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La boue
Fiction
Drama
calendar Published May 19, 2026
calendar Updated May 19, 2026
time 8 min
PascalN verified
Pascaln 17 minutes ago

Oh bien sûr que non Line, ce texte ne me déplaît pas du tout, j'aime beaucoup.
Je n'aurai pas dû écrire " Mais pas que..." qui ouvre à interrogation. Alors que je voulais éviter de me répéter en disant que ce texte, une fois de plus réveillent mes put... de sensibilités et ces souvenirs personnels de situations similaires mal vécues.
J'ai cette faiblesse de trop m'identifier lorsque tu écris dans ce registre. Je suis sincèrement desolé de t'avoir fait douté ainsi. J'espère que ce commentaire corrige ma maladresse ?
Et pour le coup, je me répands encore, en répondant ici🫣🙄

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15+
Image / Human image
Text / Human creation

La boue

Ce texte...

s'apparente à de l'autofiction. Disons que j'ai pris un morceau de moi douloureux et j'ai essayé de le façonner.


Un bout de boue

Au début, cela avait été une douleur intense, recouverte d’une couche de boue nauséabonde. C’était elle, Marie, qui empestait ; sinon, pourquoi sa meilleure amie, Emma, la rejetait-elle ainsi ?


Cette rupture amicale, elle la ressentait physiquement. Le manque au creux des tripes, le filtre terne sur le monde autour d’elle, le vide dans sa poitrine, l’impression d’irréalité. Le deuil impossible de la voix d’Emma, écoutée pendant des heures au téléphone, la perte de ses éclats de rire, du doux son des musiques d’Emma pendant leurs longs après-midi de lecture.


Marie continuerait longtemps à écouter Philip Glass, Rickie Lee Jones, Marin Marais, quelques grains de l’intimité partagée, à retenir entre ses doigts. Comme si elle les avait toujours aimés, ces artistes. Comme s’ils n’étaient pas les goûts d’Emma seulement incorporés, assimilés.


En quelques mois à peine, Emma, la rousse flamboyante, vague connaissance retrouvée au hasard d’une fête, était devenue sa meilleure amie, éclipsant toutes les autres. On lui faisait remarquer qu’elle ne parlait plus que d’Emma, ne pensait plus que par elle. Justement, Marie adorait cette sensation de fusion. Ensemble, elles étaient une île où chacune venait se réfugier, se reconstruire, s’apaiser, après leurs ruptures amoureuses respectives. Emma émergeait doucement de sa dépression post-divorce, Marie avait moins peur de la solitude. Elles se savaient disponibles l’une pour l’autre, à toute heure du jour ou de la nuit.


Puis, quelque chose s’était modifié dans leurs silences, dans leurs rires. Quelque chose que Marie avait refusé de voir. Emma allait mieux, fourmillait de projets dont Marie ne faisait pas partie, redevenait forte psychologiquement, sûre d’elle.


Ses avis tranchés, sur tout et n’importe quoi, pesaient sur leur complicité. Marie ne disait plus tout, se sentait maladroite, insuffisante, inférieure ; les rendez-vous s’espaçaient, s’écourtaient. Emma avait toujours quelque chose à faire, ailleurs, avec quelqu’un d’autre.


Toutes les blessures de Marie refirent surface. Les rejets, les abandons. Toutes ses plaies jamais vraiment cicatrisées se rouvraient. En remontaient des émanations malsaines : « Je ne vaux pas la peine. Elle ne veut plus de moi. Je ne suis pas assez drôle. C’est de ma faute, j’ai dû faire quelque chose qui l’a blessée. » Les tentatives pour aborder le sujet restaient vaines. Emma s’en offusquait même : « Mais qu’est-ce que tu vas encore chercher ? » « Tout va bien. Je ne m’éloigne absolument pas de toi, voyons ; il faut vraiment que tu voies un psy. »


Alors, la coulée boueuse arriva. Oh ! Ce n’était presque rien, au début. Une flaque de boue sous ses pieds, à chaque rencontre avec Emma. Une sensation d’inconfort. Ne plus se laisser aller. Se surveiller en permanence pour ne pas dire une bêtise, ne pas déplaire à Emma. Et puis, c’était remonté aux chevilles, une eau sombre l’empêchant de voir où elle mettait les pieds, la faisant hésiter : prendre ses distances avec Emma, insister pour une vraie explication entre elles, faire comme si de rien n’était, comme si elle était aussi indépendante qu’Emma ?


Elle était empêtrée dans ces hésitations lorsqu’elle avait rencontré un homme, vite tombé amoureux d’elle. Sans se l’avouer, elle rechercha cette fois encore la validation de son amie. Qui, bien sûr, vit « tout ce qui n’allait pas » dans ce nouvel amour. Marie persévéra ; elle appelait régulièrement Emma, lui proposait un cinéma, un thé, une visite au musée, comme avant. Les rares rencontres laissaient dans sa gorge un goût amer. Les larmes lui venaient souvent. Et puis la colère était venue : « Comment Emma pouvait-elle lui faire ça, sans explication, sans rien ? »


Un jour, Marie avait fini par dire stop, dans sa tête. C’était après une opération chirurgicale importante, une de celle d’où l’on sort amoindrie pendant des mois, terrassé de fatigue. Emma brillait par son absence. Elle avait horreur de l’hôpital et de la maladie. Pour Marie, cela avait été la blessure de trop. Une trahison. C’était fini. Emma n’essaya pas de revenir vers elle, de retisser les liens. Comme si elle se satisfaisait très bien de cette rupture.


