OEILLADE DE L'ALLÉE
En ce vaste terrain tant repéré
Se présentèrent à moi les allées.
Connaissant le dit chemin à mener,
Quand du frêle matin, j’ai observé
Ces gens atterrés de tristesse pleurée.
Par cette nuit, de la tête aux pieds,
Je me déplace ganté, parfumé.
Mon oeil cherche en vain concession titrée
Pour trouver belle qui a trépassé
Et l’aborder d’un souffle trop fouillé.
Enneigée, la porte n’est pas fermée.
Des pelletées, des pauses en coudrées,
La dormante vissée est retirée.
Ainsi, en échappe l’odeur filtrée
D’ un drap occultant corps se reposant.
Je ne saurais comment la réveiller
D’un sommeil que sa vie a mérité.
Baissé près d’ elle, pâmé, exalté,
Mon index sur son visage veiné
Touche des méandres marbrés violets.
Un râle en sa bouche suturée;
Si en sa mort elle pouvait crier
Ce qu’elle ne pût dans sa vie hurler.
Je viens vous visiter chère aimée,
Vérifier que la vie vous a quitté.
Ô votre coeur en charbon s’est figé
En un fossile fort pétrifié !
Ensemble, nous parviendrons à expier
Cette lasse vie qui vous a enfermé
Et dont la mort vous a donnée les clées.
Mes lèvres sur les vôtres sont posées.
Mes mains en votre corset ont tremblé.
En ma chambrée, nous aurions profité
Du peu de temps qui est tonalité
À ce corps jouant le décomposé.
Dormez donc ma très chère profanée.
Demain, j’aurais autre chair à mirer.
Plongez donc en votre nuitée chambrée,
En rêve, je vous revisiterais …
Ceci est un modeste hommage à la mémoire de l'écrivaine Mme Gabrielle WITTKOP (1920-2002) auteure du livre "le nécrophile" paru en 1972 aux Editions Verticales.
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