Glückwunsch! Deine Unterstützung wurde an den Autor gesendet
avatar
Mine d'or (Ch 1)
Fiction
Adventure
calendar Veröffentlicht am 17, Aug., 2026
calendar Aktualisiert am 17, Aug., 2026
time 27 min
Pensées Fluviales verified
Pensées Fluviales vor 3 Stunden

Attachant! Je regarde déjà mon stylo différemment. 😸

15+

Mine d'or (Ch 1)

Mine d'Or,

Début d'écriture, mars 2014

Auteur : Sébastien Belluso


Lecture du livre totalement gratuite : pour obtenir le livre papier


Découvrez Mine d'Or : L’histoire d’un stylo doté d’une âme

Mine d’Or raconte une histoire étonnante, celle d'un stylo qui, à travers les mains de ses détenteurs, explore les émotions humaines les plus profondes. Ce stylo, bien plus qu’un simple outil d’écriture, devient le témoin des vies, des espoirs, des échecs et des rêves de ceux qui l’utilisent.

À travers une narration unique, le lecteur est transporté dans une réflexion poétique et philosophique sur l’écriture, la créativité et le sens de la vie. Mine d’Or est une métaphore de la persévérance et de la capacité à écrire sa propre histoire, à encrer ses pensées et ses valeurs dans le monde.

Si vous cherchez une lecture originale et inspirante, où un simple objet devient le reflet de l’âme humaine, Mine d’Or est un livre qui vous captivera.




Bonjour,

Dès les premières lignes, je vais

entrer dans le vif du sujet.

Chez l'homme, son ancêtre le plus

commun est un primate, chez moi,

mon ancêtre est une plume.

Je suis un stylo et j'ai une âme, je suis

une chose, un consommable dans

l'esprit de tes semblables et du tien.

Que tu sois dans un avion, un train,

un bateau, dans une salle d'attente

ou à la plage, tu ne me verras plus

de la même manière.

Ma descendance a su se faire une place

aux alentours du V° siècle avant J.C,


elle a dominé l'ère du moyen-âge

pour évoluer vers son apogée dès

1960. Nous n'étions plus des plumes,

mais des stylos. Comme des primates

devenus homo-sapiens.

Dans la catégorie des miens, il existe

aussi plusieurs races, le stylo plume,

le stylo feutre le stylo bille, comme

il existe chez toi, des blancs, des

noirs, des bridés et des bronzés, j'ai

longtemps cru que les miens, leur

sang était plus saint, mais pourtant

certains ont laissé leur encre couler pour

des lois, des traités de guerre, qui comme

celle de 39-45 fut la perte d'autant

de tes semblables que contient la

France des années 2000.

Au fond de mon être, je savais que

mon encre n'était pas faite pour ces


horreurs.

Ma vie débute dans un emballage

plastifié qui fut ouvert et m'expulsa

vers l'extérieur, j'étais plus étiré que

large, facilitant ainsi une préhension, il

m'a fallu près d'une minute pour

jeter mon premier jet d'encre. C'était

magnifique, la vie m'était offerte.

Mon premier foyer était un domaine,

un monastère merveilleux, il avait

déjà 400 ans histoire . Des

moines y vivaient. probablement des

nobles, et moi j'étais entre les mains

d'une famille modeste.

Les gardiens de mon paradis.

Mes premières années, je les ai passées

entre les mains d'une petite fille et

d'un petit garçon, ils n'étaient pas

foutus de me faire faire des ronds et


des carrés. Insouciance et dérision je

n'avais droit qu'aux griffonnages.

Après quelques mois de tiroir, me

voilà soudainement dans les mains

du petit garçon.

Dieu merci !

Il avait un bon Coup de Crayon

Mon encre était si fluide et si légère.

Pendant les années de maternelle et

une grande partie des années cours

préparatoire j'ai longuement entrepris le

dessin.

Je voyageais ainsi dans une trousse à

moitié déjà décapotable et je n'étais

jamais seul. Il est ensuite arrivé le jour

des devoirs à la maison, où je me suis dit :

« c'est plus possible ! ».

