🪞 Les reliques du miroir ancien. (#Pantober2026. 2)

🪞 Les reliques du miroir ancien 🪞
Il était une fois, à l’époque du Far West, un homme d’une trentaine d’années nommé Watson Oliver.
Un jour, il reçut un mystérieux cadeau. Il ne savait pas qui le lui avait envoyé. Le paquet était enveloppé dans un tissu beige, retenu par une simple ficelle. Intrigué, Watson tira sur le nœud et ouvrit le paquet.
Il resta ébahi.
Un magnifique miroir ancien.
Le cadre était abîmé, et le miroir lui-même était fissuré par endroits. Cela ne semblait pas empêcher son utilisation. Watson l’accrocha au mur. Il se plaça devant, observa son reflet dans sa tenue de cowboy, puis se mit à danser. Il fit quelques tours avec son chapeau, joua avec son revolver et éclata de rire.
« C’est bien la première fois que je me vois danser ! Superbe ! Si seulement je pouvais être aussi doué pour les tirs ! »
À cet instant, un grondement retentit. L’orage éclata. La pluie se mit à tomber violemment.
Puis…
BOUM !
Un éclair frappa le miroir.
Watson resta figé. Un bruit étrange résonna dans la pièce. Il s’approcha lentement, complètement ébahi par ce qu’il venait de voir.
Les jours passèrent. Et quelque chose d’étrange se produisit. Watson devint soudain excellent au tir. Au moindre face-à-face, il semblait savoir exactement où viser. Ses adversaires n’avaient aucune chance.
Peu à peu, il comprit. Ce n’était pas lui qui était devenu meilleur. C’était le miroir qui lui montrait comment faire.
À chaque victoire, Watson embrassait le miroir pour le remercier. Mais un jour, il gagna un nouveau duel. Pris par l’euphorie, il oublia de l’embrasser.
Le soir venu, l’orage gronda de nouveau. La foudre frappa le miroir.
Et cette fois…
Watson disparut.
Il se retrouva prisonnier à l’intérieur de la glace. Depuis ce jour, son reflet apparaît encore dans le miroir, figé avec son chapeau de cowboy, comme un souvenir qui n’aurait jamais quitté les lieux.
Le propriétaire du miroir décida alors de l’offrir à son fils. Mais le fils ne voulut jamais ouvrir le cadeau. Le miroir ne l’intéressait pas. Il le rangea dans la grange.
Les années passèrent. Puis les générations. Le miroir fut transmis de famille en famille, toujours enveloppé dans son vieux tissu beige, sans que personne ne prenne vraiment le temps de l’ouvrir.
Jusqu’au jour où, dans les années 1920, un descendant nommé Alexander le retrouva.
C’était un homme élégant, toujours vêtu d’un costume impeccable et coiffé d’un chapeau melon. Un soir, après une soirée bien arrosée entre amis et une importante somme d’argent perdue au jeu, il rentra chez lui complètement dépité.
En entrant dans sa chambre, il aperçut un paquet posé sur son lit. Il fronça les sourcils.
« Qu’est-ce que c’est encore que ça ? Comme si je n’avais pas assez de soucis ! »
Il se déshabilla, s’allongea sur le lit et regarda le paquet. Après quelques secondes d’hésitation, il décida de l’ouvrir. Lorsqu’il découvrit le miroir, il éclata de rire.
« Sérieusement ? Un miroir ? Franchement, c’est une femme qu’il m’aurait fallu, pas ça ! Je suis sûr qu’il ne vaut rien… Personne n’en voudra. »
Épuisé, il posa le miroir près de lui et s’endormit.
Au petit matin, il ouvrit les yeux.
Et là…
Le miroir avait disparu.
À sa place se tenait une femme. Alexander se redressa brusquement.
« Mais… qu’est-ce qui se passe ? Où est le miroir ? Et comment êtes-vous entrée ici ? »
Elle lui sourit. D’une voix douce, elle répondit simplement :
« Chut… chéri. Ne dis plus un mot. »
Cette nuit-là changea toute sa vie.
Ils vécurent ensemble de nombreuses années. Jusqu’au jour où Alexander tomba gravement malade. Lorsqu’il rendit son dernier souffle, elle s’approcha, prit doucement son chapeau melon et murmura :
« Tout est fini… Je garderai ton chapeau en souvenir de mon cher Alexander. »
Un violent orage éclata. La foudre illumina la chambre. Puis tout redevint silencieux.
Lorsque le neveu d’Alexander entra dans la pièce, la femme avait disparu. Le miroir était là, posé sur le lit, comme s’il n’avait jamais bougé.
Intrigué, le neveu s’approcha. Il regarda son reflet… puis aperçut quelque chose d’étrange. Dans le miroir, un homme se tenait de dos. Il portait un chapeau melon.
