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Mine d'or (fin)
Fiction
Fan fiction
calendar Published Aug 17, 2026
calendar Updated Aug 17, 2026
time 11 min
15+

Mine d'or (fin)

Dans une méditation profonde, proche de

l'éveil, l'éclatement d'une bouteille en

verre m'a éveillé. Sébastien était devant

moi les genoux au sol et en larmes.

Un appartement vaste avec très peu de

mobilier, mais où étions-nous ?

Le schéma était-il entrain de se répéter ?

Que se passait-il ?

Sébastien avait besoin de mon aide, sur le

meuble, j'ai exposé ma mine d'argent face

à un rayon de soleil, je voulais refléter

dans son œil pour captiver son attention.

Ma brillance avait fonctionné, Sébastien

ouvrit un tiroir et il prit un tas de feuilles

volantes. Face à elles, les gouttes d'eau

témoignaient de sa peine.


En quelques mots, j'apprenais que

Sébastien était loin de sa région et qu'il

cherchait à reconstruire un

environnement professionnel. Il avait

abandonné les miens contre une nouvelle

caisse à outils. Lucide après ma longue

méditation, je devais me servir de sa

solitude pour en faire une force.

Le téléphone sonna, Sébastien tremblait,

loin des siens, il apprenait que son père

était frappé par la maladie du crabe qui

l'avait déjà bien contaminé.

Il fallait se ressaisir, je devais teinter les

pages blanches pour l'aider à rééquilibrer

sa tristesse. J'ai réalisé en quelques mots

un effet de reflet, c'était écrit sous ses

yeux.

« L'essence de la solitude », « Apesanteur

des sens cachés ».


Juste après quelques aphorismes

échangés, son esprit soudainement

reposé, je ne pouvais plus échapper à

cette confrontation, le

numérique était encore plus présent

que les derniers temps que nous avions

passés. C'était une réalité, sa créativité, sa

quête de liberté, sa vocation ne dépendait

plus de mon soutien. Posé à plat sur un

coffre en bois qui servait de table,

j'apercevais ses mains pianotant le

clavier. C'était une part de monde

moderne, et je ne pouvais pas me

permettre de lui offrir sa vocation sans le

laisser découvrir le chemin pour y

parvenir. Je reconnaissais que cette

manière d'écrire avait elle aussi son

efficacité...


Sébastien avait lâché la récitation en

provenance de son cœur et il avait réalisé

sa suite. Après avoir mis un point final à


sa dernière communication avec lui-

même, il avait tapé.


« Le temps d'aimer ».


je devais reconnaître que cette manière

d'écrire avait fonctionné . Dès le

lendemain matin

Sébastien avait fait de nouveau ses

valises, j'avais la chance d'être toujours

d'une grande importance, dans cette

poche à hauteur de cœur nous avions

pris la route du retour vers les siens. Huit

heures de route sans aucun arrêt et à

destination, les retrouvailles dans les bras

de l'être aimé, entre ces deux poitrines, la


grandeur de cette union était une réalité

et elle avait donné naissance à une petite

fille.

De retour chez lui dans les montagnes,

son esprit soutenu par l'amour était plus

fort.

Il partageait les trois-quarts de son temps

avec son enfant et ma notoriété à ses

côtés comme une normalité, elle, baissait.

Je me souviens de ce jour, il n'y a pas bien

longtemps, sa compagne avait déposé

à l'entrée de la maison, dans la cuisine un

cadeau.

Un corps, une enveloppe, un véhicule

identique au mien, cette matière qui

permettait à mon âme, d'être présent

parmi le monde des Terriens.

Cet outil avait de l'avance sur le mien, il

était moderne et était adaptable à l'ère du


numérique. Une mine d'or capable de

déverser une encre limpide sur des

feuilles de papier et de retransmettre

instantanément sur ces écrans

numériques de dernière génération.

C'était un stylo avec l'avantage de la

fluidité et la facilité du partage.

C'était fait, ma décision, mon choix était

clair, je devais avec mon âme pénétrer

cette chose, ce cadeau et je devais

accepter l'abandon de ce corps qui

m'avait était fidèle pendant des années.

Ce stylo dans la poche de Sébastien était

mort, il n'avait plus d'esprit. J'étais parti

fusionner mon âme avec cette mine d'or.

Sébastien arriva à la maison, il prit sa

boite à souvenir, j'étais dans mon

nouveau corps

je l'observais, il déposa avec gratitude ma


dépouille à l'intérieur.

Sur l'étagère j'attendais patiemment que

Sébastien vienne décharger cette nouvelle

encre, celle de ma mine d'or. Je détenais

en elle une vérité, j'étais en mesure de

dévoiler une trace indélébile, je pouvais

laisser à tout jamais une part de mon

histoire , dans une écriture légère, lucide

et juste.

Cette mine d'or me permettait d'écrire

sans être dans le besoin, bien au delà de

l'envie , limitant la passion, j'étais apte à

écrire une symphonie amoureuse.

La première prise en main, de mon

armure entre la peau douce et fine, du

pouce et de l'index de Sébastien, ce fut

une révélation, imperceptible,

inimaginable, accompagnée de cette

mine d'une valeur inestimable, notre


union pouvait percer le secret de chacun

des tiens.

Nous avions en nous , notre formule,

notre style et surtout le même intérêt. En

ma possession, Sébastien avait au fond de

lui cet artisanat et moi j'avais la créativité

et l'art.

Je ne voyageais plus dans une poche ou

un sac, j'avais était placé dans un étui

conçu et moulé spécialement pour moi.