Je devais maintenant tirer des traits

droits bien appuyés sur des règles


d'une trentaine de centimètres, on

appuyait fort sur mon dos me faisant

faire des va-et-vient le pire était les

punitions où je devais jeter mon

encre à copier des bêtises.

Il est arrivé un jour, où j'ai cessé de

verser mon encre. Je ne voulais plus

de ça. L'adolescent m'a posé dans la

soupière qui sert de débarras au

milieu d'une table en bois. J'ai ainsi

passé des années au domaine entre

soupière, commode et tiroir. Je me

suis dit à cette époque :

« Cherche ta place ! Veux-tu être

pour le reste de ta vie dans cette

soupière où on trouve de tout et

de rien, ? Des piles, des épingles, des

soldats en plastiques, des billes... ».

Un jour, je sentis une main ferme le


long de ma colonne vertébrale,

c'était l'index et le pouce du père de

famille. C'était le moment de faire

couler une encre limpide et épaisse,

bien grasse et je réalisais une

signature prononcée et affirmée sur

le bulletin scolaire de l'adolescent.

Ce paraphe m'avait offert une

opportunité de quitter ces lieux

obscurs, ni soupière, ni tiroir...

Le hasard ou la chance m'avait

déposé sur une étagère, proche des

clés et face à une porte vitrée. J'ai

commencé à rêver d'espace,

j'imaginais déjà une renaissance, je

voulais déverser mon encre sur des

causes nobles et modestes, j'ai passé

quelques jours en hauteur sur

l'étagère, quand je fus


soudainement saisi par une main

fine aux doigts froids. C'était la mère

de famille, maîtresse de la maison,

j'ai été brutalement relâché au fond

d'un sac à main. Le choc était si

violent que j'ai perdu mon bouchon

argenté, j'étais dénudé de mon

capuchon.

Je pris un trousseau de clés sur la

tête et j'ai été secoué dans tous les sens

jusqu'au moment où Madame posa

le sac sur le siège passager d'une

voiture. Un court répit et la main

froide replongea au fond du sac

pour récupérer les clés. Même dans

le noir au fond de la sacoche, je sentais

cet enthousiasme, cette positivité

traverser mon artère principale au

sang bleu marine. Je percevais au


fond de mon être que j'allais enfin

servir à l'échange et au partage. J'ai

entendu le frein à main grincer,

après quelques kilomètres, on était

arrêtés et j'étais prêt, une drôle

d'odeur était percevable, une

émanation d'essence et de Gazole .

J'ai à peine entrevu, la lumière du jour,

mes lettres manuscrites étaient ondulées.

Les mains sous le volant, je devais

remplir un chèque, mes extrémités

tremblaient .

Était-il sans provision ? J'étais de

nouveau placé au fond du gouffre. À

côté de moi dans la pénombre

Je vis une carte postale.

« Bonjour, savez-vous à qui vous êtes

destinée ? », lui dis-je.

« Je n'en ai pas la moindre idée »,


me dit-elle,

- j'espère être celui qui vous tatouera

et qui offrira de l'amour et de la

compassion. Je ne veux plus être

celui qui fait des choses sans le

moindre sens, j'ai suffisamment

d'énergie pour ne pas rater ma

vocation .

- j'espère aussi être votre déclic, me

dit-elle à voix basse..

À l'extérieur, j'entendais un

brouhaha : des enfants, des alarmes,

des annonces faites avec un

haut-parleur.

La fermeture éclair s'ouvrit

sèchement, je n'avais même pas

aperçu le caddie, j'étais appuyé sur

un nouveau chèque contre la caisse

du magasin. Mon esprit fut traversé


un instant,

« Non ne verse aucune goutte »,

Mais la main de Madame était si

moite par le stress que si j'avais fait

ça. Je risquais la poubelle au pied de

la caissière. J'ai déversé une encre à

peine lisible dans l'espoir de ne plus

être convoité pour de telles pratiques, le

rapport avec l'argent me gênait.

