Assumer ses enfants
Assumer ses enfants
Quand on veut des enfants on les assume. La magie de l’Internet fait ressortir régulièrement ce commentaire lapidaire sous chaque article parlant de la parentalité, à plus forte raison quand la parentalité évoquée à des cernes sous les yeux et l’impression latente d’être une « to do list » permanente. C’est le cas pour beaucoup d’entre nous et quand enfin après avoir déposé mes enfants à l’école, je m’installe à mon poste de travail, il s’est écoulé presque deux heures à écluser les taches du quotidien, tandis que face à moi j’essaye d’occulter le fatras de linge qui attend d’être plié, la nouvelle machine en train de tourner, les résidus des affaires du week-end pas encore rangées et le voisin du dessous bien décidé à attaquer son parquet à la meuleuse. Impression de trop plein.
Alors oui, on assume. On fait, on agit. On n’arrête pas même et on espère qu’avant d’aller chercher les enfants on aura eu le temps de faire deux lessives de plus, le repas du soir, le tout en travaillant. Et malgré tout cela, toutes les taches assumées, on se sent jugé. Jugés par une cohorte de psycho quelque chose passéistes qui nous expliquent combien nous sommes laxistes et combien les enfants sont devenus insupportables. Jugés par une meute de commentateurs formatés à ne pas supporter la moindre présence d’un bruit d’enfants qui forcément, seraient mal éduqués. Jugés dans les supermarchés quand obligés d’y mettre les pieds avec enfants on se retrouve à gérer une situation de crise. Jugés et présumés coupables, adulescents presque incapables, jugés par des générations qui nous ont élevés à la claque et devant la télé.
Il a été constaté que l’indignation, la frustration sont les plus forts moteurs de la consommation, qu’il s’agisse d’une consommation physique ou de contenu. Les réseaux sociaux nous ont habitués à scroller à l’infini sur des commentaires exaspérés, condamnant à longueur de caractères les prétendus fabricants d’enfants roi. Les commentateurs s’indignent entre eux, se font écho et se forgent la conviction certaine que nous sommes une génération de parents incapables. Ces fameux parents incapables qui font bien ce qu’ils peuvent, jonglent parfois entre deux, trois, ou plus de boulots, en sachant bien qu’ils n’auront jamais les mêmes conditions de vie de leurs parents et surtout assument leur parentalité.
Aujourd’hui, ils ont cessé de se taire.
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