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La cave commune
Fiction
Horreur
calendar Publié le 1 avr. 2026
calendar Mis à jour le 1 avr. 2026
time 7 min
PascalN verified
Pascaln il y a 9 heures

À je comprends un peu mieux 😊. Toujours est-il que, comme je l'ai déjà dit, je découvre et y prends goût 😋. D'ailleurs cette nuit, j'ai griffonné les 5, 6 plans d'une nouvelle prochaine que je pense définir comme érotico- phantastique ou pour le moins mystérieuse... Mais chut 😊😊

La cave commune

Tout commença lorsqu'il descendit chercher une valise qu'il savait rangée dans sa cave depuis le dernier déménagement.


L'escalier grinçait sous ses pas, les murs de la cage étaient peints de ce jaune sale qui n'existe que dans les parties communes des vieux immeubles. En bas, il poussa la porte métallique qui donnait sur le réseau de caves, chercha l'interrupteur dans le noir, et la lumière s'alluma avec ce petit claquement familier.


La sienne se trouvait au fond du couloir de gauche, le troisième après la chaufferie. Il compta machinalement en marchant, un, deux, trois, mais arrivé devant ce qui aurait dû être son box, il vit un autre couloir qui partait sur la droite, un passage qu'il n'avait jamais remarqué. Il fronça les sourcils, recula de quelques pas, regarda autour de lui pour vérifier qu'il était au bon endroit. La chaufferie était bien là, avec sa porte renforcée et son panneau "Accès interdit", mais le couloir suivant n'était pas celui qu'il connaissait.


Il s'engagea dans ce nouveau passage et longea les boxes grillagés en cherchant le sien. Les numéros ne correspondaient pas, il lisait 47, 48, 49, alors que le sien portait le 02, deuxième appartement du rez-de-chaussée. Il continua, tourna à gauche, se retrouva dans un autre couloir identique au premier, avec d'autres boxes alignés de chaque côté, d'autres numéros qui ne voulaient rien dire. Un panneau indicateur accroché au mur montrait des flèches qui pointaient dans plusieurs directions avec des chiffres illisibles à moitié effacés.


Il décida de revenir sur ses pas, mais le couloir qu'il venait de parcourir n'était plus exactement le même. Les boxes étaient différents, certains vides qu'il se souvenait avoir vus pleins, d'autres fermés par des cadenas rouillés qui semblaient n'avoir plus été ouverts depuis des décennies. Il chercha la porte qui menait à l'escalier, emprunta ce qu'il pensait être le bon chemin, et déboucha sur une petite pièce carrée d'où partaient quatre couloirs identiques.


La logique aurait voulu que la cave telle qu'il la connaissait soit limitée à l'emprise du bâtiment au-dessus, qu'on ne puisse pas marcher indéfiniment sous terre sans sortir des fondations de l'immeuble. Mais il avançait depuis plusieurs minutes maintenant, tournait à droite puis à gauche, traversait des sections entières de boxes qui n'auraient pas dû exister, et il n'arrivait toujours pas à retrouver la sortie. Les néons grésillaient au-dessus de sa tête, certains clignotaient dans une lumière incertaine qui rendait les distances difficiles à évaluer.


Il s'arrêta devant un box dont la porte était entrouverte.


À l'intérieur, il vit des objets qui ressemblaient aux siens, des cartons empilés de la même façon, une vieille bicyclette appuyée contre le grillage, et même un vieux miroir antique posé contre le mur. Il s'approcha, lut le numéro peint sur le montant métallique. 02. Son box. Mais ce n'était pas le bon emplacement, il en était certain, et quand il regarda les objets de plus près, il remarqua de petites différences, des détails qui ne collaient pas tout à fait.


Alors il continua d'avancer d'un pas de plus en plus hésitant. Il croisa d'autres boxes marqués du numéro 02, certains vides, d'autres remplis de variations légèrement différentes des mêmes objets. C'était comme si les couloirs contenaient plusieurs versions de la même cave, plusieurs possibilités du même box répétées à l'infini dans ce dédale souterrain. Il compta au moins huit boxes numéro 02 avant d'arrêter de compter, avant d'accepter que quelque chose d'impossible était en train de se produire.


