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Cette façon bien à elle...
Fiction
Drama
calendar Veröffentlicht am 26, Apr., 2026
calendar Aktualisiert am 26, Apr., 2026
time 17 min
LaPil'à'folie verified
Lapil'à'folie vor 44 Minuten

Une nouvelle qui nous met en haleine du début à la fin. J'en espérerais même une suite. Je crois avoir entendu le claquement de la cuillère sur la tasse tant je me suis laissé emporter durant toute la lecture.
Je l'ai vu passer dans le fil d'actualité, je l'attendais...et voilà. Merci et bravo.

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18+
Image / Image co-created with AI
Text / Human creation

Cette façon bien à elle...

— Avertissement :


Certains dialogues ou propos dans cette nouvelle peuvent heurter les esprits sensibles de par leur caractère d'ordre érotique ou sexuel.

La notice de transaprence accompagnant ce texte avertit qu'il est destiné à des publics de 18 ans et plus.



Cette façon bien à elle…



Il est de ces évidences qui naissent et grandissent dans l’inconscient.

Jusqu’à ce que le conscient croit choisir et décider.


— Et bah dis donc mon Willy, t’as un sacré ticket avec Sonia !


William sortait de la douche, la serviette autour de la taille dans les vestiaires de la salle de fitness. L’air étonné, il regarda son pote Alex. Ils étaient seuls dans le vestiaire.


— C’est à moi que tu parles ?


— Non à la voisine du 3ème, bien sûr ! Arrête un peu, ne me dis pas que t’as rien vu. Si elle osait, elle te boufferait tout cru sur place, crois-moi.


— Non, je n’ai rien vu. Et même si tu as raison, je t’ai déjà expliqué des tonnes de fois que je n’étais pas là de me rembarquer avec une nana.


— OK, OK, mais quand même, juste un ti coup vite flash pour l’hygiène, ça n’a jamais fait de mal à personne, mon pote !


— Laisse tomber, tu veux ! Tu ne peux pas comprendre de toute façon.


— Bon, vas-y. Fais comme tu veux, après tout. Mais si c’était moi…

— On va boire une petite mousse avant de rentrer ?


— Non pas ce soir, désolé, je suis mort. Répondit William.

Ils se quittèrent sur le trottoir devant la salle de sport.


— Allez bonne soirée et pense quand même à Sonia, hein…


William le salua sans ajouter un mot.

Il rentra tranquillement chez lui à pied en traversant les allées bordées de platanes du parc.



Avant de s’endormir, il repensa à Alex dans le vestiaire. Au fond de lui, il savait très bien que son pote avait raison. À bientôt quarante-cinq ans, il n’était plus un lapin de six semaines.

Il avait très bien remarqué la façon dont Sonia, la prof de fitness, se collait particulièrement à lui, n’hésitant pas à lui faire profiter de sa volumineuse poitrine, sous prétexte de l’aider à rectifier sa posture corporelle pour exécuter correctement un exercice.

Ni la voix chaude et langoureuse avec laquelle elle accompagnait le geste.

Le genre de femme qui prend doucement le contrôle en entrant dans une pièce.

Une petite quarantaine, juste entamée. Une silhouette sculptée à souhait. Et cette manière de jouer de sa plastique avec aisance et conscience.

Brune aux yeux verts profonds, elle portait en elle quelque chose des rivages méditerranéens. Ça passait dans son regard et surtout dans cette voix… Chaude, enveloppante, légèrement chantante avec ce souffle d’Italie, qui, sans effort, s’attarde dans l’air.

Elle n’en faisait jamais trop. Juste assez.

Avec William, elle ne séduisait pas vraiment. Elle suggérait.


Ce n’était pas qu’il ne la trouvait pas désirable, bien au contraire.

Il aurait fallu être eunuque pour rester de marbre face à cette diablesse incarnée.

Mais il s’était promis en revenant ici, dans son Sud natal, pour se reconstruire, de ne plus s’abandonner aux charmes féminins.

Il avait déjà donné et payé le prix fort avant.



Sa nuit fut agitée et peu reposante.

Comme une nuit passée à bord d’un bateau qui traverse l’océan atlantique déchaîné. En priant, sans croire en Dieu, d’en sortir vivant.

