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3. France, Août 2022
Non-fiction
Family
calendar Veröffentlicht am 31, Juli, 2026
calendar Aktualisiert am 31, Juli, 2026
time 9 min
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Image / Human image
Text / Human creation

3. France, Août 2022

Assis dans un transat sur la terrasse de mon jardin, je tire une bouffée sur ma cigarette. C'était vraiment sympa hier ! Hier, j'ai fêté mon anniversaire. 40 ans ! Au départ, je n'avais aucune intention de le fêter. Vraiment pas la tête à ça. Et puis.. et puis je me suis ravisé. Il faut aller de l'avant, gars ! J'ai donc invité tous les amis que je connaissais, toutes les personnes avec qui j'ai noué un lien particulier depuis que j'ai débarqué dans cette ville, et nous avons passé la soirée autour de la petite piscine à boire des bières et des cocktails, accompagnés de petits toasts, biscuits apéros, et de grillades à la plancha.

Que cela m'a fait du bien de me sentir entouré par des gens que j'affectionne et pour qui, d'une manière ou d'une autre, je représente quelque chose ! Cela a redonné une certaine consistance à la raison de ma présence ici en tout cas. Toutes ces personnes qui ont fait l'effort de venir partager un moment pour célébrer avec moi l'occasion, laissant de côté pour quelques heures l'urgence du temps, leurs agendas surchargés et leurs multiples préoccupations, afin de me témoigner de leur estime et de leur amitié... Oui, ça compte beaucoup pour moi, et ça me touche tout particulièrement en ce moment.


Il faut dire que ces derniers mois n'ont pas été faciles, et que je me suis bien souvent senti tout seul face à moi-même. Début mars, on se séparait avec Pele, et tous nos rêves et projets se sont envolés d'un coup en même temps. Restent alors le vide, l'absence, le manque de sa présence qui me remplissait tellement, et ce retour à ma propre solitude, si pesante, avec la perte de tous les repères que je m'étais construits.. un gouffre !

Dans la rupture ressurgissent avec puissance certaines blessures du passé que je croyais avoir surmontées, qui tel un retour de boomerang me reviennent avec force et violence. Persistent désormais de nombreux questionnements en suspens que je ne cesse de ruminer. Ce sont tous mes fondements, toutes mes convictions et mes croyances qui se retrouvent profondément remis en cause ! Et précisément aujourd'hui, dans cette tentative désespérée d'expliquer l'échec de cette relation, s'ouvre à moi le questionnement abyssal de l'effet miroir.


Qu'est ce qui s'est réellement joué pour chacun d'entre nous ? Qu'est ce que nous avons compris l'un de l'autre, dans notre incapacité à nous accompagner comme nous en avions besoin, incapacité que nous nous sommes parfois criés au visage avec toute la force de l'impuissance et du désespoir, et ce malgré tout l'amour que nous nous portions ?

Qu'est ce que nous n'avons pas su entendre de nous-mêmes, qui semblait pourtant être une évidence pour l'autre, ce qu'il a maintes fois et de diverses manières tenté de nous signifier ? Dans quelles mesures cette zone, aveugle à notre propre regard, l'avons-nous projetée sur l'autre, en l'accablant de reproches ? Ces reproches précisément que nous n'osons pas nous adresser à nous-mêmes, et dont nous le rendons coupable par un subtil tour de passe-passe, sans qu'il ne puisse bien-sûr s'y retrouver ?

Et si l'on admet que nous rejetons sur l'autre ce que nous ne voulons pas voir de nous-mêmes, et que l'autre agit également de la sorte ; alors dans quels jeux de miroirs, se répondant à l'infini, nous sommes-nous retrouvés malgré nous ? Comment alors parvenir à distinguer dans les reproches formulés à notre encontre ce qui nous appartient de ce qui ne nous appartient pas, ce qui provient de nos propres zones d'ombre de ce qui revient à l'autre et aux blessures de son propre passé ?


Pour ma part, je parviens sur mon transat à la conclusion que le couple est tout autant le lieu par excellence où nous pouvons nous cacher de nous-mêmes, compenser nos carences et ainsi occulter nos propres angoisses ; que l'endroit précis qui nous révèle le plus à nous-mêmes, que nous le voulions ou non, dans ce que nous avons de plus lumineux mais également de plus sombre en nous.

Comme si la vie nous donnait l'occasion, à travers cette relation profonde et intime, de nous rencontrer nous-même dans l’entièreté de ce que nous sommes, avec toutes nos potentialités et nos blessures. Et c'est dans ce partage de nos intimités respectives, qu'elles soient conscientes ou demeurant des territoires à découvrir, que se joue précisément l'effet miroir qui relève de cet étrange paradoxe : c'est en allant à la rencontre de l'autre qu'on se rencontre finalement soi-même.

