Traversée du désert
Traversée du désert
L'acte d'écriture est très souvent synonyme de traversée du désert,
Un chemin de croix, une sorte de passion triste qui se vit en solitaire,
Terre-à-terre, la chaleur étouffe, l'eau manque tandis que la main en visière,
On scrute l’horizon, en quête d’un peu d’inspi dans un océan de poussière.
On marche seul, sans témoin, sans personne avec un turban sur la tête,
Un voile devant les yeux, la sécheresse suspendue à nos lèvres,
Sans rien d'autre devant soit que des hauts, des bas, des dunes et des crêtes,
Dans l'attente que surgisse un orage ou une tempête de verve,
Sans rien d'autre autour que le vide et le silence,
Et un soleil de plomb qui brille par sa présence,
Et un désert nu dont l’insolence ne veut rien entendre,
Qui me contemple aller et venir, monter et redescendre.
Je suis là, à espérer voir poper une oasis au milieu du mirage,
A vouloir voir le plein et le vide se demander en mariage,
A chercher vaille que vaille le sujet, le verbe et le complément,
A espérer voir essaimer des mots, des phrases dans un gisement,
A me voir dessiner au stylo des sillons et des signes dans le sable,
Mais même le désert m'a déserté, par nature il est insaisis-sable.
L’insolation me guette et la soif et la rougeur des coups de soleil,
J’ai beau lui crier mon envie d’écrire, il fait la sourde-oreille.
Dans ma plume l'encre'y est, mais ce climat ô sceptique
Demeure stérile, et si je lui parle de front le désert tique,
On prêche dans le vide, sur le papier je crois que je broie du noir
C’est trou-blanc, peut-être que mon inspi simplement est du soir ?
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