« Étrange… »
Le neveu enveloppa soigneusement le miroir et le rangea dans un petit cagibi.
Le temps passa.
Des années plus tard, le miroir arriva entre les mains de Karelle.
Elle avait quarante ans. Belle, élégante, elle portait un haut blanc et une jupe rose à pois, des lunettes à monture blanche sur fond rose, et des talons blancs. Ses cheveux bruns étaient relevés en chignon banane, façon rock’n’roll, retenus par un bandana rouge. Ses lèvres pulpeuses étaient peintes d’un rouge vif.
Elle rêvait d’être une excellente cuisinière, de faire tomber les hommes à ses pieds, et que celui qui resterait soit celui qui aimerait sa cuisine. Mais voilà : sa cuisine était petite, et pas très chic. Elle la voulait kitsch, version campagne anglaise, dans des tons jaune, blanc et vert.
« Comment vais-je faire ? » se demandait-elle.
Elle n’avait pas la réponse.
Quelqu’un sonna à la porte.
« Tiens, qui peut bien sonner à cette heure-là ? »
Elle posa le torchon sur le dossier de la chaise et alla ouvrir. Personne, ni d’un côté ni de l’autre. Elle baissa les yeux et vit un paquet enveloppé.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Elle le prit, l’ouvrit, et découvrit un vieux miroir. Elle ne comprit pas pourquoi l’inconnu n’avait pas souhaité le garder. Elle lui trouva une petite place dans la cuisine, puis reprit à voix haute les plans qu’elle souhaitait pour la pièce.
Le miroir avait entendu.
Une fois les lumières éteintes, un grand vacarme retentit. Karelle sursauta dans son lit, descendit et alluma. En voyant l’état de la cuisine, elle faillit avoir une crise cardiaque.
Flambant neuve.
« Waouh ! Mais qui a bien pu faire ça en une vitesse éclair ? »
Elle riait et pleurait à la fois.
« Maintenant, il ne me reste plus qu’à me mettre aux fourneaux, et à trouver l’homme qui restera à mes côtés. »
Elle se frotta les mains. Elle décida d’inviter Carl. Elle en rêvait depuis longtemps. C’était le bon moment.
Les jours passèrent. Elle mit son plan à exécution. Le jour venu, elle enfila sa plus belle robe jaune, ses talons verts, et invita Carl. Ébahi par la cuisine et par les plats, il fut conquis. Il la demanda en mariage, une bague cachée dans un soufflé aux lardons.
Trois enfants plus tard, Karelle était devenue madame Ladyford. Elle était aux anges.
Un soir, devant le miroir, elle dit en souriant :
« Je ne sais pas qui m’a offert ce merveilleux cadeau… mais je ne le remercierai jamais assez. »
Puis elle regarda sa cuisine.
« Enfin… il y a quand même quelques petites choses que je changerais. Cette couleur-là ne me plaît plus vraiment… et ces placards auraient pu être mieux faits. »
Le miroir resta silencieux.
Le lendemain, Karelle recommença. Elle critiqua les placards. Puis le four. Puis les couleurs. Puis même les plats qu’elle préparait.
Cette nuit-là, alors qu’elle se regardait une dernière fois dans le miroir, quelque chose changea. Son reflet lui sourit. Mais Karelle, elle, ne souriait pas.
« Pourquoi mon reflet fait-il ça ? »
Elle s’approcha. Une main apparut de l’autre côté de la glace. Elle recula.
Trop tard.
Le miroir l’absorba. Elle disparut sans laisser la moindre trace.
Son mari et ses enfants la cherchèrent partout. Personne ne remarqua la silhouette de Karelle, désormais prisonnière du miroir, debout derrière le reflet.
Lorsque la maison fut vendue, le miroir fut recouvert d’une couverture. Et personne ne sut jamais ce qu’il était devenu.
La maison changea de propriétaire. Une nouvelle famille s’y installa : un couple, et deux adolescents jumeaux, Jules et Julia.
Dès leur arrivée, ils découvrirent les vieilles pièces. Un jour, Jules, plus curieux que sa sœur, remarqua un grand miroir recouvert d’une vieille toile. Intrigué, il tira dessus. La poussière s’envola.
Il resta silencieux.
Trois silhouettes se tenaient dans le miroir.
« Mais… comment ça se fait qu’ils aient tous des positions différentes ? »
Il s’approcha. Les silhouettes semblaient immobiles… puis l’une d’elles bougea légèrement. Il recula.
« C’est étrange… »
Il décrocha le miroir pour mieux l’observer.
« Si seulement je pouvais voir leurs visages… »
Il passa la main sur la surface froide. Les silhouettes bougèrent encore. Cette fois, Jules en était certain : elles étaient vivantes.
