Samedi 14 février 2026
Samedi 14 février 2026
Je m’étais promis une grasse matinée et un petit-déjeuner de fête, un cadeau de l’adulte que je suis à la petite fille que j’ai été, un moment de douceur et de liberté. L’enfant blottie à l’intérieur de moi a fait preuve de beaucoup de patience, ces derniers jours, devant le peu de temps que j’ai pu lui consacrer, et il m’a semblé qu’il faudrait au moins ça pour la rassurer. Je lui ai parlé longuement, juste avant que nous nous abandonnions au sommeil, des mots tendres qui disaient demain, promis, je m’occupe de toi avant tout. De l’extérieur, bien sûr, cela semble sans doute idiot ou étrange, mais j’y trouve un réconfort inespéré, un apaisement trop longtemps imploré. Petite, au moment de me mettre au lit, il m’arrivait de faire semblant de dormir, pouce dans la bouche et yeux fermés, visage tourné vers la porte de ma chambre. J’attendais que l’un de mes parents vienne, au moins pour éteindre la lumière que j’avais laissée allumée tout exprès. J’attendais, espérant très fort que lorsqu’enfin ils se présenteraient, ils s’attendriraient devant le spectacle de mon sommeil factice et auraient un geste tendre ou protecteur, une caresse, une couverture remontée sur moi, un baiser, n’importe quoi. Parfois, la nuit venue, étendue dans mon lit d’adulte, j’attends encore. Il ne s’est jamais trouvé personne, avant, pour s’adresser à moi comme à une enfant.
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