Au détour d'un couloir, il vit quelqu'un. Une silhouette au loin, floue dans la lumière mauvaise des néons, une femme d'un certain âge à en juger par sa silhouette légèrement voûtée et la lenteur tranquille de sa démarche, comme quelqu'un qui connaît parfaitement l'endroit où elle se trouve. Elle marchait dans la direction opposée, sans se presser, sans regarder autour d'elle. Il lui sembla entendre un tintement métallique, très discret, le genre de bruit que fait un trousseau de clés qu'on porte à la main. Il appela, sa voix résonna étrangement contre les murs de béton et se perdit dans les profondeurs de la cave sans recevoir de réponse. La silhouette disparut derrière un angle sans avoir accéléré le pas, sans avoir marqué le moindre signe qu'elle avait entendu quoi que ce soit, et quand il arriva à cet endroit, le couloir était vide, juste une succession infinie de boxes identiques qui s'enfonçaient dans l'obscurité.


Il finit par s'asseoir contre un mur, la fatigue le rattrapant d'un coup, quelque chose de lourd qui s'abattait sur ses épaules et lui coupait le souffle. Combien de temps avait-il marché? Une heure? Deux? Il n'avait plus aucune notion du temps écoulé, juste cette impression d'avoir tourné en rond dans un labyrinthe qui se reconstruisait derrière lui au fur et à mesure qu'il avançait. Sans conviction il prit son téléphone qui n'avait plus de réseau, l'écran affichait zéro barre, comme s'il était descendu trop profond sous terre pour capter le moindre signal. L'espace d'un instant silencieux, étonnamment calme, il s'assoupit.


Plus tard, il se releva comme si plus rien ne le surprenait et reprit sa marche au hasard. Il croisa d'autres portes, d'autres couloirs, d'autres pièces dont il ne comprenait pas la fonction. Une cave contenait uniquement des chaises empilées jusqu'au plafond, une autre était remplie de miroirs posés contre tous les murs, reflétant sa silhouette à l'infini dans un jeu de perspectives vertigineux. Il continuait d'avancer, tournait machinalement dans ce réseau qui n'en finissait pas, et il se demandait combien d'autres personnes s'étaient perdues là avant lui, combien erraient encore quelque part dans ces profondeurs.


Quelque part au-dessus, la vie de l'immeuble continue. Les gens montent et descendent les escaliers, rentrent chez eux, allument les lumières de leurs appartements. Dans la cave, il marche toujours, compte les boxes, et s'amuse presque à noter les différences.


Les néons grésillent, certains s'éteignent et se rallument par intermittence, et dans cette lumière qui pulse faiblement, il avance encore, encore, sereinement, sans savoir si le prochain détour sera enfin le bon.




Photo : Marcela Artola @ Pexels.

Commentaires (2)

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PascalN verif

Pascaln il y a 9 heures

À je comprends un peu mieux 😊. Toujours est-il que, comme je l'ai déjà dit, je découvre et y prends goût 😋. D'ailleurs cette nuit, j'ai griffonné les 5, 6 plans d'une nouvelle prochaine que je pense définir comme érotico- phantastique ou pour le moins mystérieuse... Mais chut 😊😊

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E C Wallas verif

E C Wallas il y a 9 heures

Les lectures érotiques n’ont jamais été ma tasse de thé, mais prendre goût et s’essayer à de nouvelles expériences c’est toujours une bonne chose !
Promis, je ne dirai rien. 😌

PascalN verif

Pascaln il y a 10 heures

Et bien voici un récit quelque peu stressant, du moins c'est ce que j'ai ressenti et aimé 🫣🙃. J'avoue et tu ne m'en voudras pas j'espère, resté un peu sur ma faim avec la fin justement... Peut-être un manque d'imagination de ma part, ou bien l'apprentissage d'un univers que je découvre progressivement en te lisant🤔. Bref, en tous cas merci pour ce moment🙂

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E C Wallas verif

E C Wallas il y a 10 heures

Merci Pascal !

Alors je comprends totalement et ne t’en veux pas, d’autant que je ne poste pas ces récits dans l’ordre d’écriture mais selon un ordre étudié spécifiquement.
Donc certains sont plus développés que d’autres sur certains aspects.

Pour continuer dans la réponse insatisfaisante et faussement mystérieuse, la fin de l’histoire n’arrive pas à la fin, mais plus tôt dans le texte, elle sert juste de… fin textuelle, et j’avoue qu’il m’en fallait une. 🙃

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