Fragments de réalisme pour moi-même
Fragments de réalisme pour moi-même
La vérité, mon gars. La vérité, c’est qu’être humain, ça sent toujours un peu la pisse de rat. T’es là, tu te débats. Lutte acharnée pour éviter les conneries, arrêter ce flux infernal de pensées, répondre à des besoins que t’as pas et laisser aller ce dont tu as le plus besoin.
La vérité, mon gars. La vérité, c’est qu’on est tous comme ça. Aucune différence à cette échelle là. Tour à tour glorieux, égoïstes, fermés, à l’écoute, aimants, sacrant, attardés et déplacés, aidants et rayonnants. Tour à tour, tour à tour, tour à tour… Simultanément, en même temps, seul, fusionnellement… On est tous comme ça.
La vérité, mon gars. La vérité, c’est que la seule chose qui nous différencie, c’est à quel point on accepte ça, à quel point on navigue avec aisance dans cette purée de pois. Rien à voir avec toi, tout s’est joué sans que tu ne le saches. Tout s’est joué dans les conditions de ta croissance, bébé, bambin, enfant, ado, amant, travailleur, étudiant. Toujours un enfant mal outillé pour gérer le soi de dans 10 ans, dans 20 ans, pour gérer ses parents.
La vérité, mon gars. La vérité, c’est que quand t’as du mal à naviguer, tu t’en prends avant tout au brouillard. Ce putain de brouillard. T’aimerais donc ça être séparé de ce que t’aimes pas, de ses bouts de toi incompréhensibles qui te pourrissent la vie. Alors tu cherches une solution. La méditation, la thérapie, le yoga. Des maîtres et ceux qui s’y croient, des profs et des cancrelats. Tu vas tous te les taper pour enfin pouvoir briller, te reposer.
La vérité, mon gars. La vérité, c’est qu’à force de te taper la tête dans des murs, ils s’effritent et finissent par tomber. Puis tu tombes sur une vérité que t’étais certainement pas prêt d’accepter. Accepte. Accueille. Accepte, parce que tu peux pas faire autrement. T’es pas un chien, t’es pas un aigle, t’es pas un sage, t’es un humain. Avec ses hauts et ses saloperies de bas. T’as beau te voiler la face, ça donne rien, c’est pas d’une chirurgie dont t’as besoin.
La vérité, mon gars. La vérité, c’est que c’était écrit partout. Dans les évangiles, chez bouddha, dans les neurosciences, dans l’eau de la rivière qui s’écoule et dans les feuilles de peuplier qui bruissent au vent. Y aura pas de salut dans le refus. Tu vas te planter. Tu vas en chier. Tu peux rien y faire. La seule chose que tu peux faire, la seule, c’est de laisser parler une partie de toi qui attend que ça, d’avoir un peu de place pour s’exprimer, de trouver une oreille pour être écoutée.
L’amour.
T’as toujours rêvé de quelqu’un qui t’autoriserais à te planter, qui t’accueillerais avec un sourire tendre et t’aiderais à recoller les morceaux. Bah laisse toi aller. Elle est là cette personne mon gars. C’est toi. Laisse la au moins t’éclairer un instant. Puis un autre instant, puis un autre, puis un autre… Goûte à sa force, sa solidité, sa beauté. Tu l’as enfermée pendant des années, et la voilà qui pointe le bout de son nez, toujours là quand tu en as le plus besoin. Pas rancunière, déjà.
La vérité, mon gars. La vérité, c’est que tu sais pas vraiment où tout ça va te mener. De toute façon, c’est tu vraiment à toi de décider? Ce qui est sûr, c’est que la compassion, y en a pour tout le monde, y en aura toujours pour un humain comme toi. Laisse toi aller, marche en beauté, trébuche en beauté.
Je serai toujours là pour toi.
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