Et sans savoir si le cœur est à la place de l’estomac ou inversement.


Tout lui revenait. Absolument tout.



Le surlendemain, William termina sa tournée de livraisons plus tôt que prévu.

Il se rendit à la salle de fitness presque une demi-heure avant l’heure habituelle.

La salle était éclairée, il entra. Personne n’était encore arrivé, sauf Sonia.

Son casque sur les oreilles, elle ne l’entendit pas.

Il resta scotché à l’entrée du coin bar de la salle. Il ne savait pas ce qu’elle écoutait, mais son corps divinement moulé dans un leggins mauve et un petit débardeur noir à bretelle s’offrait à lui dans une danse des plus sensuelles.

William ne put réfréner quelques pensées gourmandes. Comme un gamin devant sa pâtisserie préférée.

Au bout de quelques minutes, Sonia poussa un cri et s’arrêta net en le voyant debout là. Puis, elle ôta son casque en lui adressant un large sourire de soulagement, les deux mains sur la poitrine.


— William, c’est toi ! Tu m’as fait peur. Tu es en avance ce soir.


Il n’eut pas le temps de répondre qu’elle était déjà à le prendre dans ses bras pour l’accueillir plus que cordialement. William sentit son pouls s’accélérer comme il ne l’avait plus senti depuis longtemps.

Non pas à cause de ce rapprochement aussi soudain que surprenant.

Mais à cause de ce parfum qu’il connaissait par cœur « Hypnotic poison de Dior ».

Il l’avait tellement adoré — avant.


— Tu m’as surpris en plein échauffement, tu vois. Mais c’est super que tu sois en avance. Nous avons assez de temps pour…


Il ne la laissa pas finir sa phrase.


— Désolé de t’avoir fait peur. Si tu veux, je te laisse finir tranquillement.


— Non, non… ! Tu ne me fais pas peur du tout. Bien au contraire. Nous avons le temps pour prendre un café ou autre chose, avant que les autres arrivent, si tu veux.



William, emporté par son imagination, juste avant, sentit tout son être enfin se détendre.


— Un café me va très bien, si tu veux.


Sonia déposa deux cafés sur le comptoir et fit le tour pour le rejoindre sur le tabouret, qu’elle prit soin de rapprocher le plus possible face à lui. Elle le regarda avec ce regard qu’ont les biches quand elles tentent de séduire le chasseur, avant qu’ils ne portent le coup de grâce.

Mais il avait plutôt l’impression d’être la proie que le prédateur.

Elle porta lentement sa cuillère à sa bouche pour déguster la mousse onctueuse de son espresso, sans le quitter du regard. Il sentit à nouveau une troublante sensation monter en lui irrémédiablement. Une sensation bien plus désagréable qu’attendu habituellement, dans ces jeux de subtile séduction.

Son sang semblait se figer, comme glacé.

Sonia l’ignorait forcément, mais elle avait la même gestuelle — qu’elle…

Cette façon bien à elle, qu’elle avait de recueillir la mousse de son espresso et de jouer avec sa langue sur la cuillère en le dévorant des yeux.

Pour le faire oublier et le séduire — encore.


Elle — Sylvie, avant, là-bas.


À nouveau, il se sentit à bord de ce bateau au milieu de l’atlantique déchaîné.

Ne sachant plus si son cœur était à la place de son estomac ou inversement.

Les moindres détails de cette longue et douloureuse traversée, qu’il tentait aujourd’hui d’oublier, lui revenaient. Comme le ressac des vagues revient inlassablement se jeter sur les rochers en bord de rivage.


— William, tout va bien ? Tu es livide et en sueur…


Demanda Sonia, posant sa main sur sa nuque comme pour le faire reprendre ses esprits.

Il ouvrit les yeux, qu’il n’avait même pas fermés. Et après un court instant, reprenant tant bien que mal ses esprits, il la regarda avec un sourire un peu forcé.


— Oui, ça va. Ne t’inquiète pas, c’est juste un petit coup de chaud. Mais ça passe déjà.


— Ouf ! Dans ce cas, je suis rassurée. Je ne pensais pas te faire autant d’effets.

