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Chapitre 4 – Le piège
Fiction
Erotica
calendar Published Apr 3, 2026
calendar Updated Apr 3, 2026
time 47 min

Chapitre 4 – Le piège

Sylvara avait vraiment le bras long. Dès le lendemain, Voryn fut remercié par son sinistre directeur qui lui souhaita bonne chance dans son nouveau “travail”.

Voryn n’avait jamais vu monsieur De Clairevoix rire ou sourire depuis qu’il avait commencé à travailler au Carrousel. Pourtant c’était une maison de plaisirs, il en était propriétaire, il pouvait faire ce que bon lui semblait. Voryn ne l’avait jamais vu regarder ou toucher les employés. Il semblait totalement dénué d’envies sexuelles. Un comble quand on faisait ce métier !

Aujourd’hui cependant, l’homme était tout à fait guilleret, son sourire s’ouvrait sur ses dents jaunâtres alors qu’il donnait à son employé ses derniers gages. Voryn se dit que Sylvara l’avait grassement payé pour laisser son meilleur employé partir. À cette pensée, il eut une boule au ventre.

Certes, il devenait quelqu’un de très proche de la femme qui lui plaisait, mais il était aussi complètement tributaire de son bon vouloir et commençait sa nouvelle affectation avec une sorte de dette envers elle.

Il dit au revoir aux employés, donna ses dernières instructions à Ariath qui allait devoir prendre la suite sans son aide et quitta la grande bâtisse. Que sa vie avait changé depuis quelques années ! Lui qui aurait dû reprendre l’affaire familiale était maintenant l’homme de joie d’une riche et influente femme de Fierval. Quelque part il se sentait soulagé.

Il n’avait jamais vraiment réfléchi à sa condition d’avant, son avenir était tout tracé et il se devait de reprendre le commerce de ses parents. Pourtant, et avec le recul, il avait compris qu’il ne désirait pas de cette orientation, que cette apparente simplicité dans ses choix de vie ne lui convenait pas. Le destin avait mis un grand coup de pied dans ses projets et c’était tant mieux.

Perdu dans ses pensées, il avait marché sans but particulier et était arrivé sur la place du pertuis, célèbre pour ses pâtisseries. Il se rendit compte qu’il avait un peu faim et décida de s’acheter une petite brioche. Alors qu’il attendait dans la file pour être servi, quelqu’un lui tapota l’épaule. Il se retourna et se retrouva face à face avec Lilith, sa petite amie.

— Je m’attendais à te voir hier soir chez moi, Voryn ! Tu m’avais dit que tu passerais !

Elle avait dit cela en faisant une petite moue faussement réprobatrice, comme elle en avait l’habitude. Lilith était une fille un peu plus jeune que Voryn. Il l’avait rencontrée il y a quelques mois à peine, un peu au hasard en traînant sur les quais. Elle avait perdu son chat et Voryn s’était pris au jeu de l’aider à le retrouver. Au final, il avait bien retrouvé l’animal et de fil en aiguille, ils commencèrent à sortir ensemble.

Lilith était une jeune femme qui donnait l’impression qu’elle n’avait pas encore fini de grandir. Bien qu’elle eût l’âge d’être une jeune adulte, elle ressemblait encore à une adolescente. Ses formes n’étaient pas développées, elle avait des taches de rousseur sur le visage. Elle n’était pas vraiment belle mais compensait largement par sa bonne humeur et son humour.

Voryn ne prenait pas tellement cette relation au sérieux. Il ne voulait pas voir que, en revanche, les sentiments de Lilith à son égard avaient évolué et que désormais elle était très amoureuse de lui. Le problème était que lui ne ressentait pas cet élan. Il avait de l’attachement pour elle, c’était une gentille fille, intéressante à bien des niveaux mais son esprit et son cœur avaient été capturés par la complexe et insaisissable Sylvara. Voryn avait été éduqué avec beaucoup de tendresse par des parents aimants. C’était peut-être cela qui avait fait de lui un homme avec un tempérament empathique. Cette qualité devenait un défaut car Voryn ne pouvait se résoudre à quitter Lilith de crainte de la faire souffrir.

Ce qu’il ne comprenait pas encore, c’est que plus il attendait, et plus l’attachement de celle qui se considérait dorénavant comme sa compagne devenait fort. Voryn put répondre cependant avec assez de détachement :

— Oui, désolé, j’ai été retenu au travail hier soir. Des clients sont restés si longtemps que finalement j’ai dû dormir sur place.

— Pas grave, j’avais pourtant tellement envie que tu viennes me réchauffer dans ma chambre…

— Je suis désolé Lilith, une prochaine fois ?

— J’allais rentrer chez moi, tu veux manger à la maison, s’il te plaît ?

Lilith faisait ses petits yeux implorants comme elle en avait le secret. Cela amusa Voryn qui céda. Lilith le regarda avec des yeux très gourmands et se pinça la lèvre inférieure.

