Dans l'arrière-cuisine du contemplateur —Épisode #2
Dans l’arrière-cuisine du contemplateur — Épisode #2
— Des tasses, des pendules… et quelques détours :
Lors de votre première visite, je vous avais laissé la porte entrouverte.
Vous avez bien fait de revenir. À force de poser de nouveaux projets derrière, j’aurais fini par ne plus pouvoir l’ouvrir.
Depuis, quelques plats ont quitté la cuisine, d’autres ont changé de recette et les mots ont continué à s’inviter sans prévenir. Il y a eu des photographies qui donnent envie d’écrire, des histoires qui prennent plus de place que prévu, des chansons qui ne veulent pas être tristes… et même des tasses qui se mettent à swinguer.
Le contemplateur, lui, avait envisagé de prendre un peu le large avec sa muse.
Cette année, sa santé ne nous permettait raisonnablement pas de retrouver Levanto, en Ligurie, comme les étés précédents. Nous avions donc choisi la Bretagne pour cette échappée. Une autre destination, avec toujours l’envie de changer d’air à deux.
Mais même ce second projet a dû être abandonné. Le départ prévu début septembre n’aura finalement pas eu lieu.
Il y a les voyages que l’on prépare… et ce que la vie permet.
Nous sommes donc restés. La plume aussi.
Elle avait, de toute façon, oublié de demander ses congés.
— Quelques plats ont quitté le feu :
Vous vous souvenez peut-être de Rififi et tapisserie…, qui approchait de sa fin lors du premier épisode.
Cette fois, les petites créatures ont terminé leurs travaux. Le conte a été publié le 12 août sur Panodyssey, puis a rejoint Substack.
Et puisque nous sommes dans l’arrière-cuisine, autant vous raconter aussi ce que l’on ne voit pas forcément depuis la salle : j’ai été déçu du peu de lectures et de retours, au regard des heures passées à écrire cette histoire.
Je pensais qu’elle rencontrerait un bel écho.
Eh bien… j’ai fait un bide.
Cela arrive, on passe du temps à préparer son plat, on goûte, on rectifie, on se dit que cette fois les convives devraient se régaler… et peu de monde vient s’asseoir.
Des heures d’écriture ne garantissent évidemment rien, mais le savoir n’empêche pas la déception. Cela fait aussi partie de la vie d’auteur. Et de ce que j’ai envie de partager ici avec vous.
Depuis, d’autres textes ont trouvé leur chemin jusqu’à vous : Éclipse, Tête de paille — têtes de choux, L’homme d’avant, Celle qui comptait… Des formes et des humeurs différentes, au gré de ce qui attire l’œil, remue quelque chose ou vient tirer la manche du contemplateur.
Et puis deux nouvelles ont occupé une bonne place sur le plan de travail.
Le temps hérité, publié le 18 septembre sur Panodyssey puis Substack, nous emmène dans le Haut-Doubs, auprès de Jeanne, de Louis et d’une horloge comtoise. Né d’une phrase proposée dans le jeu d’écriture de Gabriel Dax, ce récit fait aussi écho à mon poème Celle qui comptait…
Il y a parfois des textes qui semblent avoir encore quelque chose à se dire une fois le dernier point posé.
La toute dernière, À contre-courant, vient, elle aussi, de rejoindre Panodyssey, puis Substack. Autre décor, autre ampleur : cette fois, ma plume s’est aventurée du côté de l’anticipation, de l’énergie, des intelligences artificielles et de notre appétit pour le « toujours plus ».
Une histoire bien plus complexe à écrire qu’elle n’en avait l’air au départ. Il fallait que son fonctionnement tienne debout, sans transformer le lecteur en candidat à un diplôme d’ingénieur.
Trouver l’équilibre entre la crédibilité de l’histoire et des explications techniques qui ne l’étouffent pas n’a pas toujours été simple.
