Hypnos et Apollon
Sonnet shakespearien sur 7 rimes et de forme italienne.
« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière », Edmond Rostand, Chantecler (1910), acte II, scène 3.
Le soleil disparaît. Je m’installe au salon,
Ignorant à dessein mon état de fatigue :
Ma muse est volontiers généreuse et prodigue
Quand Hypnos mécontent lutte contre Apollon…
Dès lors j’écris, je note et ne m’arrête plus !
Je brouillonne au hasard des phrases débridées
Qui donnent vie en outre à toutes mes idées ;
Œuvrant toute la nuit, je compose en reclus.
Des heures de travail pour produire une ligne,
Pour accoucher d’un vers sorti de mon cerveau,
Modeste enfantement, bébé fragile et digne…
Et lorsque arrive enfin l’éclat du jour nouveau,
J’admire avec bonheur, aussi faible soit-elle,
Entre mes mots heurtés quelque noble étincelle !
Qui me rendrait visite avec soif ou dédain :
Pitié, ne rendez pas ma Muse furieuse
En vous appropriant les fruits de mon jardin !
Venez vous imprégner d’une douce atmosphère,
Goûtez sans retenue à mon émotion,
Mais sachez que jamais je ne laisserai faire
Si vous vous en prenez à ma création !
Ne me dérobez rien, restez digne et honnête
En respectant toujours le travail du poète.
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Comment (1)
Bernard Ducosson 2 hours ago
Wouah, comme ça raisonne dans ma tête !
Philippe Marechal 1 hour ago
🙏 Merci Bernard !
J'aime quand ça raisonne fort... en silence 😜