Chapitre 11 : Le mur des révélations

Chapitre 11 : Le mur des révélations.
Par moment, j’aurais voulu que tout ceci ne soit qu’un rêve. Enfin, un cauchemar plutôt. Mais tout ce que j’ai vécu depuis l’impasse était bien réel. Tout. Des regrets ? Oui, je pense. Surtout envers mes proches. Des remords ? En considérant que je ne maîtrisais rien ? Non. Mais chacune de mes actions n’avait jamais engendré l’effet escompté. Un grand pouvoir… une grande responsabilité ? C’était tellement vrai. Ça craignait.
Ce mur brillait de mille feux face à moi. J’avais trop de mal à garder les yeux ouverts, mais en me forçant à cligner plusieurs fois, je finis par m’habituer à cette lumière aveuglante. Les larmes qui coulaient le long de mes joues m’empêchaient de distinguer clairement ce qui se trouvait sur le mur. Fouillant dans ma poche pour y dégoter un mouchoir afin de m’essuyer les yeux, je vis comme des caractères égyptiens sur les parois de la grotte. Me décalant du mur pour en avoir le cœur net, je compris que ces symboles ne m’aideraient pas. À moins d’invoquer Champollion pour me filer un coup de main, tout ce charabia ne me serait d’aucune utilité. Et si mes pouvoirs me le permettaient ? Pas d’invoquer, bien sûr, mais de décrypter. Après tout, je ne connaissais pas du tout la nature ni l’ampleur de mes pouvoirs. Enfin, si, je sais malheureusement qu’ils peuvent être violents, voire meurtriers, mais la capacité de se déplacer où je veux, elle, n’est pas dangereuse. Se pourrait-il que j’aie aussi le don de lire tous ces symboles ?
Je pris une bonne heure à me concentrer pour parvenir à comprendre ce langage sur cette paroi, mais rien n’y faisait. J’avais pourtant tout essayé. Les mains sur la tête, comme pour faire une antenne. Debout, assis, accroupi. Rien. Les bras écartés, puis en l’air. Toujours rien. Un inconnu qui m’aurait regardé faire, il aurait pensé que j’étais en train de faire ma gym, ou que j’essaie de communiquer avec des extraterrestres, vu comment je déplaçais mes bras bizarrement. J’étais saoulé, mais à la fois soulagé. Saoulé de ne rien trouver de plus, le mur n’était qu’une espèce de panneau géant lumineux, sans rien d’autre, et soulagé de ne pas être tombé sur des macabres ou je ne sais quelles bestioles dégueulasses. Pire, j’aurais pu tomber nez à nez avec un monstre. Après tout, tout peut exister maintenant.
Prenant un peu de recul, j’étais sur le point de ressortir quand je finis par glisser sur une pierre. Heureusement pour moi, je commençais à devenir prudent, je pris appui sur le mur derrière pour ne pas me fracasser le crâne à nouveau. Ma tête était devenue un champ de boursouflures à force, c’était déjà assez. Une piste noire d’une descente de skis n’aurait pas autant de bosses. Quand ma main toucha le mur, des caractères se dessinèrent peu à peu autour. Et oui, frileux que j’étais, je n’avais pas osé toucher ni les parois ni ce mur aveuglant. Je me retrouvais comme un con à voir que la solution était en somme... toute simple.
Autant les hiéroglyphes m’étaient incompréhensibles, autant là, les symboles qui se dessinaient devant moi étaient parfaitement lisibles. Comme si le code de décryptage était inscrit dans mes gènes. Partout où je passais ma main, des symboles apparaissaient. Dès que je la retirais, tout redevenait flou, impossible à lire. Je pris alors mes deux mains pour couvrir plus de surface. Et là, je compris. Ce n’étaient pas que de simples inscriptions, j’étais face à un arbre généalogique. Chaque embranchement était tortueux, elles serpentaient telles des racines qui partaient en tous sens, mais elles étaient composées de faisceaux lumineux.
Des noms apparaissaient par moment, les liens entre eux se croisaient, se perdaient sur tout le mur. Puis mon regard descendit tout en bas et me fit tomber à la renverse. Léorys. Mon prénom y était inscrit. Mais un nom de famille apparut juste à côté. Vermillys. Ce n’était pas le mien. Je m’appelais Léorys Durand. Des Durand, il y en avait partout. Trop à bien y regarder. Mais des Léorys ? Mon prénom sonnait comme dans un manga. Ou pire, sorti d’un conte de fantasy. Pourtant, j’étais persuadé qu’il s’agissait de moi.
Alors pourquoi étais-je sur ce mur ? Pourquoi ce nom de famille différait du mien ? Et surtout, que représentait ce nom par rapport à moi ? Mon cœur battait la chamade. Tiendrait-il face à la révélation que j’allais découvrir ? Moi qui me croyais au bout de mes surprises. Quand mes mains glissèrent le long de ce mur maudit, je crus faire une crise cardiaque. Je vis l'impensable.
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