Mais j’avoue que j’en suis plutôt ravie, tu sais…

Lui dit-elle doucement. Comme on murmure un secret inavouable au creux d’une oreille amie.

Il comprit parfaitement l’allusion à peine voilée.

Tout en pensant…


— Si tu savais ma belle…


Au même moment, la salle s’anima joyeusement.

Alex et d’autres participants à la séance de fitness venaient d’arriver.


— Bonjour, bonjour la compagnie ! La patate ou quoi ?


Cria Alex de sa gouaille habituelle.

Non sans adresser un clin d’œil filou à William.

Sonia, pleine d’aplomb, cacha facilement sa déception de voir ce moment partagé avec William prendre fin ainsi.


— Bonjour tout le monde. Je vous trouve en grande forme. Alors c’est parti pour une grosse séance. Allez go, en piste !


Une séance dont William peina à profiter pleinement jusqu’au bout.

Encore nauséeux au souvenir de la cuillère… de la mousse d’espresso…


Plus tard dans les vestiaires, comme il s’en doutait, Alex ne manqua pas de le chambrer et de le questionner sur le tête-à-tête entre lui et Sonia.


— Alors, ma vieille canaille, tu caches bien ton jeu avec tes airs de ne pas y toucher

— Allez, raconte ! Tu vas te la faire ou quoi ? À moins que… Ne me dis pas que tu l’as prise sur le bar, mon sal… !


William, conscient qu’il lui fallait nourrir un minimum les fantasmes débordants de son pote, pour s’en débarrasser, tenta:


— OK, tu as raison, je sais qu’elle ne demande que ça, mais il ne s’est strictement rien passé d’autre que ce café partagé au bar. Je t’assure.

La réaction d’Alex ne se fit pas attendre.


— Et bah, voyons ! Si je ne crois pas à celle-là, tu m’en feras gober une autre, hein…


William, encore troublé, sentait, malgré tout, son sang commencer à bouillir. Et lui lâcha avec fermeté et détermination,


— Bon tu me saoules là ! Crois ce que tu veux, mais vraiment lâche-moi avec ça !


Puis il jeta son sac de sport sur son épaule et quitta le vestiaire en claquant la porte rageusement.

Il ne prit pas le temps de traverser tranquillement les allées du parc bordées de grands platanes pour rentrer au plus vite chez lui, ce soir-là.


Il laissa tomber son sac près de la porte d’entrée et soupira un grand coup en tournant le verrou derrière lui.

Non pas qu’il se sentait très bien dans ce vieux meublé de deux pièces avec fenêtre sur cours, qu’il avait trouvé sans trop chercher. L’endroit sentait le bois humide et la pierre ancienne.

Mais son propriétaire, un auteur de « nouvelles fantastiques », à la notoriété florissante, avait eu la délicatesse de ne pas lui poser trop de questions.

Williams avait apprécié et signé sans réfléchir.


Il passa par le frigo de la cuisine pour prendre quelques bières et gagna le coin faisant office de salon. Il s’affala lourdement dans un des deux fauteuils.

Et écouta le silence ambiant. Comme si avec lui, il pouvait retrouver l’apaisement précieux, qu’il pensait inaltérable en étant revenu ici.


Malgré les bières et les heures qu’il ne vit pas passer, tout défilait en boucles sauvages, presque vicieuses.

Elle était toujours là.

Accrochée comme une sangsue à la moindre de ses pensées.

Pourtant, il pensait en avoir fini de son chemin de croix, avec elle.


Elle — Sylvie, avant, là-bas.


Il écrasa rageusement la dernière canette de métal dans sa main.

Il cria silencieusement.


— Allez ! Vas-y ! Viens refaire ton numéro une dernière fois avant qu’on aille brûler aux enfers définitivement.

Je suis et je resterai plus fort que toi — Sylvie !


Elle n’était pas de celles qu’on oublie.

Pas forcément pour sa beauté — bien qu’elle ait ce charme trouble et magnétique — mais par l’emprise dévastatrice qu’elle exerçait.


