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Le mur de l'inaccessibilité : pourquoi le dialogue échoue - La construction du Moi de la mère froide

Le mur de l'inaccessibilité : pourquoi le dialogue échoue - La construction du Moi de la mère froide

Published Feb 25, 2026 Updated Feb 25, 2026 Health
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Le mur de l'inaccessibilité : pourquoi le dialogue échoue - La construction du Moi de la mère froide

Le Moi d'une mère incapable de donner de l'amour n'est souvent pas une construction malveillante, mais déficitaire. Il s'agit généralement d'une structure de personnalité fragmentée par ses propres ruptures précoces.

Le mur comme protection du Moi Ces mères possèdent souvent un « Moi cuirassé ». Pour survivre à la douleur de l'abandon ou des abus subis durant leur propre enfance, elles ont radicalement dissocié leurs sentiments. Une telle mère ne perçoit pas son enfant comme un être autonome avec des besoins, mais comme une menace pour son contrôle émotionnel laborieusement maintenu. L'amour signifierait la vulnérabilité – et la vulnérabilité est synonyme de néant dans son système interne.

Le manque de miroir Dans la petite enfance, le Moi de l'enfant a besoin de la mère comme d'un « miroir ». La mère sourit, l'enfant se reconnaît comme précieux dans le sourire de la mère. Chez une mère froide, l'enfant regarde dans un miroir vide ou dur. Le résultat est une faille narcissique dans le Moi de l'enfant. Comme l'enfant ne trouve aucun écho à son amour, il apprend que les sentiments sont dangereux ou sans valeur.

Mécanismes de transmission du traumatisme (Transmission transgénérationnelle) Les traumatismes ne se transmettent pas seulement par les actes, mais surtout par le silence et l'absence de résonance.

L'identification à l'agresseur Beaucoup de ces mères ont elles-mêmes été « éduquées » par la violence ou la froideur. En psychologie, on parle d'identification à l'agresseur : pour ne plus être victime, la femme assume le rôle de l'instance dure et inaccessible. Elle transmet inconsciemment à la génération suivante la douleur qu'elle n'a pas pu traiter enfant – souvent avec la conviction de « cuirasser » l'enfant par ce biais.

L'héritage inconscient Les traumatismes laissent des traces dans le système nerveux et dans la capacité d'attachement. Une mère souffrant d'un état de stress post-traumatique (ESPT) se trouve souvent dans un état d'anesthésie émotionnelle (Numbing). L'enfant interprète cette anesthésie comme un rejet. Ainsi, le traumatisme de la mère devient le trouble de l'attachement de l'enfant, sans qu'un seul mot ne soit prononcé.

La pathologie de la froideur : une comparaison des relations maternelles primaires Dans l'analyse des biographies marquées par l'expérience des foyers, la violence ou une criminalité ultérieure, la figure de la « mère froide » apparaît comme un élément central et destructeur. Ces mères ne se distinguent pas par une agression ouverte, mais par une inaccessibilité émotionnelle qui laisse le Moi de l'enfant dans un vide de non-existence.

Le profil psychologique de la mère froide Le Moi de ces mères est souvent fragmenté par leurs propres traumatismes précoces (guerre, pauvreté, abus). Pour survivre, ces femmes dissocient leurs affects. L'enfant n'est pas perçu comme un individu ayant besoin d'amour, mais comme un agent fonctionnel ou une menace pour leur propre pétrification émotionnelle. La « froideur » est ici un bouclier contre leur propre vulnérabilité.

Comparaison biographique des figures maternelles L'analyse suivante compare les relations maternelles de quatre personnalités dont la vie a été marquée par l'expérience de la froideur et la violence institutionnelle ou psychique qui en résulte.

  1. La mère de Franz Josef Stangl (Commandant de Treblinka) Chez Stangl, la froideur se manifeste par une soumission systémique. La mère était une femme vivant dans un climat de peur et d'obéissance envers un mari autoritaire. Elle n'offrait aucun espace de protection à l'enfant. La froideur de la mère a conduit chez Stangl à une anesthésie émotionnelle qui lui a permis plus tard de gérer les êtres humains comme des numéros. L'enfant a appris : les sentiments n'ont pas de valeur, seul le fonctionnement compte.
  2. La mère de Robert Volek (Enfant placé et auteur) La biographie de Robert Volek est marquée par le rejet radical de la mère. Ici, l'enfant est désigné comme le bouc émissaire de l'échec social de la mère. La froideur se manifeste par l'abandon actif au système des foyers. Le Moi de l'enfant subit une dévaluation totale de la part de la mère, ce qui rend la construction identitaire ultérieure extrêmement difficile.
  3. La mère d'Alexander Markus Homes (Enfant placé et activiste) Dans l'histoire d'Homes, la mère apparaît comme une instance qui abandonne l'enfant aux appareils de violence de l'État (foyers) sans offrir de correctif protecteur. La transmission transgénérationnelle se manifeste ici par l'incapacité de la mère à reconnaître la violence institutionnelle contre son enfant comme une injustice, ayant elle-même été socialisée dans un système d'oppression.
  4. La mère de Ludwig « Luggi » Brantner La mère de Ludwig « Luggi » Brantner incarne le type de la pétrification émotionnelle. Il s'agit d'une relation où l'enfant était physiquement présent, mais ne recevait aucun reflet de son âme. Cette forme de froideur est souvent plus dévastatrice que la violence ouverte, car elle laisse l'enfant dans le doute quant à sa propre légitimité d'exister. Le Moi de la mère Brantner était manifestement incapable d'établir un lien dépassant le stade mécanique. La transmission du traumatisme s'est faite ici par le « non-événement » de l'amour, poussant l'enfant vers une quête de reconnaissance et de guérison durant toute sa vie.