De retour au domaine, l'esprit

dépravé, je me sentais comme ce

consommable sans intérêt, c'est

comme être un banal commun des

mortels dans ton monde. Je n'étais

pas ce que je devais être. Devais-je,

être résigné et accepter ? Ma vie

devait-elle se résumer à faire les

devoirs des enfants, à remplir des

chèques, à signer des factures ? Peu


de temps après, même dans

l'obscurité la plus totale, je savais

que la nuit était tombée, car le

silence qui régnait, pouvait effrayer

n'importe lequel des citadins. J'étais

en train d'assoupir mon esprit quand

la main délicate de la maîtresse de

maison m'enveloppa et m'emporta

au côté de madame la carte postale.

Je devais raviver mon esprit, c'était

peut-être ce moment-là qui pouvait

faire basculer ma vie.

Je remuais l'encre dans mon

réservoir et je n'attendais plus qu'à

voir. J'ai à peine déposé ma mine de

bronze que j'étais en train de la

tatouer de condoléances. Ce n'était

pas véritablement ma dominance,


mais j'ai fait de mon mieux pour

apporter mon soutien à cette famille.

Le propriétaire du domaine nous avait

quitté. J'avais réalisé des courbes

noires et vives, il n'y avait plus rien

de linéaire, je devais offrir la force et

la droiture, je devais accompagner le

geste de Madame avec gratitude.

L'horloge du salon sonna dix coups.

Je déposais un point final à ce mot

de soutien pour me retrouver

allongé délicatement au fond du

bagage.


La nuit fut libératrice...

J'avais été revêtu de ma capuche

argentée sur ma ligne élancée, noire

brillante, j'étais d'humeur à vaincre

la monotonie... La mue récente de

l'adolescent, j'entendis :

« Maman, t'as pas dix francs stp ».

-Regarde dans mon Sac

-Merci ! À tiens il est beau ce stylo.

On parlait de moi.

-Prends-le si tu veux. Lui dit sa

mère.

Sans la moindre hésitation, je

finissais entre des doigts fins

souverains de dextérités. Comme un

enfant qui tourne un revolver en

plastique sur son index, J'étais en

train de réaliser, des figures dignes

des grands trapézistes pour une sage

réception dans une poche de

chemise à hauteur de cœur.

Boum, Boum, Boum, j'étais libre, un

merveilleux ciel de Provence...

Mais qui était ce jeune homme ?


Le petit dernier de la famille, je ne

savais même pas s'il savait écrire, je

n'étais jamais passé dans ses mains.

Je ressentis la vibration de la

mobylette me traverser de bas en

haut, je fus tout excité un instant,

mais dès la première accélération,

j'avais déchanté, je m'agrippais

comme un dingue à la doublure de

la poche, la peur au ventre de

basculer à tout moment, même a

cette vitesse le chemin de terre me

semblait interminable. Un grand

dérapage, un retour de poussière en

pleine figure, j'avais uriné un peu

d'encre dans le coin de la poche

tachant légèrement sa chemise. Nous

nous sommes arrêtés sous un pin

énorme entouré d'une cour en pierre


fermée par un petit portillon rouillé,

il s'est assis sur le mur et a poussé

un soupir.

La main gauche me captura, la main

droite harponna un répertoire de

poche, avec une pochette grise. Il

avait placé ma mine à tout juste un

centimètre de la première page, un

long blanc, j'attendais son feu vert,

j'effleurais à peine la feuille, sa main

était indécise, je me suis dit au même

moment, c'est maintenant, je lui ai

légué ma présence et là il écrivit


"L'arbre entouré, moment

présent le

22 novembre 1995"


Pouvoir partager autre Chose que le

devoir administratif, j'étais en

mesure d'accorder le présent. C'était

davantage intéressant, plus proche de la

réalité, mieux éclairé sur ma vérité. J'ai

passé l'après-midi à jouer le rôle de

photographe, je figeais ces instants,

dans l'esprit du jeune homme.

