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Prime ou pas Prime – mon grain de sel sur la question
Non-fiction
Opinion
calendar Published Aug 7, 2026
calendar Updated Aug 7, 2026
time 16 min

Bonjour Jackie, tout d'abord merci de ce long format pour apporter votre " grain de sel " sur ma réflexion " Prime ou pas prime ". Effectivement cela méritait bien plus qu'un commentaire limité à 1000 caractères.
Égoïstement, je dis qu'il me fait grand plaisir car je suis presque déçu du peu de réactions et surtout d'échanges au regard du gros travail que m'a valu la construction de mon article et sur le questionnement de fond que j'ai tenté de mettre modestement en avant.
Et puis je retrouve dans votre propos de nombreux éléments de mon propre questionnement, ce qui quelque part est pour moi " reconfortant ".
Je crois que nous sommes d'accord sur la conclusion de dire : chaque auteur est seul maître de ses écrits et de ses choix qui par conséquent doivent être simplement respectés. Un grand merci pour l'apport de votre regard ici.

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Prime ou pas Prime – mon grain de sel sur la question

Ceci est un commentaire étendu sur une publication de PascalN – le contemplateur éphémère en réponse à un post de Harold Cath.

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Je me permets d'intervenir à mon tour modestement dans la discussion – même si c'est avec un peu de retard 🤗.


Tout d'abord, j'ai un peu (beaucoup) le nez dans le guidon en ce moment, c'est pourquoi je n'y ai pas répondu, mais j'ai bien vu passer le post de Harold Cath. C'est pourquoi la première chose que je dirai sur la question est que, oui, sur le moment même, son revirement m'a surprise par sa rapidité – après tout, il y a un indéniable travail de recherche derrière L'Âme mécanique et je tiens à lui dire : bravo pour cela 👏🏻👍🏻 – mais qu'au-delà de ce que chacun, moi ou n'importe qui d'autre, peut en penser ou pas : passer en Prime ou en Découverte, faire rémunérer ou non le produit de son imagination et le résultat de ses réflexions, c'est le choix libre et souverain de chaque auteur et qu'il est le seul à pouvoir juger de sa pertinence. Harold Cath a ses raisons, d'autres ont les leurs.


J'avoue, je plaide coupable, parce que s'il a décidé à un moment donné de passer en Prime, je dois avoir fait partie des raisons qui l'ont poussé à le faire. En effet, dans un de mes commentaires sur un autre de ses posts (il y a 3 mois et c'était sur le fil d'actu, il m'a fallu une heure et demie pour retrouver la preuve de mon délit 🙂), j'avouais – comme je l'avais déjà fait par le passé sur la plateforme – me poser pour moi-même la question du passage en Prime, et sans vouloir exagérer mon influence ni ma propre importance, je me dis que la raison que j'invoquais pour y penser a peut-être contribué à le convaincre de prendre une décision... qui avec le recul ne lui paraît plus très opportune.


La raison que j'invoquais, et que j'avais déjà évoquée auparavant dans d'autres commentaires dès fin 2024 (flemme de rechercher la date exacte), c'était que pour ma part, je considérais Panodyssey au départ comme un banc d'essai. Je suis venue sur Pano par le bouche-à-oreille, et la personne qui m'en a parlé évoquait la possibilité de tester l'intérêt d'un projet littéraire à partir de fragments dont l'accès serait payant. Le but à ce moment-là était de savoir si des lecteurs trouvaient un intérêt suffisant à mes élucubrations pour être prêts à payer pour les lire.


C'était effectivement mon projet de départ. Or force est de constater qu'à ce jour, après trois ans sur Panodyssey, tous mes textes sont encore en Découverte et je n'ai toujours pas franchi le pas. J'ai bien le projet de mettre une CR en Prime, mais selon ce que, à la suite de Gabriel Dax, j'appelle désormais la règle de Lazare Veyrat, "le premier est toujours gratuit"... et le deuxième, jusqu'à aujourd'hui, n'a pas encore suivi. Les lecteurs réguliers des Nouvelles de Magtogoek savent que mon inspiration est fortement sujette aux fluctuations des circonstances et de l'actualité du moment (cet article-ci en est la preuve 🙂). Et si j'ai le projet de la mettre en Prime, c'est en raison d'une richesse d'illustration, de documentation et de mise en page qui demande... un travail certain.


