Aujourd'hui, elle vient déjeuner ...
Aujourd’hui, elle vient, encore, déjeuner.
Et la journée me semble déjà s’étirer dans toute sa langueur, alors qu'il fait encore presque nuit.
Je n'ai pas envie qu'elle vienne, je lui ai dit, ça a fait scandale, alors cette fois, j'ai cédé.
Parce que c'est mon cocon ici, parce que je sais d'avance que je vais me sentir envahie par cette présence que l'on m'impose, qu'elle m'impose, sans se soucier vraiment de ce que je ressens.
Parce qu'on n'en parle jamais.
C'est mieux, parce que quand j'essaie, c'est pour m'apercevoir que pour elle, c'est pire forcément.
Pour elle, c'est toujours pire, son père s’est suicidé, ça conditionne tout le reste.
Quand j'essaie de verbaliser les choses, elle se drape de douleur, me réexplique toute son enfance et son adolescence pour justifier ses failles et ses erreurs, pour leur donner un fondement, pour me renvoyer dans les cordes, en proclamant, sans mot dire, "reste à ta place petite, laisse jouer les grands."
Avant, je me fâchais, criais, exigeais que l'on m'entende, qu'on m'écoute, et elle prenait cette voix condescendante et suave, celle qu'elle réserve probablement à ses patients, pour me dire que je me trompe. Que ça ne s'est pas passé comme je le prétends.
Alors, je ne prétends plus. Je ne m'échine plus. Je sais que cette grande conversation, de mère à fille, de femme à femme, n'aura sans doute, jamais lieu.
Il y a plusieurs années, la psy que je voyais m'a dit :
"Pour vivre mieux, Juliette, il vous faut faire le deuil de vos parents, alors qu'ils sont toujours vivants. Vous devez faire le deuil de la relation dont vous rêviez avec eux, pour ne plus attendre des prises de conscience qui ne viendront probablement jamais."
Et j'essaie. Vraiment. Je ne prends que ce qu'ils peuvent me donner. C'est-à-dire des faux-semblants.
Parfois, je dois bien avouer que ça me fait rire, jaune, de voi
Dies ist ein Prime-Artikel
Um Zugang zu erhalten, abonniere den Creative Room Journal d'une plume (trop) sensible... von Juliette Norel
Vorteile der Mitgliedschaft:
Voller Zugang zu exklusiven Inhalten und Archiven
Vorzeitiger Zugang zu noch unveröffentlichten Inhalten
Kommentiere die Texte des Autors und werde Teil der Follower-Community
Erhalte eine Benachrichtigung bei jedem neuen Artikel
Abonnieren bedeutet, einen Autor langfristig zu unterstützen
Creative Room abonnieren
Beitragen
Du kannst deine Lieblingsautoren unterstützen


Erwann Avalach vor einem Jahr
Autant de maux dans si peu de mots....
J'imagine qu'une autre publication viendra cette nuit expurger tout ce ressenti.
Gabriel Dax vor einem Jahr
Parents toxiques, coupure salvatrice.
Perso j'aurais privilégié le restaurant, la zone neutre, mais certainement pas chez moi. Comme ça j'évite le risque de l'injonction et je ne pollue pas mon intérieur.
Juliette Norel vor einem Jahr
ne t'inquiète pas... j'ai de la sauge
mais hâte que ça se termine
Jackie H vor einem Jahr
Courage Juliette... ❤️🌹
Ta mère s'est-elle faite psy dans l'espoir de combler elle-même ses propres fêlures ? ou de trouver un moyen de les rationaliser ?... je me pose la question...
Difficile d'avoir de la place pour les autres quand on est plein de soi-même...
En tout cas je pense que ton psy a raison sur le fond, et pas qu'avec ta mère : il faut faire le deuil du monde tel qu'on voudrait, ou qu'on aurait voulu, qu'il soit, pour pouvoir accepter le monde tel qu'il est vraiment...
Pas facile, je sais...
Courage 🌹
(au moins ton papa semble avoir commencé à faire le chemin pour avoir pu te faire cet aveu...)