À chaque jet d'encre, je distillais

pour ne pas accrocher la feuille, je

ne voulais faire qu'un, aussi souple

que ses doigts.

En début de soirée, il m'implanta au

milieu du calepin et il nous cintra

d'un élastique.

Dans la poche du pantalon, je sentais

de nouveau les vibrations du

moteur, habillé du petit livret, j'étais

protégé et je rêvais déjà de ce que

j'allais accomplir.


Quelques semaines plus tard, le jeune

homme en voiture avec sa mère fut pris

par un besoin d'arrêter le temps, j'étais

désormais toujours à portée, mais ce

jour-là, j'ai eu un moment de

relâchement, l'extrémité de ma mine

était sèche. Il n'avait même pas pris

la peine de me gratter un peu sur la

feuille que je perçus le son de sa voix

dire :

« Maman, t'as pas un autre stylo

celui-là ne marche plus ».

Je n'ai pas eu suffisamment de voix à

ce moment-là pour lui faire

comprendre que mon âme n'était

pas morte.

Sans aucun scrupule, il me Jeta dans

le vide-poche de la voiture.


J'étais dépité de voir l'un de mes

semblables dans ses mains.

« j'ai perdu mon idée, ce n'est pas

grave ça reviendra » dit-il.

Comme sa pensée, j'avais été laissé à

l'abandon. Je ne sais même pas

combien de temps je suis resté ici.

Parfois, le soleil était si intense que la

surface de mon corps pouvait

fondre. Les nuits étaient froides et

humides et j'avais Combattu tout ce

temps pour que ma mine ne

s'éteigne pas à jamais. Le coffre et les

portières avaient été tous ouverts,

j'entendais le bruit d'un aspirateur,

sur le tableau de bord des produits

ménagés, j'avais peur de mon avenir.

Une main avec de longs ongles

entretenus me captura, c'était la


petite fille devenue une jeune

femme. Elle plongea ma mine avec

force sur la semelle de sa chaussure,

j'étais enfoncé dans le caoutchouc,

je crachais mon encre, j'étais, en train

de refaire surface, comme un réveil

soudain, la fin d'un coma cérébral.

Cette souffrance, cette torture m'a

permis de laisser un long trait sur le

bord de la basket de la jeune femme

qui m'épargna la déchetterie et me

jeta dans un carton avec des choses

qui pouvaient être encore utiles.

La voiture nettoyée, elle ramassa le

carton et elle le posa sur la table du

salon.

De là, je pouvais apercevoir des

pyramides de cartons, la soupière

pas très loin, je ne comprenais pas.


Avais-je été réanimé pour

me retrouver à la case départ ?

Non loin de moi, je pouvais lire

l'entête de certains Courriers. Maître

bidule, avocat, justice

Mais que se passer t-il ?

Le téléphone sonna, la mère

décrocha et là, j'ai commencé à

raccommoder les fragments. Le fils du

propriétaire avait repris la

succession du domaine, cette famille,

gardienne de mon paradis était mise

à la porte, sans scrupule après des

années de loyauté . Dans ce carton,

je Commençais à avoir une grande

appréhension de mon avenir. On

ferma le carton à double tour, j'ai été

trimballé dans le noir toute une

journée. Sans la moindre idée de ce


qu'il allait se passer. Des bruits de

meubles traînés sur le sol, des

claquements de vaisselles, je n'avais

pas été abandonné, je déménageais

avec les affaires de cette modeste

famille.

Une chose me semblait certaine ,

l'environnement dans lequel je me

trouvais sans le voir était bien plus

bruyant qu'au domaine. J'entendais

des bruits de circulations intenses,

des grincements de portes, des sons

de voix résonnaient . Je n'entendais plus

l'aboiement des Chiens, et ni le

miaulement des chats, étaient-ils

venus avec nous ? Je me devais

de prendre toutes les précautions

nécessaires pour ne pas être celui

qui, une fois dehors use de son encre


sur des imprimés, sans la moindre

valeur pour l'humanité. J'étais

encore bien vivant et je gardais cet

espoir au plus profond de mon être

pour vidanger mon encre sur des

vers poétiques dignes des plus

grands. De rester sans aucun intérêt

pouvait me coûter ma vie. Je savais

que je pouvais encore y arriver.

