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Étrangers familiers

Étrangers familiers

Publié le 7 nov. 2025 Mis à jour le 7 nov. 2025 Poésie et chanson
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Étrangers familiers

À toi, l'étranger que je connais par cœur.

On s’connaît par cœur, mais on s’regarde plus,

Deux ans d’amour, maintenant on s’croise dans la rue.

T’étais mon monde, j’suis devenu ton passé,

Et on fait comme si rien s’était jamais passé.


Avant, on s’parlait sans se forcer,

Maintenant, c’est les silences qui nous font converser.

On s’regarde vite fait, sans trop s’fixer,

Comme deux étrangers qu’ont trop partagé.


J’me rappelle encore de ta façon d’aimer,

Des mots qu’tu disais quand t’étais fatigué,

Des disputes qui finissaient dans les draps,

Et d’ces "je t’aime" qu’on balançait sans y croire parfois.


Aujourd’hui, t’as plus la même voix,

Ou p't'être juste que c’est plus la même pour moi.

Avant, t’étais mon port d’attache,

Maintenant t’es juste un visage qui m’arrache.


C’est fou d’voir c’que l’temps peut faire,

D’ceux qui se juraient l’éternel, y reste plus qu’le désert.

On s’ignore mieux qu’on s’aimait fort,

C’est triste, mais c’est plus simple que d’ouvrir nos torts.


J’passe devant ta maison sans regarder,

Mais j’sais qu’mon cœur, lui, s’est jamais arrêté.

Y’a des morceaux d’nous dans chaque coin d’la ville,

Mais j’les esquive, j’fais la dure, j’fais la tranquille.


J’te croise parfois, t’as l’air ailleurs,

Et moi j’fais genre que j’ressens plus rien, à l’intérieur.

Mais j’te mens, ouais, j’me mens,

Parce qu’à chaque regard, j’me reprends tout d’avant.


J’la vois, ta nouvelle, celle à qui tu donnes ton bras,

Celui qui, y'a pas si longtemps qu'ça, était à moi,

J’parle pas, mais dans ma tête, j’pense tout bas :

Elle sait pas lire quand t’fais semblant d’aller bien,

Elle sait pas qu’ton silence veut dire “tiens moi bien”.


Elle croit t’connaître, mais c’est qu’une version polie,

Celle que j’ai façonnée quand t’étais détruit.

J’l’ai vue t’regarder comme si t’étais parfait,

Mais je sais très bien au début quel effet tu fais.


C’est moi qu’t’as pris pour te construire,

C’est moi qu’t’as brisée pour t’refaire sourire.

Et maintenant j’vois l’fruit de mes efforts

Entre les bras d’une autre, et j’te jure, ça mord.


T’as plus les mêmes cernes, plus les mêmes colères,

Mais c’est moi qui ai appris à t’faire taire.

J’l’ai fait grandir, j’l’ai réparé,

Et maintenant c’est elle qui récolte c'que j’ai semé.


On s’connait trop pour s’oublier,

Mais trop blessés pour s’rapprocher.

Et dans tout c’qu’on ne dit plus,

Y’a encore des "nous" perdus.


J'me rappelle de Noël quand t'avais pas de famille avec qui le passer,

Tu l'as fait avec nous et après les cadeaux sous l'sapin j't'ai consolé toute la soirée,

T'as rencontré tous mes proches,

Et la façon dont t'es parti franchement c'était moche.


On est devenus des étrangers familiers,

Deux cœurs usés, deux souvenirs à plier.

Tu sais, j’crois pas qu’l’amour s’efface,

Il change juste de place.


Et même si j’fais comme si j’y pense plus,

Chaque fois qu’j’te vois, j’me rappelle qu’on s’est perdus.

Pas par faute, enfin si, la tienne,

On s'dira plus "à la tienne !"


J'voulais pas mais j'ai fini par avoir la haine,

Tout ça m'a empêché d'avoir faim,

Juste parce qu’à la fin,

Même les plus belles histoires s’crament quand y’a plus d’oxygène.

Linthong

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