Il acheta finalement deux brioches et suivit Lilith qui le prit par la main et le traîna derrière elle. C’était une fille énergique, toujours par monts et par vaux. Cela n’était pas si étonnant qu’elle soit fine comme un jonc. Elle n’arrêtait jamais de bouger, de courir, de grimper partout. Si elle était un animal ce serait peut-être une petite chatte, toujours prête à jouer. D’ailleurs, elle utilisait cette énergie pour son métier, qui consistait à délivrer de façon rapide et efficace des courses, courriers, et messages dans la ville. Elle connaissait Fierval comme sa poche.


***


La jeune fille habitait non loin de la place, dans les combles d’un hôtel particulier. C’était une chambrette très modeste mais qu’elle avait meublée avec goût. On se serait cru dans un petit terrier de belette bien douillet. Le petit espace était rempli de couvertures, de coussins et autres tissus qu’elle avait récupérés ça et là. Toute la chambre appelait à se vautrer par terre.

Une petite fenêtre de toit permettait à Arête, le chat de Lilith, d’entrer et de sortir à sa guise lorsque l’envie lui prenait. Lilith soignait sa personne, sans excès mais sa chambre reflétait bien sa personnalité profonde. Le sol était considéré comme un espace de rangement à part entière et on pouvait trouver un peu de tout. Des vêtements, des jeux de société, quelques livres, etc.

Voryn s’était bien rendu compte que la demande de Lilith n’était pas seulement pour qu’il la prenne dans ses bras. Aussi, dès que celle-ci eut fermé la porte de sa chambre, elle fonça sur le jeune homme pour l’embrasser avec fougue. Elle plaqua fermement sa bouche contre celle de Voryn et lui glissa sa langue dans un baiser vorace. Voryn se laissa faire bien qu’il ne soit pas particulièrement dans le même état d’esprit que sa compagne.

Il l’entendait déjà gémir, simplement par ce baiser gourmand. Il était plus grand que la jeune fille de presque une tête et il devait se pencher pour la laisser l’embrasser sans qu’elle ne se mette sur la pointe des pieds. Il était plaqué contre un mur et Lilith commença à frotter son entrejambe contre sa cuisse. Lui pensait à ses brioches. Il aurait bien aimé en partager une avec elle avant tout cela… Lilith était autrement affamée et se mit à genoux. Elle sortit rapidement la queue de Voryn qui était encore un peu molle et l’enfourna dans sa bouche. Elle poussa un soupir de soulagement comme si elle avait imaginé cette scène depuis des jours. Stimulé de la sorte, Voryn se mit à bander fort et Lilith commença à le branler tout en aspirant son gland avec sa bouche. L’afflux de sang provoqué par cette succion le fit bander encore plus fort et sa queue devint dure comme du bois. Voryn en avait presque mal tellement il était gonflé dans la bouche de Lilith.

Elle avait dégrafé son pantalon et avait enfoui une main dans sa culotte pour se toucher, tout en suçant goulûment son homme. Aucun doute qu’il était à elle, elle le possédait entièrement. Voryn, pour sa part, avait du mal à éprouver un grand plaisir, malgré le travail de qualité que fournissait Lilith. Il se mit alors à penser à la veille, à la façon dont la bouche délicate de Sylvara prenait sa queue. Il commença à ressentir un vif plaisir en transposant l’action de Lilith avec ses souvenirs et se mit à gémir doucement. Son amie prit cela pour elle et le suça plus fort et plus profondément. Elle commençait à baver et agitait frénétiquement sa main dans son pantalon.

Un bruit fit sortir Voryn de ses pensées, ce n’était que Arête qui venait de rentrer par la fenêtre, un oiseau dans la gueule. Lilith n’avait même pas fait attention à cette arrivée intempestive, totalement habituée. Voryn avait du mal à se concentrer et à imaginer de nouveau Sylvara à la place de sa petite amie. Il décida d’accélérer le mouvement.

Il attrapa la jeune femme par les cheveux et sortit sa queue de sa bouche. Elle essaya de protester mais il la retourna et baissa son pantalon. La surprise se peignit sur son visage, et elle se radoucit. Pour une fois que son amant prenait les devants.

Elle ne pouvait pas dire que Voryn était prude, ce n’était pas le bon adjectif, mais le plus souvent il était assez délicat et attentionné envers sa personne lors de leurs relations sexuelles. Cela convenait à Lilith la plupart du temps, elle était finalement assez romantique dans l’idée, mais elle aurait aimé qu’il la prenne un peu plus sauvagement de temps en temps. Souvent, elle avait l’impression de faire la plus grande partie du travail, alors que lui marchait sur des œufs, se retenait. Bien sûr elle prenait son plaisir, elle avait même pris un peu l’habitude d’utiliser Voryn en fonction de ses envies, cependant il lui manquait un petit quelque chose. Même si elle n’avait pas eu des dizaines d’amants, elle en avait quand même eu quelques-uns qui avaient été source de proposition et s’étaient franchement bien occupés d’elle.