Mais, me répondra-t-on, la quantité de travail demandée, le nombre d'heures y passées, la quantité d'énergie y consacrée et même la qualité du résultat obtenu, que ce soit en forme ou en fond, ne sont pas les critères les plus décisifs pour décider de passer en Prime ou de rester en Découverte. Ce qui est décisif, c'est l'intérêt du public, c'est l'existence d'un marché. Donc la véritable question est : en dehors de toute considération de quantité, de qualité, de temps, d'énergie et de résultat, y a-t-il assez de gens suffisamment intéressés à lire des publications – en général, les miennes ou celles d'autres auteurs – pour être prêts à payer pour y avoir accès ?


Comme disait le grand Will, "that is the question"...


Et les retours d'expérience que j'ai récoltés à l'époque – et il s'agissait pourtant de piliers de Panodyssey, des Gabriel Dax, des Daniel Muriot – n'étaient, comment dire, pas vraiment encourageants et c'est le moins que l'on puisse dire. L'expérience peu concluante de Harold Cath, qui le pousse aujourd'hui à revenir sur sa décision et à rendre tous ses textes libres d'accès, semble bien pointer dans la même direction. Face à cette constatation, je suis tentée de conclure à l'instar de PascalN – le contemplateur éphémère qu'il pourrait être contre-productif de mettre mes textes en Prime, et que cela reviendrait plus qu'autre chose à (risquer de) les invisibiliser. Or, à la recherche de quoi sommes-nous tous ? Mais de visibilité pardi !


Alors quoi ? L'écriture en devient-elle condamnée à rester un simple loisir gratuit, un passe-temps pour dandys désœuvrés qui en ont les moyens ? Ou alors est-elle réservée à ceux qui – soit qu'ils aient une fortune personnelle, soit que (comme Harold Cath et moi par exemple), ils soient retraités, soit qu'ils aient (comme Daniel Muriot et beaucoup d'autres) une activité professionnelle en dehors d'elle – quel soit le cas de figure, ne dépendent pas de leur plume pour gagner leur vie ?


Certes, on peut ressasser le marronnier du moment qui raconte qu'à l'heure actuelle, les gens ne lisent plus, ou de moins en moins, ou beaucoup moins qu'avant. Je pense pour ma part que c'est une affirmation qui mérite d'être nuancée : ce n'est pas tant que les gens lisent moins, c'est plutôt qu'ils lisent autrement, sur d'autres supports, et c'est aussi – comme en témoigne le succès des bibliothèques, du book-crossing et des boîtes à livres – qu'ils sont tout à fait prêts à lire... pourvu que ce soit gratuit.


Ou alors ils préfèrent le livre numérique, parce qu'il est moins cher, et aussi – reconnaissons-le – moins encombrant (une liseuse, un smartphone, une tablette ou même un PC laptop permet d'emporter des bibliothèques entières avec soi tout en prenant moins de place qu'un seul bouquin).


Évidemment, ce goût pour le gratuit, le bon marché et le pratique au transport ne fait pas vraiment l'affaire des intervenants de la chaîne du livre...


... et il ne fait pas vraiment celle des auteurs non plus (en tout cas pas le goût du gratuit). Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt.


Bien sûr, ceux qui sont là surtout pour l'impact – ou alors par plaisir personnel, ce qui est tout aussi légitimene considèreront pas cela comme un problème à partir du moment où ils écrivent surtout pour être lus et où, comme Harold Cath le disait dans son post, ils n'ont pas besoin de cet argent. Leur but est d'être lus, d'être reconnus du fait d'avoir un lectorat et peut-être même une communauté, de divertir ou d'inspirer et, qui sait, d'avoir un impact sur des vies individuelles et peut-être aussi, soyons fous, sur la société. Pour ceux-là (et celles-là), la question de l'argent est tout à fait secondaire, et ça se comprend.


Mais pour les autres ?

Pour les autres qui se sentent parfois trahis par ceux-là, parce qu'ils pensent à tout le travail que leur écriture leur a demandé en termes d'inspiration, de rédaction, de relecture, de correction, d'édition, puis de production du livre en soi, plus la diffusion, la promotion, la distribution... tout ça pour manquer de soutien de la part de gens qui leur semblent considérer que tout cela compte pour rien – et qui leur semblent dévaloriser ainsi non seulement tout un travail de création de la part d'un individu, mais aussi toute la chaîne de valeur qui est derrière.


Alors, quid ? Prime ou pas Prime ? Prime ou Découverte ?

À l'instar de PascalN – le contemplateur éphémère, je pense qu'il y a, sinon un équilibre à réaliser comme lui le dit, du moins une stratégie à élaborer si l'on veut passer en Prime tout en restant visible. Pour reprendre ses termes, il faut "laisser à ses lecteurs potentiels l'occasion de la rencontre" – une rencontre qui ne peut pas avoir lieu si les auteurs se cachent avec toute leur œuvre derrière un paywall.


