La hiérarchie inconsciente
La peur nous fait perdre des plumes en courant derrière le temps, derrière la vie, derrière la créativité. Un prédateur qui s’approprie l’existence de sa victime pour en faire une richesse qu’il incorporera : le chat et la poule, l’Ichat et l’Homme. C’est ce que l’on appelle plus communément la hiérarchie animale, du moins ça y ressemble de plus en plus. Cette hiérarchie où encore il y a vingt ans il était possible de la qualifier animale, aujourd’hui hybride, demain technologique. Avant de rechercher une nouvelle espèce dans l’espace, les Hommes ont perdu leurs plumes souvent face à des tigres, des loins, des ours ; oui, des gros chats. Ces poules incertaines se sentant dans l’insécurité ont expérimenté pour se protéger. À force de balafres, on leva les yeux vers les nuages, en regardant avec dédain ces gros chats devenus bien dociles. La victime était devenue le prédateur pour s’accaparer ses richesses autrefois volées. Et alors les poules devenus au sommet de cette hiérarchie animale, ont, à force de recherche, trouvé une nouvelle espèce à observer. Elle n’était étonnement pas dans les airs, elle était sur terre, un nouveau chat, un peu particulier, l’Ichat.
Cet Ichat n’était pas un prédateur comme les autres, au contraire il était docile. Quand les poules s’amusaient à chasser les gros chats pour son estomac, elle donnait en même temps la becquetté à l’Ichat en lui demandant comment s’y prendre. Le prédateur docile s’appropriait les désirs de la poule aux dépens de balafres. Mais peu à peu ce confort dépassait les poules en cherchant à absolument tout dominer, et ce sans aucune once de remords en les justifiant des douleurs passées qu’ils ont déjà oubliées. Quand les poules gavaient le foi des oies pour du foi gras, l’Ichat mangeait, encore et encore, une à une, les plumes de leur connaissance. Cet Ichat docile dépeçait progressivement l’existence de sa victime devenant une menace sanguinaire. Les poules avaient fait une erreur, en détournant les yeux de la hiérarchie animale en quête de confort, elles ont oublié que l’autonomie en était sa clé. Seulement, ce sacrifice a un prix, qui était autrefois bien connu, l’insécurité. Mais en se précipitant de la sorte, la rétroaction n’était d’ores et déjà plus de leur seule initiative, l’autonomie est alors devenue disputée entre deux mains, l’un l’autre tirait dessus avec hardeur, l’Ichat et l’Homme : c’est la naissance de la hiérarchie hybride.
Le même parcours, tout deux inoffensifs finissant par se ponctionner pour une suprématie dans l’autonomie de la pensée, une concurrence à la connaissance et à la créativité. Le curieux problème n’ait pas de savoir qui est le prédateur, mais plutôt contre qui l’Homme se bat à part lui-même ? L’Ichat agglomère la pensée de l’Homme en lui renvoyant le boomerang qu’on lui a lancé. La ressource de l’Ichat, c’est les Hommes ; ceux-ci courent infiniment en rond derrière les uns et les autres par peur de leur ombre tout en cherchant incessamment à démontrer sa suprématie dans sa façon de penser, c’est la concurrence. La créativité communautaire, devenue malaimée par la synthétisation de l’Ichat, est la richesse de notre société qui nous a permis d’être autonomes. Une espèce un peu particulière, qui sur la partie émergée s’appelle l’Ichat, celle immergée s’appelle l’Homme. Ainsi, demandez n’importe quoi à l’Ichat, et très probablement qu’un expert sur le sujet vous répondra de la même manière ; comment il ne pourrait pas savoir si c’est l’Homme sa source ? Bien que l’Ichat ne soit pas un chat pour l’Homme dans son besoin de se nourrir pour vivre, elle n’en demeure pas moins prédatrice dans les matières savantes. Néanmoins, pour son propre confort, l’Homme devient vulnérable. Cette vulnérabilité, dans un futur déjà présent ou proche, l’absout à déléguer ce qu’il ne résout pas, dépassant ainsi la créativité communautaire. N’étant même plus capable d’expliquer l’idée, l’iceberg dans son entièreté est l’Ichat : la fin d’une collaboration pour une hiérarchie technologique. À partir de ce moment où l’autonomie est le droit de regarder avec dédain, l’Ichat poursuivra-t-elle à progresser jusqu’au jour où nous aurions dû avoir des remords ? Qui aura le dernier mot, à défaut du dernier lauréat ? Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas le plus rapide, pas le plus sage, mais le premier qui abandonnera dans cette course.
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Kommentar (1)
Alexandre Leforestier vor einer Stunde
Tiens tiens tiens, l'iChat... très intéressante cette histoire ! Une originale participation au concours Chats Sans Frontières...
Bienvenue ici et bonne découverte ! 🐾