Chapitre 6 : La victoire sur le silence
Chapitre 6 : La victoire sur le silence
Les semaines suivantes furent un véritable marathon. Traitement contre le staphylocoque, pansements lourds et inconfortables, journées entières sans une sonorité. Chaque geste demandait un effort immense. Pourtant, je tenais bon. La fin de l’année approchait. Mon avenir dépendait de mes résultats. Ces manques me blessaient plus que je ne voulais l’admettre.
Pour participer aux discussions, je gardais un petit cahier de notes où chacun pouvait m’écrire. Même si je lisais sur les lèvres, les gens parlaient souvent trop vite. Heureusement, mes amis faisaient preuve de patience et de douceur. Grâce à eux, je me sentais toujours intégrée au groupe. Un jour, j’ai rencontré un jeune d’origine étrangère. Il ne parlait pas ma langue, et moi, je n’entendais pas la sienne. Nos échanges se limitaient à des gestes, des sourires, des regards. Et pourtant, nous nous comprenions. Nous avons ri ensemble, sans un mot. Ces instants m’ont rappelé une chose essentielle : la communication dépasse les mots. Parfois, un regard, un sourire ou une main tendue suffisent à se comprendre. Si je réussissais, je pourrais intégrer la filière service à la personne, sinon, tout serait à recommencer. Le jour de l’examen arriva. Je me rendis dans un autre lycée, le cœur serré. La salle était silencieuse, trop silencieuse, même pour moi. Pas de chuchotements, pas de bruits de stylos… Juste le vide. Le surveillant, assis à son bureau, était mon seul repère. Je levais les yeux régulièrement pour guetter ses gestes, espérant ne pas perdre la notion du temps. Chaque mot que j’écrivais semblait peser des tonnes, comme si ma plume portait tout le poids des mois passés. Quand je rendis ma copie, une vague de soulagement m’envahit, mais une question restait suspendue : En avais-je fait assez ? L’été arriva, mêlé d’espoir et de mélancolie.
Je retrouvais mes amis, mais je réalisais aussi tout ce que j’avais manqué, les chansons populaires, les films, les spectacles comme Notre-Dame de Paris, dont tout le monde parlait sauf moi. J’étais là, mais en décalage. Cet été-là, j’ai choisi de vivre, malgré la peur de la prochaine opération.
Je voulais profiter de chaque instant, savourer la lumière du jour. Un après-midi, au camping, en rentrant à mon emplacement, j’ai vu une feuille posée sur la table.
C’était un message du propriétaire : “Séverine, ton amie d’école, a appelé. Elle a une nouvelle pour toi.” J’ai lu la suite, le cœur battant : ” tu as réussi ton examen ”. Je suis restée figée, puis j’ai éclaté de joie. Toutes les douleurs, les larmes, les nuits sans sommeil… Tout cela avait un sens. Cette victoire n’était pas seulement scolaire : c’était ma revanche sur le silence. Une preuve que, même brisée, j’étais encore capable de me relever. Ce moment, je l’ai savouré avec tout mon cœur. C’était la fin d’une bataille ... Et le début d’une renaissance.
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👩🏽💻 Barbara Wonder
🏞️ Image: photo personnel et Canva
✍️ Le: 17-04-26
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