17. Népal, Décembre 2017
Autre crise, autre moment ; autres changements qui s'imposent. Ce que la tête ne veut pas entendre, le corps l’exprime. Je répète souvent cette phrase à mes patients en difficulté dans leur travail ou dans leur vie privée quand ils viennent me consulter pour des symptômes d'allure psycho-somatique, dont la dimension symbolique égrène le vocabulaire des expressions françaises : en avoir plein le dos, tout porter sur les épaules, avoir la boule au ventre ou les intestins noués, ça me fait ch... . J’en fais moi-même une nouvelle fois l’expérience.
Il est vrai que je ne suis alors pas heureux dans mon travail de médecin généraliste. Je me sens globalement très isolé dans mon exercice, ne trouve aucun sens à recopier des ordonnances et signer des attestations toute la journée. Je n'ai pas fait toutes ces études pour cela ! Egalement, je dois bien me rendre à l’évidence : malgré toute l’affection que je porte à Néfertiti, je ne suis plus heureux avec elle. J’ai l’impression de vivre désormais dans le renoncement et le sacrifice pour tenter de donner une chance à cette relation de perdurer. A contrecœur, je viens donc de prononcer notre séparation.
Tout ce qui fondait depuis deux ans les raisons de mon existence s'est donc vidé brutalement de son sens. Je n’ai plus de lieu d’ancrage, vis seul dans le petit studio qu’on m'a mis à disposition au travail en dessous du cabinet, en plein secteur rural, et je n'ai le courage de voir personne le week-end dans cet état là. Autant dire que je n'ai aucun échappatoire pour souffler !
Mais derrière ces raisons apparentes évidentes pouvant justifier mon mal-être actuel, je sens bien qu'il y a quelque chose de plus profond qui se manifeste en moi, et que la situation actuelle ne vient que réactiver. Quelque chose de beaucoup plus ancien, des manifestations très archaïques qui rejaillissent, dont je n’ai aucun souvenir conscient et sur lesquelles je n'ai aucune emprise.
Cela se manifeste d'abord et avant tout à travers mon sommeil : toutes les nuits, je dors à peine une heure ou deux puis me réveille, en nage, dans mon lit, pris de sueurs profuses à en essorer littéralement mon tee-shirt. Le jour, je suis comme un zombie à la pensée hyper labile, extrêmement agité, incapable de réfléchir, incertain et craintif dans chacune des décisions médicales que je dois pourtant assumer. J'ai le sentiment d'avoir véritablement le feu en moi, un incendie qui a pris de l'ampleur et que je ne parviens plus à maîtriser, qui consomme tout, me dépossédant ainsi de tous mes moyens.
J'ai plusieurs fois interrogé par le passé les circonstances difficiles de ma naissance pour tenter de comprendre ce qui semble me hanter comme un fantôme dans ma vie et dans l'histoire de ma construction psychique. Né avec un pneumothorax gauche complet, respirant avec grande difficulté, j'ai été transféré dès le lendemain de ma naissance en hélicoptère en réanimation néonatale, où j'ai passé mes deux premières semaines de vie, séparé et sans contact avec ma famille, car « à l'époque c'était comme ça, on ne se posait pas toutes ces questions... » me raconte ma mère. Par la suite, elle me décrit comme un enfant formidable, « extrêmement gentil et sage, qui ne pleurait jamais ».
Mais je m'interroge : n'est-ce pas au contraire plutôt préoccupant un enfant qui ne manifeste jamais son manque, son inconfort ou son insatisfaction ? C'est comme s'il y avait de tout temps inscrite en moi une part résignée, qui après avoir crié des jours durant sans succès pour retrouver la présence de sa mère, avait renoncé à lutter et se laissait aller au désespoir de la séparation et de l'abandon. Ou peut-être cette résignation teintée d'angoisse proviendrait-elle de cette incapacité à pouvoir respirer par mes propres moyens, me ramenant à cette impression d'étouffement que je peux ressentir de manière récurrente, et de cette obligation à devoir m'abandonner entre des mains étrangères soignantes, relié à des tuyaux et à des machines pour pouvoir continuer de vivre ? C'est en tout cas dans cette ambivalence entre lutte pour la survie et résignation/abandon que j'oscille dans ces périodes de crise.