En ce qui me concerne, tout comme Harold Cath et d'autres aussi, je n'ai pas vraiment besoin de cet argent. J'écris pour d'autres raisons. Je suis de ceux qui écrivent pour l'impact, pour lancer des idées, pour faire réfléchir, même si je le fais parfois de manière plus divertissante en écrivant de la fiction. Je tenais cependant à savoir si ce que je publiais présentait un intérêt pour d'autres que moi-même et si cette activité valait la peine d'être plus qu'un simple passe-temps. Si je voulais le savoir, c'est aussi parce que traîne dans un recoin de ma tête depuis des décennies l'idée d'être un jour une autrice publiée en bonne et due forme. Je voulais savoir si j'avais vraiment mes chances. Je pensais que mettre quelques textes, voire une ou deux Creative Rooms, derrière un paywall, pouvait constituer le test qui me permettrait de répondre à cette question. L'expérience d'autres auteurs, pourtant chevronnés et dûment reconnus sur Panodyssey, m'indique plutôt que passer en Prime ne constituerait pas ce test parce que les résultats ont toutes les chances de ne pas être plus concluants pour moi qu'ils ne l'ont été pour eux.


C'est ce qui explique que même si j'ai tourné, et retourne encore, la question dans ma tête, en pratique, tous les textes que j'ai publiés ici depuis trois ans sont encore toujours en Découverte.


Il n'en reste pas moins que la question continue toujours de me hanter...


Alors ?

Il reste certain que tout ce que je publie ne mériterait pas d'être mis derrière un paywall. Ni en qualité, ni en sensibilité, ni en impact potentiel.


Il reste tout aussi certain que la gratuité me rend abordable, découvrable, et que plus je propose de publications gratuites, plus les lecteurs ont de chances de connaître ce que je fais, de l'apprécier, et de vouloir peut-être en lire plus. Après tout, pour parler "vulgairement commercial", "qui achète un chat dans un sac" ?


Même un livre acheté en librairie ou dans un supermarché peut être consulté avant l'achat. Après s'y être farouchement opposés pendant des décennies, les librairies et supermarchés ont fini par l'admettre en installant même des coins lecture, parce qu'ils avaient remarqué que contrairement à ce qu'ils avaient longtemps craint, permettre cette consultation augmentait les chiffres de vente. Même sur Amazon, Kobo et autres plateformes en ligne, il est d'usage de proposer à la lecture publique soit le début d'un bouquin, soit ses "bonnes feuilles".


Ma méthode en tant qu'acheteuse s'apparente à celle de l'éditeur anglais Ford Maddox Ford il y a un siècle pour juger de la qualité d'un livre : je n'ouvre pas systématiquement celui que je consulte à la page 99 😆 comme lui le faisait (probablement parce qu'il voulait standardiser son test), mais je l'ouvre au hasard quelque part au milieu et je vois si j'accroche et si j'ai envie d'en savoir plus, en amont aussi bien qu'en aval. Ce fameux test de la page 99 avait été repris un temps par le journal L'Express il y a une dizaine d'années si j'ai bonne mémoire, pour juger des derniers succès de librairie en date notamment. Ceci pour dire que même si on veut passer en Prime, il faut le faire avec discernement. Même dans une perspective purement commerciale, le gratuit a son rôle à jouer, et un rôle important. J'en suis et j'en reste convaincue.


Mais je n'en continue pas moins à réfléchir à la question de savoir ce que je vais finalement faire passer en Prime – même en sachant que je devrai le faire le plus intelligemment possible, même en sachant qu'il ne s'agira que d'un nombre limité de publications, et même en sachant aussi que je devrai m'armer de patience en attendant des résultats qui risquent de tarder à venir dans un contexte économique qui est tout sauf favorable, moins parce que le livre et la lecture en eux-mêmes seraient en crise (encore ai-je la chance à cet égard de publier en numérique 🙂) mais surtout parce que de manière plus générale, "c'est la crise" tous azimuts, les gens n'ont pas énormément d'argent à dépenser et payer pour lire n'est peut-être pas une priorité pour eux face à des urgences plus vitales – et c'est là un problème dont il nous faut rester tous conscients si nous voulons garder des attentes réalistes 🙂.


Voilà, c'était mon grain de sel, "my two cents' worth" comme on dit outre-Manche. J'espère avoir pu apporter quelque chose au débat, même s'il était surtout question de mon positionnement personnel et même si je ne pense pas avoir dit au-delà de ça grand-chose que les autres auteurs de la plateforme ne savaient pas déjà.


