Derrière chaque poète, chaque poème composé,
Réside un enfant qui, je crois, n'a jamais su être consolé.
Derrière chaque poème, chaque vers constitué,
Est une tentative d'étreinte dans l'espoir d'un "ça va aller, ça va aller".
Chaque prose, chaque mot compose un univers pour s'enfuir,
Crée par la plume de celui dont la souffrance est le vecteur de son empire.
Les lecteurs lisent les quelques mots y figurant avec émoi,
Mais que reste-t-il de celui qui écrit dans la solitude morne avec effroi,
Qu'un Homme seul, hurlant à la mort la nuit dans son lit "J'ai froid, j'ai froid".
Chaque poème est un enfer dont il n'est jamais revenu,
Que nul autre, même le Diable, n'aurait pu inventer.
Un espoir qui s'évapore dans l'enfer d'un bonheur déçu,
Mais qui, dans sa souffrance, en atteste toute la beauté.
Où est le bonheur ? Disparu répondra t-il, si jamais il a existé.
"Il a dit qu'il reviendrait", mais il ne reviendra plus, ce que Prévert disait.
Entremêlés de larmes et de ratures y figurait "l'alouette du souvenir",
Et d'autres disaient que ce n'était plus le "Pont des arts" mais celui des "soupirs".
Derrière chaque poète, chaque poème réside un enfant,
Qui recherche les bras de sa mère, de son ami ou de son amant,
Celui qui entretiendra la lumière, fera fleurir un nouveau printemps,
Pour ne pas le laisser son cœur en ruine, faire vrombir le volcan.
Chaque poète est un conteur, un enfant racontant des histoires,
Pour résister aux appels de l'abîme, se cacher du monstre se trouvant dans la nuit noire..
Dans la nuit noire.
Ramain Cyrille