Il est difficile pour moi de définir précisément l'origine de ces angoisses et cette part de fatalisme qui peut parfois m'habiter ; pourtant, je ressens très clairement cette notion de danger vital qui me hante à ce moment de ma vie toutes les nuits, et qui persiste sous la forme d'un sentiment d'insécurité diffus dans la journée. J’ai l’impression de vivre alors une véritable régression psychique, qui me ramène une nouvelle fois au petit bébé vulnérable et paniqué qui n’a pas pu être consolé. Pulsion de mort, pulsion de vie. Le combat entre l'éros et le thanatos comme dirait Freud. L'une de ces fameuses facettes d'ombre, qu'on occulte à défaut de savoir quoi en faire, et qui nous revient toujours plus fort sous l'effet du boomerang, nous dirait Jung...
C'est donc dans ce contexte qu'Axel, un ami qui s'est pris une année sabbatique pour faire le tour du monde, me sachant en difficulté, me propose de venir le rejoindre au Népal. Suggestion providentielle ! C’est à minima un échappatoire pour quitter le marasme dans lequel je suis désormais complètement embourbé. Je fais le point avec mes collègues, me libère rapidement de mes engagements professionnels, et m’envole pour Katmandou sans trop savoir ce que j'espère y trouver.
Poser cet acte est déjà un soulagement en soi. Je ne vais pas pour autant dire que j’arrive serein au Népal, loin de là. Je reste très fragilisé par mes insomnies et cette ébullition intérieure qui m'a vidé de mon énergie.
La montagne et la marche ont toujours été alors pour moi des espaces d’ouverture et de liberté puissants et très symboliques, m'apportant de l'air pour respirer, m'évitant de stagner et me donnant l'opportunité d'avancer, vaille que vaille. Alors me retrouver au milieu de l'Himalaya, parmi les plus hauts sommets du monde ; c'est déjà une expérience extraordinaire en soi ! Mettre un pied devant l'autre, même quand je suis totalement perdu ; surtout si je suis perdu !, ce n'est pas seulement symbolique, c'est même opérant.
Je retrouve Axel à Pokhara, au pied du massif des Annapurna, à environ deux cents kilomètres à l'ouest de Katmandou. Nous prenons le temps de déguster au soleil matinal un bon petit-déjeuner en terrasse d’un café, puis parcourons cette ville adossée à un lac, visitons les temples et les stupas bouddhistes qui l'entourent, me rappelant alors sous forme d'un clin d'oeil mon séjour en Inde onze ans plus tôt. Axel a déjà repéré un cours d'initiation au yoga et à la méditation de quelques jours, ce qui me permet de commencer à apaiser tout ce feu qui brûle et me consume depuis des semaines.
Dans le même temps, nous préparons notre futur trek. La saison est avancée, l’hiver arrive. Il n’est plus temps de rejoindre les Base Camp pour partir à l’assaut des sommets. Mais de belles randonnées restent encore accessibles pour pouvoir nous élever et admirer de superbes panoramas donnant sur la chaîne des Annapurna. Nous préparons l’itinéraire et nos sacs à dos, et débutons notre montée.
L’ascension est laborieuse, un véritable chemin de croix. Je n’ai pas souvenir d’une randonnée où j'ai enchainé, des heures durant sur plusieurs jours, des marches qui se succèdent indéfiniment. On se croirait à la fin des douze travaux d'Asterix quand ils gravissent les interminables escaliers vers l'Olympe ! Mais c’est en même temps une activité hautement méditative, nécessitant patience et concentration, dans un effort rythmé, cyclique et répétitif. Il s'agit ici surtout pour moi de focaliser mon attention sur autre chose que mes ruminations mentales !
Nous jugulons ainsi notre effort et notre souffle pour pouvoir progresser à notre rythme, sans nous démotiver, et parvenir ainsi à nous élever. Par moments, nous pouvons traverser un village, le temps de nous arrêter quelques instants, puis nous reprenons le cours de notre montée. Après avoir admiré un panorama à couper le souffle du haut de Poonhill, côtoyant les plus hauts sommets du monde à plus de huit mille mètres d'altitude, nous rejoignons la bourgade de Ghorepani où nous nous trouvons une petite guesthouse afin d’y passer la nuit.
Nous rencontrons à table un couple de français avec qui nous sympathisons, et nos échanges nous amènent à discuter de méditation. Le jeune homme en profite alors pour nous parler de son expérience de Vipassana, une retraite méditative en silence de dix jours, dont j’avais déjà entendu parler auparavant à Bodhgaya lors de mon voyage en Inde.