En tout cas, quelles que seront dans le présent et dans le futur les décisions des un(e)s et des autres, bonne chance à toutes les autrices et à tous les auteurs sur Panodyssey et même ailleurs🤞🏻!


Crédit image : © Oleksandr Drypsiak | dreamstime.com


© Jackie H, 2026

Tous droits réservés selon toutes législations et conventions nationales et internationales en vigueur, qu'il s'agisse d'individus humains, d'organisations ou d'intelligences artificielles

Texte entièrement rédigé par un être humain

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© Cover Image © Oleksandr Drypsiak | dreamstime.com
© Author's name / pen name Jackie H
Sources, citations, co-authors https://panodyssey.com/fr/article/culture/prime-ou-pas-prime-5kk9herbb8hw – PascalN – Le contemplateur éphémère, "Prime ou pas Prime ?" ; https://panodyssey.com/fr/feed/16348 – Harold Cath, "Le syndrome de l'imposteur ?" ; https://panodyssey.com/fr/article/horreur/le-premier-est-toujours-gratuit-b32rpf8rdu9j – Gabriel Dax, "Le premier est toujours gratuit" ; https://panodyssey.com/fr/article/editorial/les-nouvelles-de-magtogoek-15-q5gmbq48ckcb – Jackie H, "Les nouvelles de Magtogoek #15" ; https://www.linkedin.com/posts/jackiehj_livres-papier-etlivres-num%C3%A9riques-unavenir-activity-7481697027895095297-gwKZ?utm_source=share&utm_medium=member_android&rcm=ACoAAACw5YABeRDkB2pLxUBqHItAvzyu9B61Yeo – Jacqueline Hardy-Jamil, article LinkedIn sur un post du blog theconversation.com à propos des supports de lecture qui changent ;
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Attention les vibrisses numériques : on sniffe, on regarde, mais on ne touche pas et on ne mord pas, sinon Maman Chat donne une tape sur le museau, et la patte de Maman Chat a des griffes acérées qui peuvent faire très mal ! Si on a faim, on miaule et on demande la permission à Maman Chat d'abord 🐱 et si elle dit "non", c'est non ! Par contre, on peut ramener les copains – et les copines. S'ils sont sages et s'ils se contentent de regarder, pas de problème les chatons !

Comment (1)

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Bonjour Jackie, tout d'abord merci de ce long format pour apporter votre " grain de sel " sur ma réflexion " Prime ou pas prime ". Effectivement cela méritait bien plus qu'un commentaire limité à 1000 caractères.
Égoïstement, je dis qu'il me fait grand plaisir car je suis presque déçu du peu de réactions et surtout d'échanges au regard du gros travail que m'a valu la construction de mon article et sur le questionnement de fond que j'ai tenté de mettre modestement en avant.
Et puis je retrouve dans votre propos de nombreux éléments de mon propre questionnement, ce qui quelque part est pour moi " reconfortant ".
Je crois que nous sommes d'accord sur la conclusion de dire : chaque auteur est seul maître de ses écrits et de ses choix qui par conséquent doivent être simplement respectés. Un grand merci pour l'apport de votre regard ici.

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Daniel Muriot verif

Daniel Muriot 2 days ago

Il faut s'y habituer Pascal, il y a peu de réactions à ce que nous publions sur Panodyssey. Souvent, on retrouve les même, comme les habitués, toujours aussi à la même table du café du coin.

Jackie H verif

Jackie H 2 days ago

Je fais la même constatation que toi Daniel en ce qui concerne les commentaires, ce sont souvent les mêmes qui se manifestent – pas toujours, mais souvent. J'ajouterai que c'est le mois d'août, le mois où traditionnellement les gens partent en vacances, surtout s'il fait beau, et même si en 2026 on peut toujours emporter sa tablette ou son smartphone, la plupart préfèrent la plage et la coupure avec le quotidien et ma foi, ça se comprend. C'est une des dernières traditions qui résistent au temps (bon, il faut dire que dès le départ, elle est assez récente aussi, après tout les congés payés n'ont même pas encore fêté leur siècle d'existence 🙂). Enfin soit.
En publiant, j'espérais tout de même ne pas avoir fait double emploi avec votre post Pascal. Mais ça me réjouit de voir que finalement, ma publi vous fait plaisir 🙂 et c'est vrai que finalement, nos constatations et cheminements respectifs se rejoignent en de nombreux points 🙂.

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