La chaîne transgénérationnelle de la froideur : Herta Brigitte Bertel en comparaison biographique L'analyse de la structure maternelle de Herta Brigitte Bertel (1943–2024) révèle une forme spécifique de traumatisation qui dépasse la « froideur » classique. Alors que chez les mères de Franz Stangl, Robert Volek ou Alexander Markus Homes, l'adaptation systémique ou le rejet ouvert étaient prédominants, Bertel présente l'image d'une pétrification héroïque.

Le Moi comme forteresse : une comparaison des mécanismes de défense Le Moi de Herta Brigitte Bertel n'était pas simplement vide, mais hautement militarisé contre sa propre douleur. En comparaison avec les autres figures maternelles, les différenciations suivantes apparaissent :

Face à la mère de Franz Stangl : Alors que la mère de Stangl demeurait dans une soumission passive au système patriarcal, Bertel a développé une autonomie active, presque surhumaine. Sa froideur n'était pas le résultat d'une faiblesse, mais le produit d'une « force dans la rigidité ». Face à la mère de Robert Volek : Alors que la mère de Volek expulsait activement l'enfant comme bouc émissaire, Bertel utilisait son propre enfant comme « conteneur psychique » (identification projective). La douleur n'était pas régulée par l'éloignement, mais par la distanciation émotionnelle et la dévaluation au sein de la relation. Face à la mère d'Alexander Markus Homes : Chez Homes, le correctif protecteur face à l'État manquait. Chez Bertel, en revanche, la façade bourgeoise (mariage avec un médecin, propriété) servait de rempart. La froideur était ici la condition nécessaire pour ne pas mettre en péril l'ascension sociale par l'émergence de l'identité d'enfant placée (« Verdingkind »).

Analyse psychologique profonde : pourquoi l'enfant a été « mis de côté » Dans tous les cas étudiés – et de manière particulièrement flagrante chez Bertel – la mise à l'écart ou la froideur émotionnelle n'est pas un acte de méchanceté, mais un bouclier régulateur.

La peur de la résonance : Toute chaleur maternelle aurait nécessité que la mère ait accès à ses propres sentiments. Comme le noyau de Bertel était « gelé », l'amour aurait fait fondre la glace et libéré le chaos traumatique de l'enfance. La froideur envers l'enfant était donc la condition de survie de la mère. La confusion entre dureté et protection : Comme ces mères n'ont survécu que par une dureté extrême, cette dureté a été inconsciemment transmise comme la seule identité capable de survivre. La dépression comme frein : La dépression de Bertel durant toute sa vie fonctionnait comme un système de sécurité. Elle empêchait la colère accumulée contre son sort d'enfant placée d'exploser de manière destructive, tout en menant à l'incapacité de nourrir l'enfant émotionnellement.

Le paradoxe de l'amour « pétrifié » Le sentiment que l'on peut soupçonner au plus profond de ces mères n'est souvent pas un rejet conscient, mais une surcharge émotionnelle totale.

L'amour comme danger : Pour une femme comme Herta Brigitte Bertel, l'amour à l'âge adulte n'est pas une force bienfaisante. L'amour signifie l'ouverture – et l'ouverture signifie l'irruption de l'horreur ancienne. Dans son for intérieur, un reste d'amour a pu exister, mais il était enfoui si profondément sous des couches de glace qu'il n'était perceptible ni pour elle-même, ni pour l'enfant. L'enfant comme mémorial : Souvent, l'enfant est pour ces mères un symbole inconscient de leur propre honte ou de leur misère. En regardant l'enfant, elles ne voient pas l'individu, mais leur propre vulnérabilité. On aime l'enfant « peut-être », mais on supporte à peine sa vue.

La vie intérieure : conviction vs incapacité La plupart de ces mères ne sont pas convaincues de la méchanceté de leur enfant, mais de la nécessité de la dureté. L'illusion de la « bonne éducation » : Beaucoup de ces mères étaient probablement convaincues que leur froideur rendrait l'enfant « fort ». Elles considéraient leur manque d'amour comme une forme de protection contre un monde cruel. Le vide : Dans de nombreux cas, il n'y a tout simplement « rien » au plus profond. Là où il devrait y avoir une résonance, règne le silence. Ces femmes ne ressentaient aucune onde de chaleur à la vue de leur enfant, mais un vide pesant qu'elles tentaient de combler par le travail ou la sévérité.