Mais derrière les installations et les calculs, c’était bien l’humain que je cherchais à raconter. Je vous laisse découvrir jusqu’où cette histoire nous entraîne. J’ai déjà suffisamment remué la planète pendant sa rédaction.
Et une petite info était passée sous les radars de cette arrière-cuisine.
Au cours du mois d’août, j’ai envoyé plusieurs de mes poèmes ainsi que deux nouvelles au Cercle des auteurs normands, dont je suis membre.
Les poèmes ont depuis rejoint un recueil collectif réunissant plusieurs auteurs. Quant aux deux nouvelles, elles paraîtront dans le numéro 11 de la revue numérique Motamot.
Une autre façon pour mes mots de quitter un peu la maison et d’aller voir ce qui se passe ailleurs.
— Le hublot donne maintenant sur Substack…
Dans le premier épisode, je vous parlais d’une ouverture vers ailleurs. Elle a désormais un nom : Substack.
J’y ai installé mes textes, organisé quelques rubriques et commencé à prendre mes marques. Nouvelles & contes, Proses atypiques, Pensées ou pas, Atelier des détours… Il a fallu trouver où ranger tout ce petit monde.
Mais Panodyssey reste mon port d’attache. Substack est un autre endroit pour publier, lire d’autres plumes, échanger et faire de nouvelles rencontres. Les textes circulent entre ces deux lieux, et j’aime l’idée que les lecteurs puissent en faire autant.
C’est aussi là que j’ai participé au jeu d’écriture créative à partir d’une image proposée par Johanne T. Une image, un regard qui s’y attarde… et quelque chose commence à s’écrire.
Il y a d’abord eu Les âmes moroses, puis Bronze éternel, et enfin De tasse en tasse…
J’aime ces points de départ que l’on n’a pas choisis soi-même. Une photographie, une phrase proposée : on arrive avec sa plume, mais on ne sait pas encore très bien par où l’on va repartir.
— Entre deux recettes, quelques pensées…
Sur Panodyssey, j’ai également dépoussiéré la Creative Room Pensées d’un contemplateur éphémère. Les deux premières pensées, publiées les 20 août et 1er septembre, ont aussi trouvé place sur Substack, dans Pensées ou pas.
Tous les mots n’ont pas besoin d’occuper une grande tablée. Certains tiennent dans quelques lignes et vous accompagnent pourtant un bon moment.
Dans Atelier des détours, Au grand bal… a inauguré le premier billet du contemplateur.
À l’origine, une discussion avec ma nièce autour de l’omniprésence et de l’exposition du sexe sur Internet. Et en parallèle, ce constat : les débats, les plaintes et les affaires rendues publiques autour des comportements sexuels n’ont jamais semblé aussi nombreux.
Un paradoxe qui m’avait donné envie d’aller gratter un peu du côté de nos contradictions et de notre hypocrisie.
Puis est venu L’apprentissage de l’auteur, autour de l’écriture, de la lecture, du partage et de ce que l’on apprend en avançant parmi les autres.
Ce texte m’a d’ailleurs valu une petite démonstration pratique.
J’y évoquais notamment ma façon de laisser les commentaires rageux s’éteindre tout seuls. Sur Substack, le seul commentaire reçu à ce moment-là sous ce texte a précisément été… un commentaire rageux.
Je n’ai pas répondu.
Pour une fois, les travaux pratiques étaient fournis avec la leçon.
Cela n’efface évidemment ni le plaisir des échanges ni celui de découvrir d’autres sensibilités. Mais vouloir écrire en public, c’est aussi savoir ne pas s’asseoir à toutes les tables.
— Dans la cuisine d’à côté, les mots chantent toujours…
La musique a continué, elle aussi, à se mêler de mes affaires.
Tête de paille — têtes de choux, Celle qui comptait… ou encore De tasse en tasse… ont ainsi trouvé leur prolongement musical du côté de Suno. Des univers différents selon les textes, avec plus ou moins de tâtonnements, mais toujours cette même curiosité : entendre ce que deviennent mes mots lorsqu’ils se mettent à chanter.
