Quelque chose d'irréel
Quelque chose d'irréel
Dans ce reflet, quelque chose n'obéissait plus aux lois du réel...
Dans ce reflet, je n'étais plus cette jeune fille timide et effacée. Les gestes étaient les mêmes. Les traits étaient fidèles. Pourtant, la lueur dans son regard était indescriptible. Brûlant d'un courage et d'une force qui ne m'appartenaient pas.
Lorsque je fermais les yeux, j'imaginais une autre moi. Fière et indépendante. Je rêvais de voyages. De liberté. Loin de tout. Loin de lui. De cet homme qui, autrefois, avait promis de me protéger. De m'aimer. De cet homme qui, aujourd'hui, m'avait brisée. Humiliée.
Je savais que ce soir, il ne serait pas dans le public. Que sa place resterait froide et vide, comme toujours. Je l'avais vu dans ses yeux ce matin, lorsque je lui avais donné l'invitation pour mon récital. Il ne viendrait pas. Pas alors qu'elle était en ville. Je savais que chaque fois qu'elle était là, il passait son temps avec elle. À la chérir. À la couvrir de cadeaux et d'attention. Que chaque fois qu'elle apparaissait, je disparaissais.
Mais, étrangement, ce soir en contemplant mon reflet, en admirant cette moi qui n'était pas moi, je pris conscience que cette vie m'étouffait. Me tuait. Je devais m'échapper. Fuir cet avenir qui n'avait pas de sens. Fuir ce mariage qui n'était que souffrance.
Et alors que je m'apprêtais à monter sur scène la tête haute et le cœur plus léger, je l'aperçus. Cette jeune fille à travers le miroir. Elle souriait. Elle m'encourageait.
Elle n'était plus mon reflet. Elle était le témoin silencieux de ma transformation. La muse de ma libération.
Texte de L. S. Martins (25 minutes chrono, sans relecture).
Production d'un atelier d'écriture créative animé par L. S. Martins sur le thème "Miroir des mondes".
Image par N-Y-C de Pixabay : Femme Maquette Pose - Photo gratuite sur Pixabay
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