Lettre Ouverte n°2
Lettre Ouverte n°2
Monsieur le Président de la République,
Je vous écris une nouvelle fois, non par obstination, mais par devoir moral. Parce que certaines causes ne supportent ni l’oubli, ni l’attente, ni le silence.
La chasse à courre continue aujourd’hui encore de se pratiquer en France, dans une violence ritualisée qui n’a plus sa place dans une société qui se prétend moderne, éclairée et respectueuse du vivant. Des animaux traqués jusqu’à l’épuisement, acculés, terrorisés, pour le seul maintien d’une tradition que plus rien ne justifie, sinon l’habitude et le confort de quelques-uns.
Ce n’est pas une question d’opinion.
C’est une question d’éthique.
À cela s’ajoute un autre sujet, tout aussi grave : l’hippophagie.
Il y a plusieurs années, vous aviez pris un engagement clair auprès de Brigitte Bardot : celui d’agir pour mettre fin à cette pratique. Cette promesse, elle l’a portée avec l’espoir qu’enfin, la parole politique puisse se traduire en actes.
Or, aujourd’hui, force est de constater que cet engagement n’a pas été tenu.
Les chevaux continuent d’être envoyés à l’abattoir, souvent après des vies de service, de confiance, de proximité avec l’humain. Ils ne sont pas de simples animaux de rente. Ils sont des partenaires, des compagnons, des êtres sensibles, dotés d’une mémoire, d’émotions et d’une relation particulière avec l’homme.
Ne pas honorer cette promesse, c’est non seulement trahir une parole donnée à Brigitte Bardot, mais aussi décevoir tous ceux qui croient encore que la politique peut être guidée par la cohérence et le courage.
Je ne vous écris pas au nom d’un parti, ni d’un courant.
Je vous écris en tant que citoyenne, en tant que femme, en tant que personne convaincue que le respect du vivant est un marqueur fondamental de l’évolution d’une société.
Brigitte Bardot a consacré sa vie à cette cause.
Elle n’a jamais cessé de se battre, même lorsque les réponses tardaient, même lorsque les promesses restaient lettres mortes. Aujourd’hui, d’autres prennent le relais. Non pour parler à sa place, mais pour refuser que ses combats soient relégués au rang de souvenirs.
Monsieur le Président, gouverner, c’est aussi avoir le courage de mettre fin à ce qui n’est plus acceptable.
Abolir la chasse à courre.
Tenir les engagements pris sur l’hippophagie.
Ces décisions ne relèvent pas du symbole. Elles relèvent de la responsabilité.
Je continuerai à vous écrire, régulièrement, tant que ces sujets resteront sans réponse concrète. Parce que la constance est parfois la seule voix qui finit par se faire entendre.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma considération respectueuse mais déterminée.
Eva Bardot
Contribuer
Tu peux soutenir les auteurs qui te tiennent à coeur