J'étais posé sur un bureau face à un livre

vierge à l’affût de récupérer les premiers

jets à vif de mon histoire. Sébastien, papa

et une maturité, à point en bon artisan, il

devait réaliser un plan et entreprendre

un nouveau chantier. En maître de

travaux , je devais colorier et décorer de

ma mine d'or cette nouvelle construction.

Je devais aiguiser ce récit, cette intrigue


en une lecture en un passe-temps pour

tes communs, pour le peuple, la manière

de lire des tiens étaient en train de

changer. Ils n'avaient plus de temps pour

eux, dans une gare ou un aéroport, je

devais captiver les lecteurs avec une

calligraphie ineffaçable, je ne devais pas

surcharger de meubles le décor. Détailler

le détail n'était pas fait pour l'union de

Sébastien et moi.

Pendant des années nous avions échangé

une continuité d'aphorismes pour faire

grandir et évoluer notre conscience.

Ensemble, nous partagions une

méditation commune.

Assis devant le bureau, dans ses mains, je

l'entends encore dire

« et si j'écris l'histoire d'un stylo »

il n'avait aucun soupçon et ne réalisait


pas que j'étais , tout son savoir.

Comment pouvait-il écrire mon histoire ?

Il n'avait aucune idée de ce que je suis, en

revanche, je savais tout de lui.

Nous sommes maintenant, dans une

étape fatidique de cette histoire, les

premières lignes écrites de ma mine d'or

sont celles du début de ce livre. Grâce à

cette union , Sébastien, dès la troisième

page, se liait avec ses débuts, sa

naissance, le déroulement la suite vous

l'avez normalement déjà lu, si vous êtes

encore là.

Quel que soit le semblable de Sébastien,

la règle est commune, un jour peut-être,

tu auras ce besoin, cette envie, d'écrire, de

peindre, de sculpter ton histoire. Sers-toi

d'une chose, d'un objet, d'un caillou,

donne-lui, offre lui une âme et raconte


ton histoire. Tu verras ton reflet remonter

à la surface et la ligne de ta vérité, de ta

réalité apparaîtra. Tu ne seras plus seul,

mais lié et tu ne feras qu'un.

Arrivée ici, pour appuyer sur le mauvais

bouton, d'un clic, cette histoire tapée sur

l'ordinateur de Sébastien fut effacée en

totalité, heureusement ma mine d'or avait

laissé son indélébilité sur des pages

blanches. Sébastien à pris une grande

inspiration, notre conscience commune

nous le répétait sans cesse.

« Vas au bout, ne lâche rien, soit vaillant,

bas toi, soit heureux, soit distant, et lies

toi aux éléments. »

Même si au fil du temps, le visage se

ride, le reste se réduit, il est toujours

temps de se sentir vivre, Sébastien chargé

d'émotions a soudainement besoin de


l'écrire, c'est un acte présent perdu dans

ce récit qui est en cours d'écriture. Une

parenthèse, il est agréable de la faire

aussi.

je ne dois pas être partout pour finir nul

part, il est important d'arriver a faire

cette boucle avec ma mine d'or. Creuser

l'entaille de chacun de tes communs, au

fond de toutes ces mines, j'ai la Certitude

que toutes contiennent de l'or.

C'est une utopie, tant pis mes

compagnons, votre encre a su construire

cet univers avec cette manière de

Communication, d'interprétation, jusqu'à

là, on le doit à mes ancêtres les plumes,

l'écriture a fait l' humanité de demain,

alors mes frères si on doit être des stylos

dans des pots sans aucun intérêt, offrez

votre dernier souffle


votre dernier jet d'encre à l'humain.

Si il préfère le clavier qu'il sache que le

monde de demain est quand même entre

ses mains. L'abréviation, le sms, l'émail

sont de plus en plus courts , de plus

en plus rapides, et aussi percutants si ils

doivent l'être... Le mot écrit, tapé ou gravé

a une histoire que le mot dit n'a pas. Ma

mine d'or déverse cette encre présente et

Sébastien s'imagine écrire et écrire encore,

d'un trait, il serait prêt à vider mes

réserves pour ne pas se défaire de ce

pèlerinage, de sa liberté, j'adore être entre

ses mains et je serais curieux d'être entre

les tiennes pour découvrir ta mine et pour

savoir où nous serions capables de

voyager.

Lecteur, j'insiste, je suis un stylo et j'ai une

âme, la tienne, ne cherche pas à


l'interpréter, quand elle est en moi, je te

possède et tu n'auras pas d'autre choix que

d'écrire et de lire une part de toi. Je

deviens un guide, je te laisse regarder ton

histoire et je ne peux pas te dire ce qu'il y

a à voir. Je peux t'offrir mon encre,

comme le reflet d'un miroir, mais ce que

tu verras n'est pas une apparence. Pour

vivre cette aventure n'aies pas de retenues

à ouvrir une parenthèse dans ton

quotidien et si tu arrives à la refermer, tu

seras peut-être pris par cette fougue de

vouloir en ouvrir d'autres.

Tu te sentiras vivre entre chaque

parenthèse

Ce monde à part offre chez les tiens des

œuvres et si l'un de tes prochains a besoin

d'elles, tu auras atteint l'accomplissement.

libre tu passeras le reste de ta vie à ouvrir


ces discours.

Un jour pour toi aussi la lumière va

s'éteindre et n'oublies pas avant de

refermer tous les épisodes.

Grâce à Ma Mine D'Or mes excursions

ne durent pas plus de quelques secondes

pour s'éterniser dans l'éternelle.


Mine D'or

Fin d'écriture MAI 2014


Livres du même auteur :

Des années figées dans l'instant

est un ouvrage qui rassemble c'est quatre petits recueils


*Brin de recueil,

*L éveil d'écrire,

*L'essence de la solitude,

*Le temps d'aimer

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