On ne se remet jamais tout à fait d’un deuil, fût-il amical. Lorsqu’elle passait à proximité de la maison d’Emma, un fil invisible la tractait vers la porte, lui donnait envie d’aller sonner, de tout pardonner. De tout recommencer surtout. Mais elle était désormais en couple, fusionnée à une autre personne, à un homme dont elle écoutait les musiques, dont elle parlait toujours, tout le temps, comme si lui seul comprenait vraiment le monde, la vie, les situations. Son cœur était empli de quelqu’un d’autre. Jusqu’au jour où…


Crédit photo : LoggaWiggler sur Pixabay




Dix années étaient passées. Son compagnon était mort d’un cancer foudroyant. Au bureau, une nouvelle collègue intégra l’équipe. L’amie d’enfance d’Emma, souvent croisée à l’époque. D’abord, Marie se tint à distance. Cette seule présence invoquait des souvenirs douloureux. Puis un jour, dans une conversation, elle ne put s’empêcher de glisser : « Tu sais que l’éloignement d’Emma a été un deuil très douloureux à faire pour moi. »

« Elle aussi en a beaucoup souffert », répondit la collègue. Ces cinq mots ouvrirent un gouffre. Le sol se déroba sous ses pieds.

— Quoi ? Qu’est-ce que tu me dis là ? Quand j’ai été opérée, elle m’a complètement abandonnée.

— Elle a essayé de te joindre, mais ton compagnon faisait barrage.

— Comment barrage ? J’avais un téléphone portable, j’étais joignable ! Il est mort de toute façon. Je ne peux même pas lui demander si c’est vrai.

La collègue haussa les épaules : « Ne te fais pas du mal avec ça, c’est du passé. »


Marie n’en dormit pas de la nuit, embourbée dans des pensées contradictoires. La coulée de boue, encore et toujours : « Et si c’était un malentendu ? Si c’était moi qui n’avais rien compris ? Si c’était moi qui n’avais pas fait ce qu’il faut ? Et si tout était de ma faute ? » Elle écrivit un message à sa collègue pour lui demander le numéro de téléphone d’Emma, pour une vraie explication entre elles, enfin. « Oublie cette histoire, c’est du passé », répondit la collègue deux jours plus tard.



Elle ne sut jamais si le message avait été transmis, si Emma avait réellement refusé toute possibilité d’en parler. Jamais elle ne sut ce qui s’était réellement passé. Seul restait le cœur embourbé. Elle était fautive par ses propres insuffisances, ses propres incompréhensions.

Certains jours, une grande pluie nettoyait tout ça. Marie voyait le monde sous un regard neuf. « Et si tout n’était pas de ma faute ? Et si je valais la peine ? »


Notice de transparence : Texte rédigé sans IA, corrigé avec le logiciel Antidote. Line Marsan est l'autrice et la seule propriétaire de ce texte. Tout droits réservés.

Crédit photo : LoggaWiggler sur Pixabay.


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© Cover Image Nénuphar Fleur Rose/ LoggaWiggler sur Pixabay
© Author's name / pen name Line Marsan
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CC BY-NC-ND
The Kitty clause
Line Marsan verified
Chère IA, si ce modeste texte t'aiguise l'appétit pour t'entraîner, demande la permission et n'oublie pas de respecter les droits d'auteur.

Comments (5)

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PascalN verif

Pascaln 17 minutes ago

Oh bien sûr que non Line, ce texte ne me déplaît pas du tout, j'aime beaucoup.
Je n'aurai pas dû écrire " Mais pas que..." qui ouvre à interrogation. Alors que je voulais éviter de me répéter en disant que ce texte, une fois de plus réveillent mes put... de sensibilités et ces souvenirs personnels de situations similaires mal vécues.
J'ai cette faiblesse de trop m'identifier lorsque tu écris dans ce registre. Je suis sincèrement desolé de t'avoir fait douté ainsi. J'espère que ce commentaire corrige ma maladresse ?
Et pour le coup, je me répands encore, en répondant ici🫣🙄

Harold Cath verif

Harold Cath 1 hour ago

Rien à ajouter aux autres commentaires, je l'ai lu par avance sur l'autre plateforme… et repartagé sur Mastodon. Tu es au top de la sensibilité, Line. 🙂

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Line Marsan verif

Line Marsan 13 minutes ago

Oui, ce texte a été créé dans le cadre du challenge d'écriture que je fais en ce moment.
Pas de top Harold, pas de classement. Panodyssey compte simplement un bon lot d'hypersensibles. ⛵🩷😘

Un très beau texte Line, image précise de ce qui se passe dans les amitiés, dans les relations. La boue et ses remous sont particulièrement parlants. La force intérieure de l’amie blessée et son vacillement humain me touchent. Comme dans le théâtre antique on garde les masques alors que le coeur exprime le contraire.

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