Cela sonne très vite pour moi comme un appel : ne serait-ce pas exactement ce dont j’aurais besoin aujourd'hui ? Je me suis toujours dit qu'un jour je tenterai cette expérience là. Et aujourd'hui, à l'heure où je suis en pleine confusion dans ma vie, cela se manifeste spontanément à moi. N'est-ce pas un signe ? En tout cas, je le reçois comme une proposition de la vie, et une opportunité particulièrement appropriée pour m'aider à me réancrer dans mon corps et mon esprit.
Le soir même, je prospecte sur internet. Il y a plusieurs retraites proposées ici au Népal, mais la plupart commencent... dès le lendemain ! Impossible donc pour moi d'y être. Une seule commence trois jours plus tard : elle se déroule précisément à Lumbini, le lieu de naissance de Siddhartha Gautama, celui qui deviendra le futur Bouddha. Quelle coïncidence à haute valeur symbolique ! Si ce n'est pas l'une de ces fameuses synchronicités... De Bodhgaya à Lumbini, du Bouddha à Siddhartha, remonter l'histoire et le temps à travers la pratique de la méditation bouddhiste... Cela ne fait que renforcer ma détermination, convaincu que c'est là-bas que je suis véritablement appelé dans ce voyage.
Je contacte dès le lendemain les organisateurs de cette retraite, me confirmant qu'il reste quelques places d'hommes seulement, et me donnent leur accord de principe pour me réserver une place. La seule condition est d'arriver avant dix-sept heures, car les portes seront, passée cette heure, définitivement closes. Le temps m'est donc compté...
J'explique ma démarche à Axel qui la comprend et me recommande de ne pas perdre de temps. Une journée pour redescendre ce que nous avons gravi en deux jours. Prendre ensuite un bus aux aurores pour huit heures de trajet, en direction du sud du Népal. Reste alors une bonne heure de marche, de la route principale, pour rejoindre le lieu de la retraite. Tout s’enchaîne malgré tout à la perfection, sans accroche ni imprévus. Quand on est sur le bon chemin, les choses déroulent toujours avec cette facilité déconcertante ! J’arrive finalement autour de seize heures, peu de temps avant la fermeture des portes. Cela me permet de remplir tranquillement les formulaires d'inscription, lire et signer la lettre d’engagement à respecter les règles de vie du lieu. La session peut désormais commencer.
Pratiquer Vipassana, c’est s’engager dans un camp d'entraînement intensif à la pratique méditative. Dix jours à méditer, de quatre heures du matin jusqu’à neuf heures le soir, enfermés dans une enceinte close. Dix jours de silence complet, en introspection complète à l'intérieur de soi. Il est en effet interdit de communiquer d'une quelconque manière avec les autres ; il est même recommandé d’éviter de se regarder quand on se croise, ou lorsqu’on est assis en face à table. Interdiction de fumer, d’écouter de la musique, de lire ou même de prendre de quoi écrire. Le but est de rester concentré sur notre travail d'exercice méditatif, dans l'ensemble de nos actes de la vie quotidienne, pendant et hors des sessions.
Nous devons être entièrement dévoués à la pratique, et uniquement la pratique. Des bénévoles s’occupent de toute l’intendance, sonnent la cloche pour annoncer le début et la fin des sessions, préparent les repas, qu'ils nous servent ensuite sans échanger un mot. Nous devons accepter ce qu’on nous donne, ni plus ni moins. Les pratiquants plus avancés ont un régime alimentaire plus restreint que nous ; ils n’ont pas droit à la collation de l’après-midi. Pour moi nouveau pratiquant, j’ai également droit à un fin matelas de mousse pour pouvoir dormir. Pour eux, ce sera une simple planche de bois. Le ton, monastique, est donné.
Nous enchaînons les méditations sous forme de séances d’une à deux heures. Entre les sessions, on bénéficie de cinq minutes de pause pour aller aux toilettes, se passer de l’eau sur le visage, se dégourdir les jambes. Assis en tailleur ou en position de lotus, l’objectif d’une séance est de se tenir droit, de maintenir sa position en évitant autant que possible de bouger, et de pratiquer un body scan, un scanner corporel, en boucle de la tête aux pieds et inversement.