Elle mouilla abondamment quand elle comprit qu’aujourd’hui elle allait subir les assauts passionnés de celui qu’elle aimait.

Voryn termina d’arracher son pantalon et la mit à quatre pattes directement sur le sol de sa chambre. Le plancher était en bois grossier et n’avait pas été entretenu depuis un moment. Lilith sentit les anfractuosités du bois contre ses genoux et avait un peu mal. Le jeune homme s’approcha de son cul et lui enfonça sans autre forme de procès sa queue tout au fond de son sexe.

Elle hurla de plaisir et de surprise. Jamais il ne l’avait prise ainsi. Il serrait ses mains sur ses fesses et lui faisait même un peu mal, écrasant la peau contre les os de ses hanches. La jeune femme était très mince, presque maigre et ses fesses n’étaient pas très charnues, tout comme sa poitrine qui était peu fournie. Elle n’aimait pas cette partie de son corps, ne la sentait pas féminine. Jamais Voryn ne s’attardait dessus, en même temps il n’y avait pas grand-chose à faire avec.

Son amant semblait possédé. Il la pénétrait avec une vigueur qu’elle n’avait jamais imaginée et allait taper contre le col de son utérus à chaque coup. Cela lui déclenchait des décharges électriques dans le ventre et elle criait son plaisir, mêlé d’un peu de douleur pour ses genoux. Voryn ne semblait pas remarquer que ses genoux frottaient sur le sol rugueux et continuait sa besogne, imperturbable. Il avait les yeux fermés pour ne pas voir le dos trop fin de sa compagne qui laissait deviner toutes les vertèbres de sa colonne vertébrale. Il imaginait à la place la belle Sylvara, lorsqu’il était en train de la baiser hier soir.

Il avait néanmoins du mal à se concentrer, le chat était en train de décortiquer son oiseau dans un coin de la chambre et faisait craquer les petits os du volatile. Il voulait jouir rapidement et se mit à défoncer rudement Lilith. Elle avait joui pratiquement dès le début quand il lui avait enfoncé sa queue au plus profond d’elle-même.

Maintenant, elle subissait ses mouvements. Ses genoux criaient leur douleur, ses hanches étaient douloureuses et lui continuait de la pilonner. Elle avait été agréablement surprise de sa prise d’initiative mais maintenant elle regrettait. Une vision lui vint à l’esprit. Elle se sentait telle une poupée de chiffon, un jouet qu’un ogre serait en train de mettre en pièce de manière brutale. Elle ne voulait cependant pas casser cette nouvelle dynamique et endurait. Elle ne gémissait plus mais haletait.

Voryn réussit à penser au moment où il éjaculait dans le cul de celle qu’il aimait vraiment et cela déclencha sa jouissance dans le sexe échauffé de sa compagne. Il poussa un râle, non pas satisfait, mais plus comme une délivrance et s’affala sur Lilith.

La jeune femme, pour sa part, le laissa tomber sur elle, étendit ses jambes douloureuses et essaya d’analyser ce qu’il venait de se passer. Elle ne reconnaissait plus son amant. Lui d’ordinaire si tendre et délicat, attentionné à son bien-être, l’avait utilisée comme un vulgaire objet. Pire, il lui avait fait mal, peut-être sans s’en rendre compte, mais il avait été particulièrement indélicat. Elle avait envie de pleurer mais se retint.

Voryn, de son côté, ne comprenait pas ce qui s’était passé non plus. Il ne désirait pas Lilith, il ne la désirait plus, mais était-ce une raison pour se comporter de cette façon ?

L’atmosphère était bien lourde dans la chambre et il décida de partir d’ici au plus vite. Il embrassa Lilith dans les cheveux, d’un baiser sans saveur, purement conventionnel et se releva. Il lui fournit une excuse qu’il trouva sur le moment suffisante et lui dit qu’il avait du travail, qu’il devait y aller.

La jeune femme, ne sachant comment réagir, encore sous le choc, lui dit un simple “d’accord”, d’une petite voix sans timbre. Voryn se rhabilla, en silence, et sortit de la chambre sans un mot. Lilith se mit en position fœtale et se mit à sangloter. Arête remarqua que sa maîtresse n’allait pas bien et vint ronronner contre elle.


***


Voryn s’en voulait. Il ne savait pas quoi dire, ni quoi faire. Il avait préféré fuir. Était-ce un viol ? Cela faisait-il de lui une mauvaise personne ? Il voulait s’excuser mais ne savait pas par quel bout commencer. Il faudrait qu’il revienne la voir ce soir ou demain pour affronter son regard et ses propres peurs. Il craignait de voir dans le miroir des yeux de Lilith son propre reflet déformé tel un monstre capable des pires atrocités. Il essaya de mettre tout cela de côté et se décida à aller directement chez sa nouvelle employeuse.

