"Ma première voix"
Je pense que quand on vit une horreur telle que la mienne, on s’habitue au silence, on s’habitue au manque, aux absences répétées. On vit avec une plaie béante, on cherche des réponses qui n’ont pas de questions, on regarde le vent, écoute les couleurs, sent les gens et survole les regards.
On sait quelle est la vraie valeur de la vie, on se contente des petits bonheurs, on se trouve chanceux d’avoir une famille. On remercie chaque jour l’univers d’avoir encore une journée sur terre. Quand on vit un tel malheur aussi jeune, on grandit trop vite, on se sent responsable à la place de nos parents, on oublie notre enfance, on est adulte à 12 ans.
On comprend des choses intimes, des problèmes complexes, on voit à travers les personnes, on voit leur cœur. On est plus sensible, plus méfiant, plus à l’écoute, plus vibrant. On s’oublie parfois. Et puis on fait marche arrière. Comme-ci on ne voyait pas le monde avec les mêmes couleurs.
On recherche des personnes comme nous car on veut être compris et entouré. Certaines émotions sont plus intenses, plus colorées, d’autres paraissent futiles et incomprises.
Chaque jour, on remet notre vie en question, nos choix, nos chemins, nos paroles. Chaque jour on se demande si on pourrait avoir une deuxième chance, si on pourrait tout recommencer.
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