Chapitre 24 - De nouvelles informations
Chapitre 24 - De nouvelles informations
Lundi 5 octobre
En revenant à son bureau après la pause méridienne, Clarisse trouva une note manuscrite de Markus Zimmer. L’interprète avait dû s’absenter pour donner un cours à l’Université, mais il proposait de repasser en fin de journée.
L’adjudante avait également reçu un message de Lukas Hoffmann qui lui proposait un rendez-vous téléphonique. Il avait des éléments à lui transmettre concernant les communications de Kaiser. Clarisse prit l’initiative de l’appeler.
— Nous avons reçu des réponses de la part de Vodafone et Deutsche Telekom. Kaiser avait des abonnements chez ces deux opérateurs. Je te ferai suivre les relevés d’appels complets si tu le souhaites, mais ce qui va t’intéresser, je pense, c’est qu’il a contacté un numéro en France à plusieurs reprises, depuis la fin de l’été. Le dernier appel remonte au 23 septembre. Il n’y a rien eu depuis. La localisation du téléphone à ce moment était en France, à proximité d’une localité nommée Mazamet.
— On peut donc penser que c’est la personne avec qui il avait rendez-vous ! commenta Clarisse.
— Oui, l’appel est assez court, contrairement aux précédents avec ce même correspondant, une vingtaine de secondes, juste le temps de dire : « Je viens d’arriver… ».
— Et concernant les mails ?
— Là, c’est plus compliqué, c’est un compte Gmail, et Google rechigne à nous donner accès au contenu. Je crois que vous aurez plus de chance si un juge français leur adresse la demande.
Dès la fin de la conversation, l’adjudante fit passer un post-it à Maillet, en lui demandant de préparer une réquisition concernant le contact français de Kaiser.
En attendant d’obtenir l’information, elle décida d’appeler le numéro que lui avait transmis Françoise Dullac. Une voix d’homme lui répondit :
— Miquel Pujol, bonjour.
— Monsieur Pujol, je suis l’adjudante Dumaine, de la Gendarmerie de Toulouse. J’ai obtenu votre numéro de la conservatrice du Musée de la Résistance, elle m’a dit que vous l’aviez contactée la semaine dernière.
— Ah oui, c’est exact, je croyais que vous appeliez à cause de l’Allemand de la montagne.
— Pourquoi est-ce que je l’aurais fait ?
— Et bien, parce que c’est mon ami Guilhem Alric et moi qui avons trouvé le corps !
— Non, en fait ce n’est pas la raison de mon appel. C’est à propos de ces documents sur le Corps Franc, que vous avez retrouvés.
— En quoi est-ce que ces vieux papiers intéressent la Gendarmerie ? demanda l’instituteur étonné.
— C’est là que les deux sujets se rejoignent, expliqua Clarisse. La victime est bien un citoyen allemand, comment l’aviez-vous deviné ?
— Oh, c’était juste une supposition, j’ai trouvé qu’il faisait penser à l’inspecteur Derrick.
— Désolée, je ne vois pas !
— Vous devez être trop jeune, Madame, c’était une série télé des années 70 ou 80, une série allemande, et puis il y a l’endroit où on l’a trouvé, juste à côté de la stèle du Maquis.
— D’accord, répondit l’adjudante peu convaincue, et donc, ces documents, ils proviennent d’où ?
— C’est le père d’un de mes amis, il était aussi de mes amis d’ailleurs, mais il est mort il y a une bonne dizaine d’années, qui les a collectés. Ne me demandez pas où, je n’en sais rien. C'est son fils, Laurent Cazenave, qui est policier lui aussi, ou plutôt il l’était, il est à la retraite maintenant…
— D’accord, je vois, coupa Clarisse qui commençait à trouver que la conversation s’engluait. Monsieur Cazenave père a réuni des documents sur le Maquis et son fils cherche à s’en débarrasser.
— Oui, si on veut. Je les ai parcourus, c’est une mine de témoignages, en particulier sur les combats du 20 juillet 1944.
— Savez-vous si les témoignages sont uniquement du côté des maquisards ou s’il y a le point de vue Allemand ? questionna l’adjudante.
— Ce que j’ai pu voir parle uniquement des hommes du Corps Franc, mais je n’ai pas tout lu. Vous devriez les consulter par vous-même, Laurent Cazenave est quelqu’un de très agréable. Il vit près d’Arfons.
— Vous dites que c’est un ancien policier ?
— Oui, il a fini commissaire, à Marseille, je crois.
— Pourriez-vous me donner son numéro ?
Dès la fin de la conversation, la jeune femme fit une rapide recherche. Il ne lui fallut pas longtemps pour retracer la carrière du Commissaire Cazenave. Quelques minutes plus tard, elle était dans le bureau du major.
« Je viens d’apprendre quelque chose d’intéressant, commença Clarisse, et je voudrais ton avis avant d’aller plus loin. »
Le major écouta avec attention le rapport de sa subordonnée.
— Si nous arrivons à identifier le contact de Kaiser à Mazamet, ça nous donnera enfin une première piste solide, commenta Roumiac.
— Et pour ce Cazenave ?
— Il est à la retraite et loin de sa dernière affectation, je ne pense pas qu’il voudra jouer les Maigret. S’il peut nous aider à trouver des infos sur ce milicien, c’est un coup de pouce qu’on ne doit pas refuser.
— D’accord, dans ce cas, je vais le contacter.
— S’il est d’accord, passe le voir, tu en profiteras pour jeter un coup d’œil sur les lieux, ça t’aidera à t’imprégner du contexte. Si j’ai le temps, je pourrai t’accompagner, demain par exemple.
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