Il n’avait rendez-vous qu’en milieu d’après-midi mais arriver en avance ne serait pas perçu comme un manque d’éducation, pas avec Sylvara en tout cas. Enfin c’était ce qu’il croyait car il ne connaissait pas encore très bien la jeune femme. Il remonta la rue des artisans joailliers qui travaillaient beaucoup de produits de la mer tels que des perles, des coquillages, parfois même des algues séchées. Il voulait acheter à sa mère un petit cadeau avec ses gages reçus ce matin mais n’avait pas le cœur à faire les boutiques.

Il continua donc sa route en passant par la rue des forges et ce faisant, entama une montée pour arriver sur les hauts de la ville, dans le quartier des manoirs et autres belles demeures. Sans surprise, Sylvara habitait dans l’une des plus belles de Fierval. Enfin elle vivait encore chez son père, Eryndor Klam. La plupart des marchands se méfiaient de lui. Peut-être des histoires de jalousie. Le manoir était tout à fait démesuré. Il était idéalement situé sur les hauts de la ville et l’on voyait le port en contrebas. Plus loin se détachaient l’estuaire et l’océan infini.

Voryn plissa les yeux et vit au loin, presque à l’horizon, l’île de Vedrath. Elle n’était pas visible tout le temps, il fallait que le temps soit bien dégagé. C’était là-bas que les pêcheurs faisaient les meilleures prises sur les homards, qui semblaient trouver l’eau à la bonne température. Le jeune homme entra par le portail qui était ouvert et traversa un petit jardin finement entretenu avec une pelouse tondue bien rase. Il arriva devant la porte et sonna. La cloche émit un bruit assourdissant, tout le monde devait savoir qu’un invité se présentait. Après quelques instants, un domestique ouvrit et Voryn s’annonça.

— Bonjour, je suis Voryn, le nouvel assistant de maîtresse Sylvara. Je suis un peu en avance mais pouvez-vous m’annoncer ?

— Nouvel assistant ? Hum, je vois, répondit le domestique d’une voix blasée tout en le détaillant de la tête aux pieds. Veuillez me suivre dans le petit salon, je vais prévenir madame de votre arrivée.

Voryn suivit l’homme qui lui parut tout de suite antipathique et arriva dans un petit salon meublé de quelques chaises blanches rembourrées, une table basse et quelques bibelots qui devaient probablement valoir très cher. Tout respirait l’argent ici, il était vraiment loin de son monde et se sentait un peu mal à l’aise. Sa tenue, d’ordinaire plutôt habillée compte tenu de ses fonctions au Carrousel, semblait miteuse et inadaptée dans ce lieu.

Une autre domestique se présenta. C’était une jolie fille, à peu près dans ses âges. Elle était vêtue d’une tenue de soubrette assez classique : tailleur noir, chaussures vernies à talons, chemise blanche et coiffe dans les cheveux. Elle avait de beaux cheveux auburn parfaitement entretenus. Ce que remarqua aussi Voryn, c’était la poitrine de la jeune femme. Celle-ci était étonnamment imposante par rapport à la corpulence de la jeune femme qui était assez mince.

Le jeune homme fixa son regard dessus et se demanda si ces seins se tenaient bien une fois cette chemise retirée. La domestique rougit. Il détourna les yeux, quelque peu honteux de son comportement. Celle-ci, qui devait être habituée à ce qu’on regarde plus sa poitrine que son visage, proposa :

— Voulez-vous un rafraîchissement en attendant ?

— Ce serait avec plaisir, merci beaucoup.

Elle disparut et revint quelques minutes après avec une citronnade bien fraîche. Le manoir devait avoir un sous-sol profond pour stocker de l’eau à cette température.


***


Voryn repensait encore à ce qui s’était passé avec Lilith. Mais quel con ! Pourquoi ne pas lui avoir dit ses sentiments à son égard ? Certes elle aurait été triste, mais n’aurait-ce pas été mieux que de la brutaliser de la sorte ? Il était agité de tremblements convulsifs qu’il avait du mal à canaliser.

Quelques minutes plus tard, Sylvara fit son entrée dans le petit salon. On était en tout début d’après-midi mais la jeune femme était simplement vêtue d’un kimono en soie vert bouteille avec des ourlets noirs. Le vêtement était assez court et tombait juste en dessous de ses fesses. Il était noué un peu lâche et on apercevait dans son décolleté la naissance de sa poitrine. Cette apparition fit oublier à Voryn son mal-être, ou du moins le mit en sourdine pour un temps. Malgré son éjaculation de tout à l’heure, il commença de nouveau à sentir que son sexe gonflait dans son pantalon. Sylvara était coiffée à la hâte, un peu à la façon de quelqu’un qui viendrait de se lever et aurait juste noué ses cheveux en se regardant rapidement dans un miroir. Voryn nota qu’elle n’avait pas encore mis son collier, sa gorge était nue.