J'entendis les cartons déballés les uns

après les autres, l'osmose, l'ambiance

au sein de cette maison m'était

pesante, même au fond de cet

emballage, je le ressentais. On

dé-scratcha la porte, je vis le visage

du jeune homme à la mobylette, il

était éteint, terne comme un temps

gris, sans pluie et sans soleil. Il était

abattu. Au moment même où je me


suis dit :

« C'est maintenant, je dois l'aider » .

Il me reconnut, sans le moindre mot, il

me mit dans la poche de son

pantalon et il continua le rangement

des autres objets.

« Coucou, toi », j'entendis à voix basse,

je n'étais pas seul dans sa poche,

j'étais auprès du petit répertoire gris.

Pendant que tes semblables qui

avaient accompagné le début de ma

vie, s'éteignirent, moi, je m'illuminais,

d'être ici. Allais-je enfin partir, repartir

pour de merveilleuses aventures ?

« Sais-tu ce qu'il se passe vraiment»?

Dis-je au petit carnet.

« Tu as vu ce lieu ? Cet appartement

ne fait pas le quart de notre

domaine », me répondit-il.


-je n'ai pas eu le temps de voir quoi

que ce soit.

-j'ai pu entrevoir même l'extérieur et

il n'y a plus de pins, ni de chênes, ni

même un carré d'herbe. Il n'y a que

du béton et du goudron, il y a du

monde et du bruit jour et nuit ici.

-tu Crois que l'on aura, l'occasion, de

voir ailleurs ensemble.

-je ne sais pas, mais depuis que tu

m'as quitté, plus une de mes feuilles

n' a été tatouée.

- j'en suis navré et je n'attends que

ça, de recommencer.

En fin de soirée, il nous sortit de sa

poche et il nous posa sur une table

basse repeinte au pinceau, d'une

Couleur, Vert, jaune et rouge. Il s'était

revêtus, lui et son frère d'un pyjama


de détenu. Effectivement, ce lieu

manqué d'espace, une pièce de huit

mètres carrés, un lit superposé et les

deux jeunes hommes assis à

l'extérieur, sur le rebord de la

fenêtre, discutaient. Il n'y avait

même pas de balcon. Sur la table au

près de Mr calepin, entouré de

cigarettes et de canettes de bière, j'ai

passé une nuit très agitée.

Comme les deux frangins, ce

nouvel environnement, m'avait

empêché de dormir. J'étais resté

éveillé, toute la nuit, disponible à

verser mon liquide noir. Au petit

matin, j'étais épuisé et je n'avais écrit

aucun mot. Les deux hommes

avaient lâché prise, ils avaient bu et

fumé toute la nuit,


Le plus jeune des deux hommes dit à

son frère :

« allez je bouge, je ne reste pas ici »

« Où vas tu » dit son frère.

-je ne sais pas, mais je vais retrouver

un peu d'espace, peut-être au bord

de mer, j'ai besoin de méditer.

-Alors à plus tard, et bonne journée.

Il avait pris des clés et m'emporta

avec le calepin gris.


Je fus surpris, l'ère du cyclomoteur

était une histoire terminée. Nous

sommes rentrés dans une voiture

blanche. Il n'avait pas mis un tour de

clés que je sentais les vibrations

d'une basse d'un rap des années 90.

Il prit la route, même fatigué, j'étais

prêt à lui partager cette journée.


Nous sommes arrivés face à une

immensité de bleu, des vagues

moutonnées, la Méditerranée était

idéale pour trouver une source

d'inspiration. Le jeune homme

s'installa sur un rocher et il sortit

une canne à pêche. Mr calepin et

moi, nous étions à proximité. II lança

sa ligne et il cala sa canne. Il s'est

assis, et j'étais enfin en position de

forces face aux feuilles blanches du

carnet. Plein enthousiasme, j'étais

heureux. Entre ses doigts, je

ressentais de la douleur, de la peine,

et de la souffrance.

