Vendredi 10 avril 2026
Portée par un élan inattendu, j’ai passé des jours entiers à poursuivre un rêve si lointain que je le croyais éteint. J’ai mobilisé toute l’énergie dont je disposais, mis en place un plan d’action, dormi peu et rêvé beaucoup. Pour la première fois depuis bien longtemps, une envie profonde s’était logée dans mon corps, si tenace que je me suis autorisée à la verbaliser pour que chacun, autour de moi, puisse prendre la mesure de l’importance qu’elle avait pour moi. Et puis le dénouement a surgi, une grande gerbe d’eau glacée jetée sans ménagement sur la petite flamme tapie dans mon ventre, et j’ai songé que j’avais eu tort de me laisser aller à espérer ainsi. Pendant quelques heures, j’ai regretté le temps où ma surface était si lisse que rien ne pouvait s’y accrocher, ni joie, ni chagrin, ni espoir, ni déception, un temps dépourvu d’élan, d’attentes et d’émotions. J’étais vide, alors, coupée du monde par une épaisse couche de coton qui absorbait presque tout ce qui menaçait de m’atteindre, confinée en moi-même. Soudain la ouate a disparu et mon sang circule à nouveau, mes muscles ankylosés se réveillent peu à peu et tandis que mes terminaisons nerveuses retrouvent leurs fonctions, le premier message qu’elles transmettent est celui de la douleur. L’hibernation a été longue et le temps est flou, si bien que je ne suis pas certaine que la souffrance ressentie soit celle d’aujourd’hui, elle pourrait tout aussi bien être appartenir à un passé dont elle témoignerait de manière différée, à une époque révolue où même les larmes m’échappaient. Ma lumière est encore timide mais elle est bien vivante, je réapprends à pleurer, à rire, à espérer aussi, à me laisser bousculer par le flot de la vie.
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