— Voryn, mon ami ! Comment vas-tu depuis hier soir ? Bien dormi ? Est-ce que monsieur De Clairevoix t’a donné ton congé ?

Le jeune homme remarqua que la situation avait changé. Elle le tutoyait désormais. Il ne savait pas tellement s’il devait en faire de même. Il préféra se montrer prudent, quitte à paraître un peu guindé.

— Oui merci maîtresse, il était absolument ravi de me voir prendre un nouveau départ et il vous passe le bonjour.

— C’est parfait, tu peux donc prendre immédiatement tes fonctions ici. Tu seras logé juste à côté de ma chambre.

Disant cela, elle s’avança vers Voryn et mit sa bouche près de son oreille.

— N’oublie pas que désormais tu es ma petite pute. Tu seras bien payé, mais n’oublie pas ce que tu es, dit-elle en chuchotant.

Ils étaient seuls dans le petit salon. Voryn sentait l’haleine épicée de Sylvara. De la cannelle et un soupçon de clou de girofle ? Ces épices venaient de très loin et coûtaient vraiment cher sur le marché. Peu de gens du commun avaient jamais senti ces odeurs, alors de là à les goûter…

— Mon père est dans son bureau, tu vas venir avec moi que je fasse les présentations.

Elle fit demi-tour et sortit de la pièce, Voryn se mit à la suivre.

— La maison est grande mais tu t’y habitueras. Mon père vit principalement dans l’aile ouest, qui donne sur le port et le front de l’océan. Pour ma part j’ai le reste du manoir et je m’occupe des domestiques, de les recruter, de leur fournir leurs tâches. Depuis que Maman nous a quittés, c’est à moi que revient cette tâche, mon père n’étant pas très porté sur ces choses.

Elle termina sa phrase et garda un peu le silence. Le jeune homme remarqua qu’elle déglutit avec peine, comme en proie à quelques sentiments. Depuis quand la mère de Sylvara l’avait quittée ? Pour quelle raison ? La maîtresse des lieux ne parlait que rarement de sa famille et le moment n’était pas venu pour être indiscret. Voryn préféra dire une banalité histoire de sembler concerné par la discussion.

— Elle semble vous avoir bien élevée maîtresse. C’est beaucoup de travail que de gérer une maison seule.

Cette remarque était un peu gauche mais bon, il aurait l’occasion de se rattraper plus tard.

— En effet, je suis fille unique tu sais. Ma mère a passé énormément de temps avec moi. Nous n’avons pas toujours été aisés comme maintenant et quand j’étais petite nous n’avions pas de domestiques et gens de maison. Elle m’a transmis beaucoup.


***


Pendant qu’ils parlaient, ils avaient gravi deux escaliers en colimaçon de grande taille, les marches étaient taillées dans un marbre dont Voryn ne pouvait qu’apprécier la qualité. Ils arrivèrent sur un palier et toquèrent à une porte marquée aux armes de la famille, une seiche emprisonnant un navire dans ses tentacules. Quelqu’un lança un “Entrez !”, d’une voix autoritaire et grave. Sylvara ouvrit la porte et pénétra dans le bureau. Voryn fut impressionné par ce qu’il voyait.

Ce bureau faisait aussi office de bibliothèque et de salle des cartes. Il y avait de nombreux volumes reliés sur les étagères. Le jeune homme adorait lire et espérait un jour pouvoir au moins feuilleter quelques ouvrages s’il était autorisé à le faire. Les cartes étaient disposées soit dans des cadres aux murs, soit sur une grande table pour travailler dessus, prendre des mesures ou poser des annotations. Un grand bureau en acajou était installé devant une vaste baie vitrée avec des petits carreaux de verre maintenus par des traverses métalliques. Assis, le père de Sylvara, Eryndor Klam, était en train d’écrire.

Il devait avoir à peine cinquante ans. Ses cheveux bruns coupés courts affichaient quelques mèches grises, surtout au niveau des tempes. Il avait un air encore très athlétique et solide. Il porta son regard perçant sur Voryn. Ses yeux étaient d’un bleu très clair, presque comme du lapis-lazuli qui n’aurait pas été taillé et laissé brut. Son visage était dur et franc. Le nouvel assistant se sentit percé de part en part par le regard de cet homme, qui semblait l’avoir analysé en une fraction de seconde. Il fit un signe de tête respectueux quand Sylvara prit la parole :

— Papa, je te présente Voryn. Il s’agit de mon nouvel assistant et va emménager avec nous, que je puisse bénéficier de ses services à toute heure du jour et de la nuit.

— Bonjour Voryn et bienvenue ici ! lança Eryndor d’un ton jovial qui contrastait énormément avec son apparence première.