Je devais le raisonner et lui faire

comprendre qu'il ne devait pas

partir dans tous les sens. En

harmonie, les premiers mots que

nous avons partagés étaient :


"17 /03 /98, 10H 33

Meilleur que mille mots privés de

sens est un seul mot raisonnable".


Nous étions faits l'un pour l'autre,

j'étais en mesure de lui offrir de la

sérénité, du calme et je voyais le

chemin de ma vocation se dessiner

Je me trouvais enfin, depuis toutes

ces années de galère là où je devais

être.

Tout au long de la journée, j'avais

armé ma mine de bronze de

bienveillance. Il avait besoin d'aide et

moi, j'avais besoin de lui pour

déverser de grandes choses. Le soir

avant de rentrer, il s'est arrêté dans


un bar et nous n' en sommes pas

ressortis aux premiers verres.

Malgré, qu'il s'alcoolisait, je ne

portais aucun jugement, son esprit

manquait de justesse, il n'avait pas

encore la conscience suffisante pour

comprendre que lui aussi pouvait

atteindre la lumière que chacun des

ses confrères espérait tout au long de

leur vie respective. Tard dans la

soirée, il reprit le volant et il rentra

chez nous, dans ce minuscule

appartement du centre ville. J'étais

encore sur la table basse de cette

chambre qui ressemblait à une

cellule. Il se mit à fumer de l'herbe

pour finir sa soirée. Ce soir-là, il

était seul. Tous les moyens

Étaient bons, il recherchait l'évasion.


Le lendemain, plus lucide que la

veille, il enfila un habit de

travailleur et il partit, me laissant

avec Mr calepin sur la table. Ce fut

une journée sans le moindre

échange et partage sensé.

J' attendais patiemment son retour.

Seul, des vas et viens, des membres

de la famille étaient perceptibles,

comme des fantômes. Aucun d'entre

eux ne s'était remis de ce

changement, de ce déménagement.

Je fus surpris par le bruit de la

serrure, ici tout était fermé à double

tour, il était de retour, bien plus sale

que le matin même... Il prit une

douche, pendant que moi, je faisais

bon usage de ces derniers instants de

solitude. Je m'étais chargé, toute la


journée, d'une sensibilité, d'une

force, d'une passion, pour être

irréprochable sur le reste de la

soirée. Il sortit de la douche, beau et

propre. Il prit ses cigarettes, ses papiers

sans oublier le calepin et moi-même.

J'étais animé de savoir que j'allais le

libérer. À peine en voiture, la basse

réglée sur un rythme reggae, notre

premier arrêt fut le même comptoir que

la veille.

Il y avait beaucoup de tes

homologues avec plusieurs verres

dans le nez. Je croyais bien plus en

lui que ce que lui croyait en moi. Il

s'en mit autant qu'autrui. La nuit

tombée, nous étions repartis et à ma

grande surprise, nous sommes allés

à l'arbre entouré.


De cet endroit, la vue vers la vallée,

on apercevait les grandes cours et

deux énormes cyprès centenaires

qui avaient été plantés comme un

symbole, un emblème, c'était le

domaine.

J'ai passé cette soirée à faire

beaucoup de ratures, son esprit

n'était pas suffisamment clarifié. À

chaque fois que je talochais mon

encre, il était traversé, d'émotions

fortes, de désarroi, il m'avait

longuement parlé d'une jeune

femme et de sa déception

amoureuse. En plus de la perte de ses

terres natales, il me fit comprendre

que l'épaule de cette jeune femme,

s'était-elle aussi retirée.

Il se sentait bancal, je devenais sa


béquille, son parloir, sa confesse, et

je me demandais même si parfois, je

n'étais pas son psychiatre. Ses mots

étaient des fois, durs et tranchants, sa

tristesse le rendait malheureux,

paradoxalement je me sentais

heureux de voir ce qu'il était en

train d'exaucer, à mes côtés.

