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Le cerveau quantique

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Le cerveau quantique

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L’être humain est cet animal doué de conscience. La taille de son cerveau et surtout sa structure dynamique ont permis l’émergence d’une mémoire affective. Physiologiquement, on parle de molécules faisant varier la conductivité des neurones d’un réseau complexe de particules. Cette activité encode les sens, forme le raisonnement, induit la réponse locomotrice; une machine logicielle d’une incroyable complexité. Une machine qui a un plan global fondé sur la dynamique de l’ADN, mais qui va diverger fortement selon l’expérience du sujet. Car la dynamique de la psyché, de l’inconscient et du conscient, dépend totalement de l’histoire de chacun.

L’épigenèse de l’individu, c’est une explosion créatrice de cellules spécialisées qui vont pousser, se connecter, se mettre à transmettre un potentiel électrique dans un code cryptique qui fait s’animer tout le reste du corps. C’est en soi déjà merveilleux. Le processus est de plus résistant aux erreurs car cette ultra-connectivité des neurones est discriminée uniquement par l’énergie qui les traversent. Un bug est nettoyé automatiquement par sélection naturelle, loi statistique qui est le principe de base des processus heuristiques codés dans les machines biologiques.

Le neurone s’atrophie s’il n’est pas irrigué du flux constant de particules qui est le flux des sens, des réflexes et de la raison. Le flux de la conscience et des souvenirs aussi. Un flux physique et un flux logique. Les capteurs de l’animal crée le flux ininterrompu des sens. Ce flux électrique est traité dans un réseau qui en détermine une réponse réflexe. Plus ce circuit est court, plus la réponse est rapide. Quelques neurones prennent une décision. Von Neumann dans son ouvrage l’ordinateur et le cerveau fait une comparaison entre le caractère binaire du traitement du signal de l’ordinateur et le caractère analogique de ce qu’il pense être celui du cerveau. Il veut dire par analogique, la modulation d’un signal qui encoderait le logiciel du cerveau. Il n’avait pas toutes les cartes en main en 1946. Il n ‘y a pas de logiciel. Le signal n’est ni binaire, ni analogique. Il a une vitesse, un potentiel électrique , une architecture en graphes massivement parallèles. Et surtout il est en évolution permanente sous l’action de processus chimiques extrêmement complexes que l’on peut catégoriser comme émotions.

Ce qui rend l’étude du cerveau encore plus folle, c’est que ces deux réseaux, le chimique et l’électrique sont mutuellement inhibiteurs et excitateurs. L’émotion provoquée par un souvenir, c’est l’activation du réseau correspondant à ce souvenir, dans tout le cerveau; toute la mémoire des sens activée par une émotion, accessible à l’exploration, en fermant les yeux pour inhiber le flux énergétique de l’aire de la vision et se promener dans les sensations. On peut même voir le réseau chimique des émotions qui provoque à son tour le souvenir jusqu’à l’hallucination ou le somnambulisme, la superposition du flux de la conscience et du souvenir.

Si on y réfléchit bien, la mémoire de notre cerveau dépasse donc largement ce que l’on peut se figurer de la quantité d’informations stockée dans ces réseaux; aucune piste concrète ne semble non plus expliquer où se cacherait ce stockage. L’examen de l’activité cérébrale montre que la mémorisation résulterait d’une activation régulière des circuits qui la constitue; une activation chronique, plus ou moins forte selon la discrimination émotionnelle inconsciente qui filtre la mémoire. Ce filtrage est-il un effacement définitif ou une une suppression d’accès à la conscience ?

Ce que l’on sait, c’est que l’entrainement, l’activation régulière des mêmes circuits, facilite le passage du potentiel électrique et façonne un graphe qui va amener le réflexe. Plus l’activité est travaillée plus la solution mathématique s’affine et tend vers l’optimal. Plus je pratiquerai longuement l’activité plus elle va s’ancrer dans mon cerveau. Mais nous avons tous également un souvenir persistant qui a pourtant pu ne durer qu’un instant fugace. C’est la force de l’émotion ressentie qui l’ancre. Et parce que cette émotion a été forte, certaines des synapses de ce réseau ont été modifiées chimiquement. Le signal y passe trop facilement, la moindre activité dans un neurone relié à ce réseau peut déclencher une nouvelle activation, qui renforce encore l’ancrage et qui devient obsession.

Le niveau de nos émotions induites par notre expérience va influer toute la construction, la consolidation et la plasticité des cerveaux. Ils ont tous plus ou moins le même schéma d’assemblage mais le résultat final est très variant. Il n’y a pas de plan, ou alors il est dynamique. Il peut se refaçonner en cas de dysfonctionnement majeur, y compris des modifications structurelles extrêmement importantes.

La machine est belle et immensément complexe. On pourrait parler d’un troisième réseau constitué des cellules gliales, a priori réseau de transport chimique favorisant la richesse en ions générés par le passage du potentiel électrique dans les synapses. Il y a à chaque niveau de ce mystérieux cerveau une subtilité, une complexité, une synchronisation intelligente qui relègue nos plus puissants réseaux neuronaux artificiels au rang de calculettes.