Son regard s’était radouci et Voryn se demanda comment il avait pu se sentir si désemparé par cet homme il y a quelques secondes. Eryndor posa dans l’encrier la plume avec laquelle il était en train d’écrire et se leva. Le jeune homme avança et serra la main que lui tendait le père de Sylvara. Il avait les mains calleuses et sa poignée de main était ferme, très volontaire. Voryn l’avait serrée aussi avec conviction et cela amusa Eryndor.

— Belle poignée de main jeune homme ! Vous savez, on en apprend énormément sur les personnes dès la première poignée de main. Une poigne molle indique souvent un caractère fuyant, effacé. Une poigne trop forte au contraire peut indiquer un mauvais contrôle de soi, ou alors juste l’envie d’impressionner, de soumettre l’autre. Si la main est moite, c’est peut-être que la personne est stressée ou qu’elle est fausse, ou qu’elle a chaud ! Ah ah ! De ma longue expérience, je me suis rarement trompé sur une poignée de main et cela me guide dans mes choix stratégiques, sur qui est fiable et qui l’est moins.

— Je pense que vous avez raison monsieur, articula Voryn avec un sourire.

— Bien sûr, ce n’est pas fiable à tous les coups mais ça donne une bonne idée de quel type de personne on a devant soi.

Voryn était plutôt d’accord avec ce que venait de dire cet homme et commençait à se sentir à l’aise, plus maître de la situation. Le doute initial s’était dissipé. Eryndor prit Voryn par l’épaule et l’emmena face à la baie vitrée.

— Voyez-vous jeune homme, de mon bureau, je peux voir le port et l’activité qui s’y déroule. Quand j’ai besoin d’en savoir plus, je regarde dans cette longue vue que j’ai faite fabriquer spécialement pour cette occasion.

Il venait de désigner de la main une longue vue de grande qualité, en laiton poli, fixée sur un pied devant la baie vitrée. Sur l’invitation d’Eryndor, Voryn regarda dedans et vit le port en contrebas, quelques navires amarrés et toute la petite vie qui s’y déroulait : des débardeurs qui chargeaient ou déchargeaient des bateaux, forts tels des colosses, des artisans qui étaient en train de calfater ou de nettoyer les coques, retirant les algues et les berniques. Il vit aussi une énorme ancre posée sur le quai, qui attendait certainement d’être installée sur un bateau ayant perdu l’ancienne lors d’une sortie en mer.

Eryndor reprit :

— En ce moment il n’y a que le Poing de l’Océan, le Titan Écarlate, et la Lame Spectrale qui sont au port. Les autres de mes navires, tels que le Souffle de l’Abîme, le Trident des Titans, le Jugement des Flots, l’Ombre des Profondeurs sont encore en mer.

— Pour un commerçant, vos vaisseaux ont des noms menaçants, fit remarquer Voryn.

— Jeune homme, les mers sont dangereuses, et pas uniquement à cause du mauvais temps. Si mon entreprise fonctionne aussi bien c’est que tous mes vaisseaux sont équipés pour le combat. Je n’ai à craindre aucun abordage ou pirates avec eux. Leurs noms sont en adéquation avec leurs capacités. Certes je dois les charger un peu moins en tonneaux mais qu’est-ce que cela face à l’éventuelle perte d’un navire ?

— Effectivement, peu de marchands procèdent de cette manière, concéda Voryn.

— C’est que l’investissement initial est élevé. Il faut concevoir des bateaux uniques, capables de transporter du fret tout en ayant des canons prêts à servir. Mes ingénieurs font des miracles. Nous sommes les seuls à fabriquer des navires de cette façon et c’est un secret jalousement gardé ! D’ailleurs chérie, la Seiche dorée devrait revenir au port probablement demain, ajouta Eryndor avec un sourire vers sa fille.

— Très bonne nouvelle Papa ! Ce navire commençait à me manquer ! répondit Sylvara avec des étoiles dans les yeux. D’ailleurs, as-tu des nouvelles du Jugement des Flots ? Cela fait longtemps qu’il n’est pas revenu au port.

Eryndor marqua un petit temps d’arrêt, imperceptible, avant de répondre :

— Je lui ai envoyé un message à son dernier port d’attache, qu’il entame une nouvelle mission. Qu’allez-vous faire aujourd’hui ? demanda Eryndor pour passer rapidement à autre chose.

— Il faut que nous allions sur le port, j’ai quelques affaires à régler là-bas, répondit Sylvara.

— Bien, très bien, dans ce cas ma chérie, pourras-tu porter cette missive au capitaine Thalion, de L’Incroyable ? Tu sais probablement qu’il est actuellement à Fierval, dit-il d’un ton contrôlé.

Sylvara se figea, son expression se fit indéchiffrable pendant quelques secondes, comme si elle était en proie à des souvenirs mitigés. Elle se ressaisit et parvint à articuler, sans timbre.

— Pas du tout Papa, ce sera même avec plaisir.