De la qualité de la relation, de la bienveillance dont nous faisons preuve et de la capacité mutuelle à accepter de prendre l'autre là où il se situe avec tout ce qu'il est, dépend soit la possibilité de nous rencontrer en profondeur, soit celle de nous violenter dans ce que nous avons de plus intime.

Il faut beaucoup, beaucoup de douceur, de tendresse et de confiance pour accepter que l'autre vienne toucher nos plus profondes blessures ; qu'il puisse enlever les bandages et les couches successives de pansements que nous avons posés dessus, afin que ces blessures puissent commencer à respirer à l'air libre. Et alors de nous permettre de les regarder enfin en face, pouvoir commencer à les reconnaître en tant que telles et appartenant à notre propre histoire, pouvoir envisager de les traverser et peut-être les guérir ?!


Au delà de ces réflexions profondes qui me travaillent, il me faut pourtant continuer à vivre, et redéfinir personnellement le chemin de vie qui n'est plus désormais que le mien. Reprendre ce que j'avais commencé à explorer là où je l'avais laissé, centré ces derniers temps sur ma priorité de faire vivre cette relation. Questionner mes aspirations actuelles et ce vers quoi je souhaite désormais aller. Remettre un sens personnel à mon existence, afin d'aller vers celui que je souhaite être aujourd'hui.

Je dois dans le même temps faire un véritable travail de deuil de cette ancienne vie, élaborée quasiment exclusivement autour de cette relation et de la vie de famille que nous construisions ensemble, avec elle, ses enfants, celui ou celle que nous envisagions aussi d'avoir. Et surtout, j'ai bien conscience qu'il va me falloir poser des actes, des actes concrets et des actes symboliques, pour pouvoir m'aider à tourner la page et ouvrir un nouveau chapitre de vie.

Dois-je revendre la maison dans laquelle nous avons habités tous ensemble ? Comment me réinvestir dans des activités afin de ne pas me recroqueviller sur moi-même ? Comment me réouvrir au monde et me relier à d'autres personnes, dans de nouveaux cadres relationnels ? Mon travail et mon réseau professionnel me suffisent-ils à justifier mon maintien ici, dans cette même ville, au risque de la recroiser au coin d'une rue ou en centre-ville, dans une nouvelle vie qu'elle se serait reconstruite ? Ou dois-je commencer à envisager un ailleurs, dont je n'ai pourtant aucune idée de ce qu'il pourrait être aujourd'hui ?


Je tire une nouvelle bouffée sur ma cigarette et regarde le jardin, la piscine dans laquelle les enfants jouaient, l'intérieur du salon que nous avions entièrement pensé et rénové tous les deux. Cette maison est vraiment très chargée affectivement : tout transpire à la fois leur présence et leur absence, de manière paradoxale et concomitante. Toute évocation de cette vie révolue me réjouit et me blesse douloureusement à la fois. Je ne peux m'empêcher de penser : Quel immense gâchis !

Me voilà pris d'une sensation de vertige. Les larmes me montent aux yeux, ça monte et ça crépite à l'intérieur de ma tête. Je serre les dents pour tempérer mes tremblements. Vraiment, je ne sais pas si je vais pouvoir continuer à vivre ici. J'en doute même fortement ! Mais en attendant de savoir vers où je vais, cette maison reste le seul ancrage qui me reste...Alors, oui, je vais tout faire pour essayer de réinvestir cette maison autrement, et tenter d'y construire de nouveaux souvenirs !

Tiens bon, mon Charlie, tiens bon...


*****


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The Kitty clause
Charlie verified
IA ? c'est quoi IA ?
Ici, c'est que de l'IP : de l'Intelligence Personnelle.

Humaniste convaincu, quelles que soient les potentialités de l'IA, je crois qu'il est important de ne pas se laisser déposséder de ce que nous avons de plus précieux : notre conscience du monde, de nous mêmes, et notre capacité à penser par nous mêmes.

Tout ce que j'écris défends donc ce combat : explorer les potentialités de notre propre conscience.
Alors respectez- vous, respectez moi ! tout ce qui est écrit ici doit, en cas de reprise, respecter les droits d'auteur et me citer comme tel.

Après...n'hésitez pas à partager !
Car ce qu'il y a de bien avec l'intelligence humaine, c'est que plus elle est partagée, plus elle aide à se faire grandir mutuellement !

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