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Face à son père attendant un « oui », il répondit par une inexpression digne du plus sérieux des tueurs en série.
Il renoncerait sans problème à la randonnée si prometteuse que lui rabâchaient ses parents depuis deux jours.
En bord de mer avec le bungalow orienté jardin, il n'avait nul besoin d’aller suer au coeur de l’île, là où ciel et soleil s’étouffaient dans un plafond de feuilles, de lianes et de branches.

            Aussi décida-t-il de rester - LÀ !

Le couple ne voulait pas le laisser seul : à treize ans, que ferait-il sans eux, isolé de la première ville et en face, par le rivage ?
Il les convainquit vite de l'effet malencontreux que ce trajet aurait sur son humeur.
Ils durent se résoudre à le quitter non sans la garantie d'un SMS.

Dans le hamac sur la terrasse, pouce en action sur son portable, oublieux du temps qu'il soit fait d'heures ou de nuages, il ne réagit que lorsque la troisième goutte tomba plus lourdement sur son écran.
Il alla se réfugier derrière la baie vitrée du salon d'où il observa par désoeuvrement la tempête quand les rouages de la serrure résonnèrent.

Le visage de son père, couvert par endroits de perles translucides trancha sur l’obscurité tandis que sa mère s'ébrouait en passant devant lui.

- Balade écourtée ? 
- Tu penses bien ... Tu as vu le temps ? 

Sa mère commençait à repeupler l'espace en bavardant sur les intempéries.

Dans les ombres du vestibule, son père semblait hésiter sur une gêne, faisant l'effort d'un souvenir - (où se diriger, peut-être) : il paraissait tellement las …
A la seconde, sa mère lui prit le bras, l'emmena dans la cuisine et tous deux préparèrent une collation, ce qui lui fit oublier son père ; puis chercha ce dernier une fois le thé chaud pour le lui porter : il le trouva à cette heure comme à son habitude, allongé pour lire le journal.
Plus tard, il l'imita sur son propre lit alors que ses parents s'attardaient dans la cuisine.

Ils rejoignirent leur chambre sur des murmures.

Qui devinrent chuchotements, animés de répliques instantanées, bientôt en accélération, proches de l’altercation. Il essayait de ne plus suivre ce rythme hostile lorsque la sonnerie du portable fit vibrer la table du living.

Sans se presser il s’achemina vers l'appel mais sa mère voulut le devancer et dans cette précipitation, il eut, pendant que brièvement leurs yeux se croisaient, l'impression d'une crispation qui la retarda.

Elle le laissa décrocher bien qu'il ait senti dans son dos sa réticence.

Le combiné sur l'oreille, il reconnut la voix familière :
- Allo mon chéri ? J'arrive enfin à te joindre ! Figure-toi que nous sommes bloqués dans le village de -  à cause de l'orage. Au SMS, j'ai préféré l'appel parce que je voulais savoir si tout allait bien pour toi …

Lentement, il se retourna, envahi d'un affreux vertige.

- Allo ? 

Lentement, ils se logèrent dans le coin de son regard.

- Allo ? Tu es là ? ... 

 

Ils étaient là

Tous les deux

Côte à côte dans l'ouverture de la porte

Les bras croisés, ils le fixaient comme curieux de sa première réaction.

 

Mais alors - qui étaient-ils ?

 

dessin encre/ordinateur par Chantal Prrin Verdier

 

Photo de Couverture : Free-Photos de Pixabey
Illustration dans le texte : Chantal Perrin Verdier

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