— Je me doutais de ta réponse. Je pourrai envoyer un domestique le faire mais s’il te voit toi, il accordera plus de valeur à cette lettre. Laisse-moi juste la finir, je te l’apporterai tout à l’heure. Et Voryn, j’ai été ravi de faire votre rencontre. Bienvenue chez nous.

— Le plaisir est pour moi monsieur.

Sylvara et Voryn prirent congé. La jeune femme s’approcha de son père et lui déposa un baiser sur le front avant de sortir, ainsi qu’une enfant l’aurait fait, sa bonne humeur semblant être revenue. La mère de Sylvara devait les avoir quittés il y a longtemps, comme si la jeune femme était restée un peu enfant en la présence de son père. Ils allèrent ensuite dans la chambre de Sylvara, à l’opposé de la maison. Sylvara discutait avec entrain pendant le trajet.

— Depuis que Maman est morte, mon père n’a jamais réussi à réellement s’en remettre. C’est un peu moi qui ai dû prendre les choses en main au début. Il n’a jamais retrouvé l’amour et même les plaisirs de la chair semblent avoir un goût de cendre dans sa bouche. Il vit le plus souvent seul dans son bureau et ne s’anime que lorsqu’il prend la mer.

Elle ne cherchait pas de réponse à ce qu’elle racontait. Elle voulait juste être écoutée. Voryn se tint coi et la laissa parler. Ils arrivèrent enfin devant sa chambre. Elle l’ouvrit et retira son kimono qu’elle jeta pêle-mêle sur le lit, sans se soucier de la présence de Voryn. Celui-ci eut l’air faussement gêné car il la dévorait des yeux quand elle ne le regardait pas. Sylvara se retourna et il baissa les yeux.

— Allons, pas de ça entre nous, surtout après ce qu’il s’est passé hier soir ! dit-elle, rieuse.

Elle déambula entièrement nue dans sa chambre. Voryn, ne sachant que faire, la regardait, se remplissait l’esprit de cette femme magnifique. Elle s’assit en face de sa coiffeuse, sortit une brosse et fit un signe, sans un mot, pour demander à Voryn de s’occuper de sa chevelure. Il se mit derrière elle et commença à démêler les mèches rebelles de la nuit.

Il la voyait clairement par le biais du miroir en face d’eux, pouvait voir son décolleté, ses seins qui étaient fiers et invitaient aux baisers. Pendant qu’il la coiffait, elle mit son collier seiche autour de son cou, ce qui rehaussa encore son allure. Elle semblait prendre beaucoup de plaisir avec ce que lui faisait Voryn. Ses yeux étaient la plupart du temps fermés et elle soupirait légèrement, dans une plénitude de sensations légères. De temps à autre, elle ouvrait les yeux et fixait Voryn dans le miroir avant de les refermer pour incliner un peu la tête. Au bout de quelques minutes, Voryn lâcha la brosse et voulut passer une main sur les seins de la jeune femme. Elle l’arrêta d’un geste vif.

— On n’a pas le temps ! Et c’est moi qui décide de toute manière. Habillons-nous, on nous attend au port.

Elle se leva et Voryn remarqua que l’assise en cuir de la chaise où était installée à l’instant Sylvara était humide. Dommage de s’arrêter maintenant se dit-il. Sylvara lui montra une petite porte dérobée dans sa chambre qui menait à la chambrette de Voryn. C’était petit, mais fort bien aménagé et confortable. Le lit, une place, était agréable et il remarqua qu’il avait déjà des vêtements posés sur le lit.

— J’ai pris la liberté de te trouver des vêtements qui seront en accord avec moi. Tu me suivras partout, donc il faut que tu aies l’allure que j’ai choisie.

Cette femme aimait contrôler. Tout dans ses expressions, le choix de ses mots tournait autour du champ lexical du contrôle, de la maîtrise.

Voryn s’habilla, sous l’œil scrutateur de Sylvara qui était debout dans l’encadrement de la porte, toujours parfaitement nue. Elle avait posé sa main sur son sexe mais ne semblait pas se toucher. Elle eut un petit rire et se pinça la lèvre inférieure quand le jeune homme retira son pantalon, découvrant une belle érection. Il parvint cependant à garder de sa superbe et s’habilla avec les vêtements qui étaient sur le lit. Il ressemblait désormais à un corsaire, ou presque.

Il avait des bottes larges en cuir aux pieds, une chemise de lin fermée avec un lacet au col, une redingote en cuir de très bonne qualité et un tricorne de marin. L’ensemble était parfaitement à sa taille. Sa maîtresse avait l’œil… Sylvara alla s’habiller et se mit dans une tenue tout à fait similaire à celle de Voryn, même redingote, même tricorne. Son chemisier était en soie ou dans un tissu très fin et léger. Il était un peu transparent et si on faisait attention, on pouvait remarquer la forme et la couleur de ses aréoles au travers. Elle ouvrit un tiroir de son petit bureau, face à la fenêtre et remit une dague à Voryn.

