Fugit irreparabile tempus
Une citation de Virgile dans Les Géorgiques, III, 284.
(Sonnet marotique)
Composé en novembre 1994, ce poème a reçu la médaille d’argent du sonnet lors du concours 1996 de l’Académie des Poètes classiques de France.
« (…) et si dans cette foule
J’avais alors hurlé : Chaque jour qui s’écoule
Est un pas vers la mort ! On m’eût pris pour un fou. »
Jules LAFORGUE, Premiers poèmes, "Stupeur", vers 12 à 14
Lorsque je sens mon corps quelque peu défaillir,
Guidé vers ce chemin où le trépas avance,
Je plonge en mon passé, comme un bain de jouvence,
Où c’était chaque jour un bonheur à cueillir.
J’entends encor la joie et les rires jaillir,
Ces instants merveilleux surgis de notre enfance
Dont le souvenir est la seule survivance.
Infortunés mortels, pourquoi faut-il vieillir ?
Révoltée, insoumise, ô faible créature !
Mais tel est le destin. C’est dans notre nature
De lutter vainement contre l’ordre établi…
Dépêchons-nous de vivre, insensés que nous sommes !
Car le temps, dans sa course, atteint toujours les hommes :
Il ne laisse plus rien que la cendre et l’oubli*.
*Cette chute du poème m'a été inspirée par des vers de Pierre de Ronsard, dans son sonnet intitulé « À Olivier de Magny », vers 13 et 14 :
« Car les heures s’en vont, et des hommes ne reste,
Apres nostre trespas, que la cendre et l’oubly ».
Beitragen
Du kannst deine Lieblingsautoren unterstützen


Kommentar (0)