Pour vivre heureux, vivons.
Pour vivre heureux, vivons.
Le soleil se levait non pas sur des toits d'ardoise et d'acier, mais sur le toit végétal de leur petite maison de terre crue. C'était un cube discret, niché à l’orée d’une forêt de châtaigniers, loin du « monde d’avant » qu’Alix appelait par dérision « le Monstre de Consommation ».
Ici, chaque chose avait un coût, mais non monétaire. Le coût d’une heure de travail manuel, le coût d’une année de patience.
Alix avait trente-cinq ans et se souvenait parfaitement de l'époque où elle était l'associée junior d'un cabinet d'audit à Paris. Ses placards regorgeaient de vêtements qu'elle ne portait qu'une fois. Son frigo débordait de plats exotiques. Elle possédait tout, et pourtant, elle passait ses soirées le ventre serré, guettant le prochain e-mail, la prochaine promotion, la prochaine acquisition. Elle avait une richesse monétaire, mais une pauvreté de temps et d’esprit.
Il y a cinq ans, elle avait tout vendu. Le mot de passe de son compte en banque était désormais obsolète. Le seul mot d’ordre qu’elle connaissait était simple, hérité d’une vieille sagesse populaire : « Pour vivre heureux, vivons. »
Aujourd’hui, sa vie tenait dans une vingtaine de mètres carrés et une parcelle de jardin qu’elle partageait avec Léo, son compagnon, un ancien architecte reconverti dans la permaculture.
Le luxe, pour Alix, n’était plus le prix d’un objet, mais sa qualité intrinsèque.
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