J'étais un besoin inévitable pour lui à

cette époque et il ne pouvait même

pas imaginer l'envie et le désir que je

contenais .

Nous avions passé la nuit ici, sous un

ciel étoilé sans la moindre pollution

de lumière, la lune était noire, nous

étions dans le royaume du silence, il

aperçut la lueur du jour à l'est, il

regarda sa montre et il dit

doucement : « c'est l'heure, il faut y


aller ».

Et moi je m'interrogeais : « mais où

allons-nous ». Le jour levé, à

l'appartement , il se remit en bleu de

travail et j'étais ravi aujourd'hui de

l'accompagner.

Il avait les yeux cernés de sa nuit

quand il arriva au dépôt, son chef

d'une vingtaine d'années son aîné

l'attendait. Il était déjà sur le pied de

guerre, prêt à partir travailler.

- « Allez, on y va, on a du boulot

aujourd'hui ». Lui dit son chef.

J'étais installé dans la poche

intérieure de son bleu, toujours à

côté de mon ami calepin. Nous

sommes rentrés dans une

camionnette blanche et nous avons

pris la route. Son chef était au volant


et nous étions sur le siège passager.

Après quelques minutes de route,

dans la poche contre la poitrine du

jeune homme, je sentis, sa

respiration, son rythme cardiaque,

de plus en plus profond et calme. Le

chef, un homme très compréhensible

sur la vie de la jeunesse, il connaissait

bien la personnalité de son apprenti, il

lui parlait de tout et de rien, contre lui

j'ai su le premier qu'il s'était

endormi. Le chef s'arrêta de parler et

je me suis aussi assoupi.

À l'heure du déjeuner , le fourgon

garé, le chef réveilla le jeune homme

et lui dit : « c'est bon, tu t'es

suffisamment reposé, viens on va

manger un morceau ». Nous sommes

rentrés dans la brasserie où le jeune


homme avait l'habitude de boire des

verres. Assis devant le menu du jour,

le contre-maître dit à son ouvrier :

« tu sais, je ressens beaucoup de

choses et je me trompe rarement, tu

vas dans pas longtemps finir dans les

bras de la serveuse ».

-« jamais de la vie, j'ai bien autre

chose à penser et je ne suis toujours

pas cicatrisé de mes blessures, tu le

sais bien, toi qui vois tout ».

Fatigué, par sa peine, le jeune était

souvent sur la défensive. À l’affût,

prêt à bondir comme un révolté

lançant des pavés.

Tant que j'étais dans sa poche, je ne

pouvais pas lui transmettre mon

aide. Je pouvais lui offrir de la


sérénité seulement entre ses doigts.

Sans lui, j'étais un disciple et en

osmose avec son être, je devenais un

maître.

De longues semaines s'écoulèrent, à

chaque temps libre, entre travail et

raison sociale, entre bières et

cigarettes, au bord de mer, sur les

hauteurs des collines même dans un

désert s'il avait pu, il se mettait face à

lui-même.

Ces instants étaient les miens, ce

partage était le nôtre.

Je contenais en moi, son intérieur,

son extérieur, l'au delà de son

apparence, des petites phrases en

guise de mémoires, je répandais

l'encre de ma veine sur n'importe

quelles formes de papiers. J'étais sa


boîte à secret, je détenais la clé de sa

quête, j'étais en mesure de

déverrouiller le mensonge pour le

guider à sa vérité mais il n'était pas

prêt.


Fin du chapitre "UN"


Clique ici pour lire la suite

Kommentar (1)

Du musst dich einloggen, um kommentieren zu können. Einloggen
Pensées Fluviales verif

Pensées Fluviales vor 3 Stunden

Attachant! Je regarde déjà mon stylo différemment. 😸

Die Reise durch dieses Themengebiet verlängern Adventure

donate Du kannst deine Lieblingsautoren unterstützen

promo

Download the Panodyssey mobile app