Mercredi 18 février 2026
Mercredi 18 février 2026
Le soleil dormait toujours, lorsque j’ai débuté le long trajet qui me mènerait jusqu’à elle. En chemin, j’ai déroulé encore et encore le scénario des jours à venir, traquant l’efficacité dans la plus petite parcelle de temps. J’ai somnolé un peu, observé beaucoup, travaillé surtout. Entre mes mains, le prochain cadeau prenait forme petit à petit, tandis que le monde s’agitait autour de moi. Dans le train, certains s’agaçaient. D’autres, détestables, s’auto-félicitaient de leur intolérance. Je les ai regardés faire en pensant combien c’était triste, de s’être suffisamment éloigné de l’enfance pour s’offusquer du moindre jeu. Dans le dernier bus, j’ai convoqué le souvenir de nos rires libres et de nos plaisirs bruyants, de nos inventions et de nos bavardages incessants. Quelques arrêts plus loin elle était enfin là, fatiguée mais lumineuse, sûre de ses choix. Dans la soirée les mauvaises nouvelles n’en finissaient plus de pleuvoir sur nos têtes, l’angoisse et le doute gagnaient du terrain. J’ai songé qu’elle ne tiendrait plus très longtemps, à ce rythme, et pour repousser l’effondrement j’ai mis tout ce que j’avais de calme et de certitudes dans ma voix. J’ai dit que tout irait pour le mieux, à chaque problème sa solution, et qu’on trouverait bien comment bricoler quelque chose. Elle n’y croyait pas vraiment mais s’efforçait de faire semblant, alors j’ai maudit l’enfance qui s’est dissipée et nous rend si difficiles à rassurer.
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