Il prit une photo du miroir, pour faire quelques recherches.
À cet instant, un fracas sourd retentit.
Boum !
Le miroir venait de tomber. Jules accourut. Étrangement, il ne s’était pas brisé. Mais quelque chose avait changé. Les trois silhouettes s’étaient rapprochées. Elles semblaient essayer de lui parler.
Jules colla son visage contre la glace. Il n’entendait rien. Puis il remarqua un détail : la lumière du soleil traversait la fenêtre et venait se refléter directement sur le miroir.
Il réfléchit. Il prit le miroir et le plaça sur la table, en plein soleil.
Quelques secondes passèrent.
Puis…
Une étrange fumée commença à s’échapper du miroir. Jules sortit quelques instants.
Et soudain, Alexander sortit complètement du miroir, lui que l’on avait cru mort depuis des années.
Il regarda autour de lui, respira profondément et s’écria :
« Ah ! Enfin ! Ce n’est pas trop tôt ! Je commençais à croire que ce Jules allait échouer ! Brillant, ce garçon… brillant ! Mais où est-il, d’ailleurs ? »
Oliver sortit à son tour. Il regarda Alexander avec étonnement.
« Comment ça se fait que tu sois sorti le premier ? »
Alexander haussa les épaules.
« Qu’est-ce que j’en sais, moi ! »
Puis il leva les yeux.
« Ah… ça fait du bien de revoir enfin le soleil ! »
Une troisième silhouette apparut. Karelle sortit à son tour. Elle regarda les deux hommes et soupira :
« Ah, sans blague ! Je n’y crois pas ! Me voilà aspirée dans ce miroir, obligée de rester avec deux hommes au caractère bien trempé ! Ravie de ne plus avoir à supporter vos jérémiades à longueur de journée ! »
Oliver et Alexander se regardèrent. Puis Oliver sourit.
« Et nous, une belle et jolie femme qui nous reluquait ! »
Alexander acquiesça.
« Je suppose que tu voudras retrouver tes enfants ? »
Jules s’approcha. Il s’adressa à Karelle.
« J’ai une bonne nouvelle. Ton fils est encore vivant. Il est très âgé maintenant, mais je pense que tu pourras au moins le voir. De loin, malheureusement… Il ne comprendrait probablement pas ce qui se passe. »
Karelle porta une main à sa bouche.
Les trois anciens prisonniers regardèrent Jules. Puis, dans un même élan, ils crièrent :
« Jules ! »
Ils se jetèrent dans ses bras. Jules éclata de rire.
Pour la première fois depuis des générations, les prisonniers du miroir étaient libres.
Mais Jules se retourna vers le miroir.
« Il reste une dernière chose à faire. »
Alexander fronça les sourcils.
« Quoi donc ? »
« Détruire le miroir. »
Oliver regarda l’objet.
« Oui… mais comment ? »
Jules sourit.
« Regardez bien. »
Tous les quatre fixèrent le miroir.
Soudain…
Une flamme jaillit de la glace. Le miroir se mit à trembler. Les quatre reculèrent. Il bougea dans tous les sens, se souleva légèrement, puis une lumière éclatante l’envahit.
BOUM !
Dans un dernier éclair, le miroir disparut.
Les trois anciens prisonniers poussèrent un cri de joie.
« On est libres ! Libres pour toujours ! »
Karelle sourit.
« Oui ! Il n’y aura plus jamais de nouveau prisonnier ! »
Oliver regarda Jules.
« Grâce à toi, Jules. »
Alexander posa une main sur son épaule.
« Et maintenant, à nous de rattraper tout ce temps perdu. On compte sur toi ! »
Jules sourit.
« Avec grand plaisir ! Mais je vous préviens : il faudra changer vos tenues pour quelque chose de plus au goût du jour. Et je vous ai préparé un petit coin, rien que pour vous. Mais chut… j’ai trouvé un bon plan pour que ma famille vous accepte. »
Karelle éclata de rire.
« Ah, mais c’est super, ça ! »
Elle embrassa Jules.
« Tu es un brave et chic type ! »
Alexander sourit à son tour.
« Vraiment, je sens qu’on va bien s’entendre. »
Oliver hocha la tête.
Tous trois regardèrent Jules avec reconnaissance.
Et pour la première fois depuis des générations…
Le miroir n’était plus qu’un souvenir.
Certaines reliques gardent des souvenirs. D’autres gardent des secrets. Mais les plus mystérieuses… gardent parfois des vies entières.🪞
Fin
| Barbara Wonder 02/09/2026 | Grok et Canva |
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Mes textes sont issus de mon petit cerveau créatif et certains sont purement fictifs.
Merci de ne pas copier, reprendre ou publier mes textes sans mon autorisation. 💛
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