Car d’un réseau électrique, une commande nerveuse gérant le réflexe, l’évolution nous a permis d’élever nos pensées et de passer d’un automate réflexifs à une intelligence. plus de neurones, plus d’interactivité que nécessaire pour commander les organes, un réseau intérieur s’est créé. Une conversation que nous avons avec nous même qui génère autant de frémissements que le simple apport de nos sens. Nous explosons nos connexions rien que par l’expérimentation de nos pensées internes qui racontent une histoire, une projection de la réalité, un recyclage de nos souvenirs et sensations dans un flot protecteur ou ravageur. Le cerveau dense qui boue sous notre boite crânienne est bien plus énergétique que celui d’une mouche ou d’un ver. Il est un plasma formé par l’interaction entre électrons et ions. Et nos sentiments sont le réactif qui agite la marmite.

Alors, qu’est ce qui est quantique dans tout cela ?

Bien qu’existant sur des cerveaux moins denses et moins structurés, le plasma cérébral de l’être humain est très concentré et actif. Il est d’autant plus puissant que l’être humain mute, en partie, d’un mode de vie physiquement actif à une stimulation plus intellectuelle. Nous sommes avant tout des machines façonnés par l’évolution pour être agile et adaptable. Nos performances sportives sont excellentes. Nos capacités manuelles se voient dans tous les chefs d’oeuvres de notre Histoire. Notre compréhension scientifique et technique du monde a fait de l’homme un Homo Intellectus, qui passe du temps à penser soi-même et le monde. Beaucoup arrive à y trouver un équilibre. D’autres se font ravager par les excès d’une boucle infernale qui nait et dégénère en cancer mental.

Notre expérience au monde est source d’activation des réseaux, fontaine de nos souvenirs; nos souvenirs sont déformés, malaxés, obsessionnels, traumatiques, s’invitent dans notre conscient, refoulés et invoqués. par quoi ? Par notre personnalité, psyché, moi, surmoi, qu’importe. une couche logicielle, intellectuelle, que chacun se forge pour accepter la réalité, sa réalité. Les cas les plus pathologiques sont souvent des victimes d’une expérience traumatique, dont la boucle infini s’est logée sur des souvenirs précis, une poignée de réseaux qui palpitent électriquement et une réponse émotionnelle qui produit des réactions chimiques. Un plasma néfaste, noire, qui détruit son porteur en retournant et détournant tout le système psychique contre lui. Autre boucle, un vrai bug du logiciel psyché, la boucle existentielle. C’est quelque part l’aboutissement suprême de la connaissance du monde que d’admettre la mort, sa mort. Une fois arrivé à ce stade de sagesse, la difficulté est de ne pas laisser la réalité opposer souffrances et difficultés comme des raisons de ne pas vivre. Les interrogations sur l’utilité du chemin peuvent devenir obsessionnelles comme toute boucle de raisonnement. Et si les difficultés sont trop fortes ou le cercle vicieux des pensées sombres trop intense, ce cerveau dense et intelligent pars en vrille jusqu’au dénouement. Toute cette complexité s’affole. Tout le corps humain est bardé de garde-fous moléculaires, cellulaires, connectivistes et cognitifs, mais contre l’attaque de ses propres pensées nous sommes très fragiles. Et encore une fois, c’est l’affolement de nos sentiments, notre chimie interne, dans notre cerveau et dans tous les autres organes qui provoque un emballement électronique et ionique, le plasma de notre psyché.

Le plasma s’est un gaz ionisé en physique classique. Mais en physique des particules, le plasma s’entend comme des molécules distantes reliées entre elles par un flux de particules énergétiques. Plus l’énergie du plasma est forte, plus les particules atteignent un état de cohérence quantique, une particule peut brutalement se déplacer d’un ion à un autre selon le principe d’incertitude de Heisenberg. Nous avons ici un état de la matière hybride entre un fluide au sens chimique et un flot de particules au sens quantique. C’est un milieu parfait pour que des effets quantiques se fassent ressentir. Le cerveau humain dense est un endroit où on enregistre des fluctuations de potentiel électrique assez importantes, médiés par des ions chimiques aux synapses. Si on imagine que les réseaux de pensées sont la combinaison des potentiels électriques (particules) qui traversent les neurones pour relier les ions contenus dans les synapses, on obtient un plasma dynamique, énergétique et structuré en boucles. Cela entrouvre la possibilité d’un stockage infini des souvenirs par superposition des quanta (Qbits); des réseaux fantômes fondés sur les expériences traumatiques ou des refoulements profonds. Cela ouvre la perspective de l’empathie et l’amour, la communication entrelacée des sentiments, la synchronisation des envies dans un couple. Cela ouvre également la perpective d’une certaine abolition de l’espace et du temps. On ne connaît pas très bien les conséquences de l’accumulation d’effets quantiques à notre échelle, mais rien n’empêche d’imaginer des effets de boucles qui traversent les générations, des sentiments nationaux qui rassemblent ou des effets papillons d’une mère emplie d’une angoisse pour son enfant de l’autre côté de la planète.

Ce n’est en rien une conclusion scientifique, encore moins des affirmations ou de démonstrations. L’homme doit garder l’humilité face à la nature, car il a gratté la surface de la connaissance mais n’a pratiquement pas entamé les mystères profonds de la vie.

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