En revanche, aucune de ces nouvelles créations n’a encore rejoint ma chaîne YouTube, PascalN — Mots en musique.
Ce n’est pas un oubli. Sur YouTube, comme sur beaucoup de plateformes américaines, j’ai de plus en plus le sentiment que pour espérer donner de la visibilité à son travail, il faut payer, puis encore payer.
Alors, puisque mon temps, mon énergie et mes moyens ne sont pas extensibles, je préfère aujourd’hui les consacrer aux endroits où j’ai moins l’impression de subir le dictat du pognon.
Les chansons, elles, continueront malgré tout à pousser la porte de temps en temps. Elles n’ont jamais été très douées pour demander la permission.
— Et les projets annoncés, alors ?
Le carnet de proverbes, dictons et expressions détournés a continué à se remplir.
Il était question d’une centaine. Puis de 111. Nous voilà à 115 entrées.
Manifestement, même les nombres ont du mal à faire respecter les consignes dans cette maison.
Le travail ne consiste pas seulement à ajouter une nouvelle pirouette au bout de la liste. Pour en faire un carnet, il reste à relire l’ensemble, à harmoniser la présentation et à rassembler ces détournements par quelques grandes familles, sans leur construire une administration.
J’avais aussi annoncé une avant-première dans une Creative Room dédiée. Celle-ci n’a pas encore vu le jour. Les détournements se sont multipliés plus vite que je ne leur ai aménagé une pièce. Voilà donc un chantier qui reste à faire.
Quant aux trois idées de nouvelles évoquées la dernière fois, elles sont restées… à l’état d’idées. Celles que j’ai écrites depuis ont demandé beaucoup de temps et d’énergie. On peut avoir plusieurs casseroles à portée de main sans pouvoir toutes les mettre sur le feu.
Un autre projet en a également réclamé une bonne part : Au fond des gorges, un futur thriller érotique.
Cette aventure a quelque chose d’inédit. Pour la première fois, je ne me suis pas contenté de laisser venir l’histoire avant de me mettre à écrire. J’ai commencé par construire des fiches de personnages, une trame narrative, une chronologie, et par organiser les différentes étapes du récit avant même d’en rédiger les premières lignes.
Une façon de travailler qui ressemble finalement davantage à la préparation d’un roman qu’à celle de mes nouvelles habituelles.
Est-ce pour autant ce que deviendra Au fond des gorges ? Je n’en sais encore rien. Nouvelle d’un seul tenant, récit à épisodes ou véritable roman… Pour l’instant, les trois possibilités restent sur la table.
Je ne sais donc toujours pas quelle taille de casserole il va me falloir.
Tout cela prend du temps et de l’énergie, entre les nombreux rendez-vous médicaux de ma muse. L’écriture trouve sa place dans ce quotidien-là, avec ce qu’il laisse d’heures et de forces disponibles.
Voilà aussi pourquoi certains projets doivent patienter.
Et parmi les idées à conserver, il y a aussi Les oubliés de la pile : ces anciens textes que l’on retrouve dans sa table à ouvrages et qui pourraient bien mériter de reprendre l’air.
— La devanture et ce qu’il y a derrière…
L’identité d’auteur présentée la dernière fois a continué à s’affiner, jusque dans la signature des visuels.
J’ai aussi regardé ce que devenait tout cela du côté de Google et des autres moteurs de recherche. Les homonymes me donnent encore parfois un peu de fil à retordre, mais un constat mérite d’être partagé : ce sont surtout mes publications sur Panodyssey qui ressortent et sont mises en avant.
J’y vois un résultat concret de mon abonnement Visibilité. De ce côté-là, Panodyssey fait du bon boulot, et cela mérite aussi d’être dit : mes textes trouvent leur place dans les résultats de recherche.
La devanture ne fait pas tout, mais encore faut-il que l’on puisse trouver l’adresse.