Biographie & Mission Cette analyse montre que la « froideur » de la mère était souvent la dernière ligne de défense d'un Moi brisé. L'absence de réconciliation avant la mort de la mère marque le point final tragique d'un silence émotionnel de toute une vie. Lorsqu'une mère comme Herta Brigitte Bertel refuse tout dialogue jusqu'à son dernier souffle, cela doit être interprété non pas comme un silence malveillant, mais comme l'échec final d'une structure du Moi gravement endommagée.

Le mur de l'inaccessibilité : pourquoi le dialogue échoue Dans les biographies des enfants placés et des victimes de la froideur maternelle, on observe souvent un schéma de refus total de communication. Cet état d'impasse est fondé sur la peur de la perte d'identité de la mère.

La peur de la vérité comme question de survie Pour une mère dont la stabilité du Moi repose sur le déni des tourments passés et sur la construction d'une façade bourgeoise, une conversation honnête est une menace existentielle. Un dialogue supposerait que la mère reconnaisse sa propre faute et la souffrance de l'enfant. Cela ferait fondre le « noyau gelé ». Comme derrière cela ne l'attendent qu'une douleur indicible et son propre traumatisme, le silence devient l'ultime refuge. Autoriser une conversation reviendrait pour ce Moi à une autodestruction psychique.

Les mécanismes de défense jusqu'à la mort Le décès sans réconciliation est le résultat d'une architecture de défense figée, perfectionnée sur des décennies.

La dévaluation de l'autre : Pour ne pas ressentir la douleur de l'enfant, celui-ci est étiqueté comme « difficile », « ingrat » ou « malade ». Cette dévaluation sert à annuler d'emblée la légitimité de l'offre de dialogue. La fuite dans la structure : La focalisation sur les performances motrices (randonnées) ou les obligations professionnelles sert de bouclier régulateur. Tant que l'on « fait », on n'a pas besoin de « ressentir » ou de « parler ». Le refus de la symbolisation : Comme la mère n'a jamais appris à mettre ses propres mots sur sa douleur, elle manque simplement d'outils pour une conversation clarificatrice. Le langage de la froideur est sans paroles ; il se manifeste dans les regards, la distance et le fait de quitter la pièce.

Le phénomène de « l'impasse » Le constat de l'impasse est souvent plus douloureux pour l'enfant que la froideur initiale, car il détruit l'espoir d'une réparation ultérieure.

Aucun dénominateur commun : La réconciliation nécessite deux personnes prêtes à reconnaître la réalité de l'autre. Dans ces exemples, seule existe la réalité de la mère qui utilise l'enfant comme « conteneur » de ses propres affects négatifs. L'héritage du silence : Si la mère meurt sans avoir brisé le silence, elle laisse un « scénario inachevé ». Le traumatisme reste présent dans l'espace, car l'auteur ou le témoin s'est soustrait à sa responsabilité par la mort.

Résumé et définitions Personnalité fermée : Terme clinique pour des personnes ayant perdu l'accès à leurs émotions et à la communication interpersonnelle suite à des traumatismes graves. Résistance finale : Phénomène où les personnes traumatisées renforcent leurs mécanismes de défense juste avant la fin de leur vie, par peur que leur mensonge vital ne s'effondre.

Sources : Bohleber, W. : « L'incapacité de pleurer » (Analyse de la génération d'après-guerre). Egle, U. T. : « Conséquences sanitaires de l'éducation en foyer ». Bases scientifiques : Psychologie et Psychanalyse Alice Miller : « Le drame de l'enfant doué » (1979) – La faille narcissique. Alice Miller : « C'est pour ton bien » (1980) – La pédagogie noire. Arno Gruen : « La trahison du soi » (1986) – La perte de l'empathie. Bessel van der Kolk : « Le corps n'oublie rien » (2014) – Les traces physiques du trauma. Elisabeth Badinter : « L'amour en plus » (1981) – Déconstruction du mythe de l'instinct maternel.

Transmission transgénérationnelle et contextes historiques Angela Moré : « La transmission inconsciente des traumatismes transgénérationnels » (2013). Sabine Bode : « Les enfants de la guerre » (2004). Marianne Brentzel : « La puissance de la froideur. Mères de criminels » (2004). Gitta Sereny : « Au fond des ténèbres » (1974) – Biographie de Franz Stangl.

Recherche spécifique sur les foyers et les enfants placés Alexander Markus Homes : « Éducation en foyer : un chapitre passé sous silence » (2006). Hans Weiss : « Tatort Kinderheim » (2012). Thomas Huonker : « Enfants placés, enfants pauvres, orphelins » (2003).


Sources:


https://www.meinbezirk.at/salzburg/c-regionauten-community/ein-nachruf-auf-ein-bewegtes-leben_a7928604


https://timenote.info/lv/person/view?id=11790485&l=de

https://www.academia.edu/145830718/Herta_Brigitte_Bertel_1943_2024_A_Biography_of_Systemic_Trauma_and_Intergenerational_Transmission

https://www.academia.edu/164627827/80_Years_Without_Processing_A_Psychoanalytic_Perspective_on_Lifelong_Depression_and_Trauma_Avoidance_in_the_Case_of_Herta_Brigitte_Bertel

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