We fell apart
Ce jour là, je t’ai regardé ranger tes affaires. Plantée, là, au milieu de la pièce, le souffle coupé, paralysée, la gorge serrée.
La main sur le coeur, je pouvais le sentir se briser en million de petits morceaux, trop petits pour qu’ils puissent être un jour entièrement recollés.
Je tremblais, nous venions d’avoir une conversation. LA conversation.
Chaque objet était un morceau de nous, mes mains voulaient tout retenir et ma bouche ne savait plus rien dire.
Tu ne savais pas quoi prendre alors tu as juste pris tes vêtements. Tu m’as dit « Garde les meubles » comme si tu t’étais convaincu qu’ils combleraient le vide de mon coeur comme ils comblent notre maison.
En contraste avec la tempête d’émotions qui tournaient en moi, nous étions calmes, pas fâchés, nous avions pris la meilleure décision pour nous deux.
Tes yeux ont balayé les murs à la recherche d’une photo de nous que tu pourrais emporter avec toi.
Tu en choisis finalement une, notre préférée, que tu décroches du mur et contemple un instant.
Est-ce vraiment comme cela que tout doit finir ?
— le jour où cette photo a été prise nous étions au parc d’attractions, je détestais ça, tu n’aimais pas particulièrement non plus mais on s’en fichait ça nous faisait une sortie ensemble. J’avais failli vomir en sortant de ce manège et après cela j’ai fait une telle comédie que nous avions fini par nous marcher dessus et tomber. Qu’est-ce que nous en avions ris.—
Je crois que tu t’en souvenais parfaitement parce que tu as ris au milieu de tes larmes en regardant le cadre et j’ai fait de même.
Le jour du parc d’attractions avait aussi été le jour de notre première dispute, qui n’en n’était pas vraiment une, parce que nous étions patients toi et moi. C’est ce qui rend les choses encore plus difficiles, nous ne nous sommes jamais détestés un seul instant, et même là maintenant que tout arrive à sa fin nous nous aimons.
Tout ce silence qui pesait entre nous, je voulais te protéger de mes ombres mais j’ai juste fini par éteindre nos lumières.
Et maintenant, tu es parti, le moteur de la voiture a vibré et je l’ai entendu s’éloigner, incapable de te regarder partir loin de moi, du foyer que nous avions construit. Je suis restée dans l’encadrement de la porte d’entrée, mon visage et mes vêtements trempés de larmes que je ne pouvais plus contenir. J’ai croisé les bras pour me donner une contenance, un barrage fragile qui ne retenait rien du tout.
Puis je t’ai vu revenir en courant vers moi, abandonnant la voiture sur le début de route qui sortait de chez nous. Tu te tenais là, essoufflé devant moi, prononçant la phrase qui deviendra un souvenir qui me collera à la peau pour le restant de mes jours :
« - Si je ne le fais pas, je le regretterai toute ma vie. »
Alors tu m’as prise par les joues,
Et j’ai su ce que c’était que de brûler et se noyer en même temps.
Tes mains sur mes hanches, mes bras refusant de lâcher ta nuque.
Nous avons doucement échangé :
« — Tu auras toujours une partie de mon coeur.
—Je garderai tout de toi, ton sourire, ta lumière.
— Tu es la mienne aussi Lilo. »
Tu as replacé ma mèche derrière mon oreille en me contemplant une dernière fois.
Puis tu recommencé à pleurer, tu as éclaté en sanglots, et j’ai fait de même, nos deux cœurs se déchirants un peu plus, si nous en avions encore un.
Pourquoi ça devait finir comme ça ?
Pourquoi nous ?
L’instant d’après tu n’étais plus dans mes bras et je restais sur le seuil à regarder la voiture repartir.
Tu m’as souhaité d’être heureuse, ce que nous n’arrivions plus à être ensemble, comme si tu m’avais souhaité une bonne journée.
Mais tu es parti avec ma seule raison de croire que je méritais encore quelque chose de doux.
Aujourd’hui je garde Versailles dans mes cauchemars,
Et toi dans tout le reste, la lumière que j’ai éteinte moi-même.
La maison me parait si vide sans toi dedans,
Et moi, je suis juste… celle qui t’a laissé partir,
Parce que j’avais espoir d’un meilleur avenir pour toi.
Même s’il signifiait sans moi.
Contribuer
Tu peux soutenir les auteurs qui te tiennent à coeur


Commentaire (0)