Pour le moment, l’idée d’ajouter une page centrale reliant tous mes espaces attendra. Il reste surtout des textes à écrire.
Les questions soulevées dans Prime ou pas Prime ? font, elles aussi, partie de cette réflexion sur la place de l’auteur et de ses lecteurs. Je n’ai pas de nouvelle formule à vous annoncer ici. Être lu, partager et trouver comment donner une place à son travail sans perdre le sens de la rencontre : ce sont des questions qui ne se règlent pas d’un coup de cuillère.
Les échanges et les commentaires autour de ce texte ont d’ailleurs donné naissance à un autre : Imposteur – un posteur. Il est écrit, mais pas encore publié.
Comme quoi, on vient discuter d’une recette… et l’on repart avec les ingrédients de la suivante.
— Avant de refermer la porte…
Voilà. Nous sommes passés d’une prairie un peu agitée à des tasses musicales, d’une horloge comtoise à une planète dont il fallait surveiller la rotation.
Pour quelqu’un qui se dit contemplateur, je reconnais que cela fait un peu de mouvement.
Merci d’avoir pris le temps de revenir par ici, de lire, d’écouter parfois, et de partager ces petits morceaux de vie qui entourent les textes.
La prochaine visite viendra quand il y aura de nouveau quelque chose à vous raconter. Avec, je l’espère, moins de souci dans la vie vraie, quelques projets terminés, d’autres qui auront changé d’avis.
En attendant, je vous laisse respirer un peu, loin de toute l’agitation qui règne dans cette arrière-cuisine.
La, ou le dernier éteint la lumière en sortant, svp, merci.
PascalN — Auteur
Le contemplateur éphémère ©
« Chroniques d’un pas de côté »
Note de l’auteur : Pascal Nicod, alias « PascalN — Auteur Le contemplateur éphémère », est l’unique propriétaire et auteur de ce texte « humanuscrit », ainsi que de tous les droits connexes. Il n’en autorise pas l’utilisation sous quelque forme que ce soit, sans accord préalablement écrit et signé par lui-même, ou via la notice de transparence qui accompagne ce texte sur le réseau Panodyssey. Les IA du logiciel Antidote a été utilisée uniquement à des fins de correction orthographique, grammaticale et typologique. L'IA ChatGPT a été utilisée pour le suivi de mes travaux, le découpage et la mise en page de cette lettre d'infos. L’illustration a été créée avec IA-ChatGPT.
non-commercial use only
Ici écrit PascalN — auteur Le contemplateur éphémère. J’observe les humains, le monde, la vie… et même les machines. Mais contempler ne signifie pas consentir à être dévoré.
Mes mots sont nés d’une plume humaine, sensible, atypique et non académique. Vous pouvez les lire, peut-être même les méditer — mais pour vous en nourrir, il faudra montrer patte blanche… et obtenir mon accord.
Moralité : le contemplateur est éphémère, ses droits ne le sont pas.
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Comments (3)
Jackie H 1 day ago
Eh bien il s'en passe des choses dans cette arrière-cuisine 🙂
Cela dit, j'ai bien aimé cette phrase :
"[...] vouloir écrire en public, c'est savoir ne pas s'asseoir à toutes les tables" 🙂👍🏻
Pascaln — Le Contemplateur Éphémère 1 day ago
Merci madame 😊
Alexandre Leforestier 2 days ago
Tu savais que le Pâpe avait des origines Normandes ?
Pascaln — Le Contemplateur Éphémère 1 day ago
oui oui je savais mais pas de mon côté en tous cas. Bien que ça grand-mère parternelle (je crois...) soit née au Havre comme moi 😋😂😂
Alexandre Leforestier 2 days ago
Pile à lire et pile à commenter ❤️❤️🍎
Pascaln — Le Contemplateur Éphémère 2 days ago
Ahahah, je n'en doute pas cher normand 😉😊