De l'art du grand n'importe quoi
Je pense sincèrement que le n’importe quoi est un art qu’il faut maîtriser. Je ne dis pas que c’est simple, moi j’y travaille lourdement, d’autant que j’ai des bonnes prédispositions et que je n'ai que ça a faire de la journée.
Je suis quasiment en mode expert, sauf que je ne m’en lasse jamais je n’ai pas peur du haut niveau.
Donc, dire n’importe quoi, ça se travaille un peu. Et c’est pas forcément parce que c’est n’importe quoi que ce n’est pas sérieux, enfin que le sujet n’est pas sérieux. Le second degré c'est un peu comme un gilet pare balle, normalement ca permet d'éviter les bleus, il faut juste avoir les épaules pour le supporter.
Ca veut juste dire que le premier degré de nos élites politiques et parisiennes est à jeter par la fenêtre si on veut un peu mieux comprendre le monde qui nous entoure sans y rester et faire une dépression avant d’avoir compris. Et surtout, si on veut arrêter de se hurler dessus et rester soudés. Je dis ça je dis rien. Bon.
Par exemple, le gouvernement. De droite qui plus est. Les mecs SAVENT qu’ils coûtent cher et sont inutiles, puisqu’ils sont de droite et ils sont contre la régulation. Leur non existence est leur but assumé dans la vie. Bon. Mais les mecs CONTINUENT de se prendre au sérieux et d’inventer des trucs qui ne servent à rien, et la presse sérieuse CONTINUE de les interviewer, les yeux rêveurs, en se demandant comment c’est possible d’être aussi sérieux.
Alors que quand on est chômeur, on le SAIT qu’on est inutile et qu’on se moque du monde. C’est pas qu’on en soit fier, mais au moins, on est lucide.
Je veux dire, rigoler c’est pas forcément une obligation quand on a une vie de princesse dans un bureau au parquet stratifié et aux verres reluisant, mais quand on est dans la mouise, il faut rire et survivre sinon on n’y arrive pas.
Et je pense fermement pour qu’on peux déconner sans être méchant et rire ensemble comme dans une colo animée par des GO compétents, plutôt qu’en insultant tout le monde et en bâtissant des murs de mépris qui n’ont pas lieu d’être.
Genre, les Parisiens. Les gars, on se moque gentiment c'est pas parce qu’on vous aime pas, juste parce qu’on est désespérés, de voir la culture confisquée par des élites des beaux quartiers et des gens morts aux XVIIIe siècle.
On est tristes de vous voir vous féliciter entre vous, gens déjà respectables, d'accueillir des gens encore plus respectables, comme si Guillaume Canet et Friedrich Hegel avaient encore besoin de temps d’antenne pour se faire connaître. Les gars, j’ai rien contre eux, simplement je trouve dommage de laisser nos agriculteurs à Karine Lemarchand alors que elle, elle n'a rien fait de mal.
Les gars, ça pue la vache limousine et la marée basse chez nous, on est au courant. Mais on est très fiers d’être comme on est, et on ne veut pas de leçons.
Tout ça pour dire, que quand on raconte n’importe quoi et c’est mon cas, parce que chez moi ça sort tout seul, c’est pas simple de se faire envoyer bouler sous prétexte que tout le monde nous prend systématiquement au premier degré.
Dédicace à Rémi Gaillard, qui avait compris et qui a préféré se présenter quand même. Je ne suis pas spécialement emballée, mais il fait bien comme il veut, personnellement je défendrai le n’importe quoi jusqu’au bout, en tant qu’art et valeur de notre belle province odorante, et de résistance à tous ceux qui se prennent au sérieux et font n’importe quoi sans même être au courant.
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