battue en brèche ces dernières décennies, notamment avec les travaux des éthologues. On sait aujourd'hui que la femelle orang-outang, par exemple, a besoin de plusieurs années pour montrer à son petit les pas moins de trois cents espèces de plantes dont il peut tirer sa nourriture ! Et même si les sociétés de fourmis ou d'abeilles ont une structure et une évolution a priori assez rigides, on sait désormais que les individus de ces espèces communiquent entre eux, que les abeilles éclaireuses informent le reste de la ruche par une sorte de danse de la direction et de la distance où elles ont trouvé une source de nourriture, et des pratiques aussi complexes que l'élevage et l'agriculture par les fourmis supposent bien la transmission au moins à certains individus d'un stock préexistant de connaissances. La véritable ingénierie dont fait preuve le castor pour construire le barrage qui constitue son habitat pose des questions du même ordre. L'instinct n'explique pas tout en la matière. Même si le plan utilisé par chaque espèce est très rigide et subit peu de variations dans le temps et dans l'espace.)


C'est donc justement le rôle même d'une société que de redistribuer les ressources disponibles aux différents individus qui en sont membres selon leurs besoins. Or pour disposer de ressources, une société a besoin que les individus qui en sont membres contribuent d'une manière ou d'une autre à un pot commun, à partir duquel la redistribution aura lieu.


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© Jackie H, 2026

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Texte entièrement rédigé par un être humain

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© Author's name / pen name Jackie H
Sources, citations, co-authors https://youtu.be/3G_furVViu4?is=xtTQS0j-YDVF2neW – "L'Incroyable pont vivant des fourmis légionnaires – Intelligence Collective", chaîne Fourmis Passion, YouTube ; https://youtu.be/aURTAsyxw7Y?is=GEB86yWbId4U3OYK - "Les chimpanzés fabriquent et utilisent des outils", chaîne InstitutJaneGoodallFR, YouTube ; https://www.cjd.net/ressources/societe/le-premier-signe-de-civilisation/ – "Le premier signe de civilisation", CJD ; https://youtu.be/rAmswysfJuc?is=bp8vrW1q4Gvx7DPd – "Voici comment les oiseaux utilisent le feu", chaîne Watop_fr, YouTube ; citations d'Idriss Aberkane sur le micro-capitalisme extraites de sa vidéo "Communisme et capitalisme" sur YouTube, https://youtu.be/kAhpcHRbBYA?is=hmUQGdGm6Xj-o7cT
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Attention les vibrisses numériques : on sniffe, on regarde, mais on ne touche pas et on ne mord pas, sinon Maman Chat donne une tape sur le museau, et la patte de Maman Chat a des griffes acérées qui peuvent faire très mal ! Si on a faim, on miaule et on demande la permission à Maman Chat d'abord 🐱 et si elle dit "non", c'est non ! Par contre, on peut ramener les copains – et les copines. S'ils sont sages et s'ils se contentent de regarder, pas de problème les chatons !

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