Mercredi 7 janvier 2026
Mercredi 7 janvier 2026
Tandis que l’hiver avance, je cherche mon centre. Pas un seul flocon n’est tombé derrière mes fenêtres, malgré la neige annoncée. Ici le ciel change vite et le vent souffle fort, les tempêtes rugissent et les arbres plient, mais l’air reste doux presqu’en toutes circonstances. La mer y veille, au bout du petit chemin. Je me demande si c’est à cela que j’aspire, une sorte de tiédeur permanente malgré les bourrasques. Il faudrait alors renoncer au givre, à mon souffle blanc dans la nuit, au craquement de la neige sous mes pas, à l’eau figée, juste pour un temps, dans sa course folle. Il faudrait abandonner le sable brûlant, la lourdeur du corps qui implore la sieste, la respiration retrouvée le soir venu et la fraîcheur insensée du carrelage sous mes pieds nus. La météo de mon cœur serait plus clémente et je trouverais une forme de constance, quelque chose de l’ordre de la stabilité ou de l’indifférence. Je ne veux pas de ça. Je ne souhaite me défaire ni de mes joies les plus grandes, ni de mes peines les plus profondes. Moi, je veux pouvoir ressentir et percevoir, appréhender les contrastes et les changements de lumière, guetter le cheminement des émotions dans mon corps, me souvenir que tout passe. Pour peu que j’aie un endroit où m’abriter, je peux supporter la plénitude du bonheur et la morsure du chagrin, la douceur qui, comme la marée, reflue et puis revient. Tandis que l’hiver avance, je cherche mon centre. Je construis ce lieu à l’intérieur de moi, un refuge avec de solides fondations, de quoi supporter le fracas et la valse des saisons.
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