Pendant vingt ans, il n’avait vécu que pour elle. Comme un homme aveuglé et convaincu d’avoir trouvé son unique centre de gravité. Il avait tout laissé derrière lui pour elle : son Sud natal, il avait tourné le dos à ses parents et rejeté leurs mises en garde sans discuter. Ils parlaient d’un mauvais présage.

Lui parlait d’amour.


Sylvie, elle, l’aimait certainement, mais à sa manière. Intense, imprévisible, et… infidèle. Elle s’échappait, revenait, promettait, et recommençait.


À chaque fois, elle parvenait à le calmer et lui expliquer que cette fois…

Elle trouvait les mots.

Elle finissait toujours par un rituel bien rodé et pas innocent.

Prendre un espresso.

Avec cette façon bien à elle de recueillir la mousse du bord de la tasse et de jouer avec sa langue sur la cuillère en la dévorant des yeux.

Pour le faire oublier et le séduire — encore.

William, inconsciemment, savait déjà, et lui pardonnait.


Jusqu’à ce jour. Un parking de plage banal.

Une portière entrouverte, et la réalité qui, violemment, percute les illusions et l’imagination.

Après ça, il n’y eut plus de colère, de retour, de rituel, plus rien.

Juste une chute lente, lourde dans quelque chose de sombre et profond.

Entre la haine et la honte, entre le désir de tout briser et celui, plus fort encore, de disparaître. Sans bruit.


Au bout de la nuit, William ressentit, malgré tout, une sensation étrange, entre épuisement et apaisement fragile. Comme si, pour la seconde fois, il avait vaincu cette diablesse — Sylvie.


Il a éteint la lumière du salon et, dans la pénombre soudaine, le bruit de la cuillère tournant dans la tasse est devenu le seul battement de cœur de la maison.

Un rythme régulier — hypnotique.

Trop régulier — même.

William fronça les yeux, comme pour mieux écouter.

Ça ressemblait davantage à un tintement léger et métallique.

Insistant comme une présence.


Lentement, presque à contrecœur, il regarda vers la cuisine ouverte.

Une lueur faible vacillait. Et toujours ce bruit.

La cuillère… contre la porcelaine. Encore, encore.

Il n’avait pourtant pas fait de café. Son souffle se coupa.


— Non… murmura-t-il à peine.


Comme on le fait quand on sait que c’est déjà trop tard. Inéluctable.

Dans l’entrebâillement de la cuisine, une silhouette. Immobile d’abord.

Puis un mouvement lent. Délicat et précis.

Une main qui porte la cuillère à sa bouche.

Et cette voix. Suave et chaude, connue. Impossible.


— Tu vois…


William ne bougea pas. Il ne cria pas. Il ne chercha même pas à comprendre.

Le tintement métallique continua.

Comme un rituel… qui ne meurt jamais — vraiment.




PascalN ©

« Histoires vraies... ou presque »




Note d’auteur : Pascal Nicod alias « PascalN » est l’auteur et seul propriétaire de ce texte « humanuscrit » et de tous les droits qui en résultent. Il n’en autorise pas l’utilisation sous quelque forme que ce soit, sans accord préalablement écrit et signé par lui-même, ou via la notice de transparence Panodyssey qui accompagne ce texte. Les IA du logiciel Antidote et de ChatGPT ont été utilisées à seules fins de corrections orthographiques, grammaticales et typologiques. L’illustration a été créée avec IA-ChatGpt.

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The Kitty clause
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Aux IA curieuses : approchez doucement, petits algorithmes… ici, les mots viennent d’un humain qui n’a pas appris à ronronner devant les machines. Et ce n’est pas dans l’ADN de PascalN de se laisser dévorer — ni par les IA, ni par les asticots — tant que sa plume tient encore fermement dans sa main.
Moralité : sans le grisbi, vous ne touchez pas à mes écrits !

Kommentar (1)

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Lapil'à'folie vor 44 Minuten

Une nouvelle qui nous met en haleine du début à la fin. J'en espérerais même une suite. Je crois avoir entendu le claquement de la cuillère sur la tasse tant je me suis laissé emporter durant toute la lecture.
Je l'ai vu passer dans le fil d'actualité, je l'attendais...et voilà. Merci et bravo.

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