Avarie Ischémique Traverse
Avarie Ischémique Traverse
Le coeur saigne …
Quelle belle expression si imagée de la souffrance ô si humaine, si hautaine. Il faut reconnaitre que seul l’humain peut avoir un coeur qui saigne, cela est bien connu et lui est propre.
Du sang s’écoule, qu’il soit bon ou mauvais, il s’écoule lentement, à effusion, à perfusion; votre coeur meurtri par l’autre ! Par celui ou bien celle, qui eux, de coeur n’ont plus.
Et bien, quant à moi, c’est mon cerveau qui saigne !
Ceci est moins touchant, moins romancée, moins d'éloquence et d’éloges. Oh, vous savez, il ne saigne pas de la souffrance des autres. C’est de ma propre souffrance qu’il saigne, c’est moi le responsable. Il saigne, enfin il saignait ... quand je le poussais dans ses retranchements, quand je lui mettais la pression. Je le forçais à m’aider à comprendre les autres. Il ne le pouvait alors je lui, je me faisais mal. Je, nous devions y arriver.
A ce moment là, de mon cerveau pour tout vous dire s’écoulait du sang.
Pas de flots incessants, incestueux mais un fin filet bien saignant. Un fin filet qui ne retient rien d’ailleurs; il laisse tout passer sans se coaguler, resserrer les rangs. Il ne sauve même pas de la chute de tension. Des trous, il en a mon filet. Enfin, un seul c’est tout.
Un vaisseau s’est rompu. Belle image du radeau qui chavire.
Normalement, c’est le coeur tel le voilier qui chavire. Mais ce n’est pas de l’eau qui s’enfuit, se dérobe, c’est le sang. Mon canal se brise et le sang s’enfuit. A croire que c’est les vaisseaux qui
retiennent l’eau.
Mais sur moi aussi, à y réfléchir, beaucoup de personnes se sont vidées, versées, renversées, trop versées, penchées, évidées, éviscérées, … Beaucoup trop d’attention délibérément donnée, demandée par des gens trés, trop encartés. Tout me fût livré, empilé, compressé, zippé.
Bref, surchargé, excédé dans l’excédant, en moi tout s’est fissuré, dématé, explosée, infiltré, …
Mais ce ne fût pas moi le réceptacle, ce fût mon cerveau. Je croyais tout faire avec, enfin pouvoir faire. Je ne savais pas, ne pensais pas qu’il en souffrirait. Je me considérais comme capable de tout faire enfin de pouvoir tout faire. Alors, j’ai forcé, avancé, bourriné, rampé, jurer, … Et oui, j’étais capable de
tout.
Faut-il arriver à se rendre compte que l’on est détruit pour observer avec quiétude notre fragilité?
Ou que l’on se rende compte de nos capacités après s'être aperçu des choses une fois
réduit unes?
Quant à mes capacités, celles d’avant, pas celles de maintenant, elles ont pris le large, larguer les amarres. Pour me réconcilier, faire la paix avec mon cerveau, qu’il se repose, nous sommes tous deux loin des gens partis faire pause.
Le/me cirant, le/me ré-étanchéisant, nous évitons l’habitant, les gens, les passants, les résidants et
naviguants; les personnes tout simplement.
Ainsi, je ne me fais plus de mauvais sang. Car, c’est de moi tout entier que j’ai saigné, que je
me suis saigné.
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