— La vie de marchand est parfois dangereuse, dit-elle. Garde-la toujours sur toi, on ne sait jamais ce qui pourrait se passer.

Elle était très sérieuse en disant ces paroles et Voryn accepta le présent de façon solennelle. C’était une dague d’excellente facture, dans un acier damassé. Elle était simple, sans dorure ni pierreries, mais elle semblait efficace. Voryn préférait largement les choses simples aux objets d’apparats. Il fut touché par cette attention et la rangea avec son étui de cuir frappé dans une poche de sa veste, à l’abri des regards.

En arrivant dans le vestibule du manoir, une domestique remit à Sylvara la missive de son père, cachetée et marquée au sceau familial. Ils descendirent donc en ville et arrivèrent au port. Sylvara parlait peu, Voryn se contentait d’écouter ou de hocher la tête.


***


La vie du port battait son plein, comme tous les jours. Des bateaux de pêche déchargeaient leur cargaison, les poissonniers les achetaient à la criée, des gamins couraient le long du quai en hurlant, poursuivis par d’incroyables fantômes et autres monstres imaginaires, des chiens errants venaient renifler les caisses pour voir s’il n’y avait pas des restes pour eux. Cela sentait la marée, le poisson, les égouts de la ville qui se déversaient en partie ici. C’était répugnant pour qui n’y était pas habitué mais personne ne semblait se soucier de cela. Sylvara se tourna vers Voryn :

— Le capitaine Thalion attendra un peu, j’ai d’abord une affaire à régler.

Elle l’emmena un peu plus loin sur les quais, dans les endroits moins bien famés de la ville. Ils croisèrent une ou deux filles de joie, pour les marins les moins riches. La plupart des hommes sensés n’iraient pas se frotter à elles. Elles étaient habillées de vieux vêtements qu’elles avaient arrangés pour sembler aguicheuses. Leurs jambes nues et maigres étaient marquées de taches sombres, preuve de quelque maladie. Leur visage était grêlé de petite vérole et leurs dents pourries. Elles étaient pourtant jeunes mais ici, la pauvreté et la misère vous faisaient vieillir prématurément. Pour quelques pièces de cuivre il était possible de les baiser dans une ruelle mais la plupart des marins tenaient trop à leur queue pour cela. Au mieux certains ne leur payaient qu’un service de pipe, ce qui était déjà risqué.

Voryn essaya de ne pas les regarder et fit comme s’il n’avait rien vu de leurs expressions outrancières. La plus hardie des deux se léchait les lèvres ostensiblement mais le résultat était tout à fait grotesque. Ils arrivèrent près d’une ruelle et Sylvara s’arrêta.

— Je dois aller seule terminer de sceller un marché. Attends-moi ici, j’en ai pour quelques minutes.

Voryn, discipliné, hocha la tête et attendit patiemment. Il en profita pour laisser le soleil de l’après-midi tomber sur son visage, écouter le bruit du ressac, celui des mouettes. La journée était belle et sa vie avait complètement changé en vingt-quatre heures. Il se dit que la vie était pleine de surprises. Il repensa à Sylvara, sa beauté incandescente de tout à l’heure, cette audace impudique effarante et son côté voyeur. C’était vraiment une personne difficile à cerner et il se dit qu’il n’avait probablement pas encore tout vu.


***


Ses songes furent interrompus par un cri étouffé provenant de la ruelle. Prudemment, il jeta un regard par le coin du mur et vit Sylvara, entourée de trois hommes. Deux la tenaient par les bras, chacun d’un côté et un autre était en face d’elle. Ils avaient l’air de marins costauds. Sans faire de bruit, il s’approcha et se dissimula à quelques mètres de la scène, derrière un vieux tonneau abandonné. La discussion lui parvenait indistinctement parce que Sylvara murmurait. Il parvint cependant à entendre l’essentiel.

— On avait un marché ! siffla la jeune femme, rouge de colère.

— Ah ouais ? répondit l’homme du milieu. Tu crois que t’y es en position de demander des choses ?

— Quand mon père apprendra cela, il vous fera pendre ! lança Sylvara en crachant au visage de l’homme.

Celui-ci n’apprécia pas du tout et lui décocha un rude coup de poing dans le ventre. La jeune femme poussa un cri étouffé, s’affaissa dans les bras des deux hommes qui la soutenaient le temps de reprendre son souffle. L’homme lui attrapa les cheveux et tira dessus pour lui relever la tête.

— Encore faudra-t-il que ton Papa chéri t’y retrouve ! On va enfouir ton petit cul de salope dans la vase de la prochaine marée et il faudra un moment avant qu’tu remontes à la surface, moi j’te l’dis ! Mais avant on va s’amuser un peu avec toi, hein les gars ?

Les deux autres hommes pouffèrent d’un rire gras, stupide. Voryn sentait son cœur battre la chamade, il fallait agir, mais que pouvait-il faire ?

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