Observer mentalement chaque zone de mon corps. Poser mon attention sur chaque surface, de manière neutre, sans réagir. Observer la sensation qui s’en dégage, plaisante ou déplaisante, sans y attribuer une quelconque charge émotionnelle d’aversion ni d’attraction. Simplement observer. Ressentir de manière de plus en plus affinée que chaque zone de mon corps, aussi minime soit-elle, est en permanence en mouvement, animée par des sensations auxquelles je ne prête habituellement pas attention. Inspecter chaque partie de mon corps, juste le temps de prendre conscience de sa vibration, puis passer à la zone d’à côté. Scanner l'ensemble de mon corps de haut en bas et de bas en haut, en réduisant de plus en plus chaque surface scrutée, puis recommencer. Inlassablement, du matin au soir, au gré des séances et des journées.
Et surtout, surtout ! Ne pas réagir. Rester l'observateur neutre de ce qui se passe. Rester Équanime. L’Équanimité, c'est le maître-mot de Satya Narayan Goenka, celui qui a ramené dans les années 70 cette pratique quasiment oubliée de Birmanie, et qui l'a largement diffusée en Inde puis dans le monde entier.
C’est un travail de discipline, de patience et de concentration infinies. Pour moi, cela prend d'abord la forme d'une confrontation à la douleur. Tenir la position jambes croisées, pendant une à deux heures sans bouger, réveille au bout d'un certain temps des fourmis, puis des douleurs, et enfin des crampes qui deviennent de plus en plus insupportables, dans le dos, les bras, et surtout les jambes. Il devient vite très amusant de voir en début de session chaque participant chercher à s’aménager des tas de petits coussins qu’il place sous ses fesses, sous ses genoux, entre ses jambes ou sous ses pieds, se remémorant la séance précédente, de manière à essayer de trouver des arrangements pour que la position soit la moins pénible possible !
Le plus compliqué, c’est de rester neutre. Ne pas réagir face à la douleur, ne pas changer de position, ne pas fuir cette sensation qui se présente à soi. Il s’agit, nous rappelle régulièrement S.N Goenka, de considérer que tout phénomène est par nature impermanent, et qu’aussi plaisant ou déplaisant soit-il, il aura une fin. Réagir, c’est donner de l’importance à une sensation, c’est focaliser son attention dessus, et c’est justement la nourrir et s'y attacher, plutôt que de laisser cette information librement circuler. Et force est de constater qu'effectivement, si je n'attarde pas mon attention dessus, au bout d’un moment, la douleur se dissipe, même si elle réapparaîtra quelques instants après ailleurs, sous une autre forme, une autre sensation.
Il y a d’autres perceptions, plus subtiles, qui surgissent également dans le champ de ma conscience. Une sensation de chatouillement, comme une mouche qui viendrait se promener sur mon visage. Une impression de larme qui perlerait très lentement le long de ma joue. Une envie irrépressible de me gratter, ou encore une sensation de piqure, fugace mais intense.
Là encore, il s'agit de ne pas réagir. Rester équanime. Résister à la tentation de me frotter le visage pour la faire disparaître. Rester concentré sur mon scanner corporel et sur ma respiration, et constater par l'expérience que moins je prête d’attention à cette sensation, moins elle envahit le champ de ma conscience et plus vite elle disparaît. Le savoir ne diminue pas la difficulté à maintenir cette attitude équanime, tant certaines sensations mettent l’ensemble de mon système de vigilance à l'épreuve, me pressant d'agir pour faire disparaitre l'inconfort ; mais ça aide à traverser l'expérience désagréable.
Et, travail encore plus compliqué et subtil, nous alerte S.N Goenka, il doit en être de même pour les sensations plaisantes. Celles-ci sont beaucoup plus vicieuses, justement parce qu’elles sont agréables et suscitent ainsi notre attirance, notre convoitise, et donc notre attachement. Phénomènes également impermanents, leur disparition génère alors en nous une sensation de manque, et l'envie de pouvoir les rééprouver. Cela nous conduit à une dépendance dans laquelle notre bien-être se retrouve conditionné à la nécessité de leur présence.
Ni aversion. Ni attachement. Ce sont les deux faces d'une même pièce. Il s’agit là encore d’observer ces sensations plaisantes, sans y réagir, de manière équanime, en poursuivant inlassablement mon travail d’écoute neutre de mon corps, dans une attitude pleine de laisser-être et de laisser-aller.
Plus je progresse dans ma pratique au fil des jours, plus mon niveau de perception s’affine. Au fur et à mesure, je réduis les surfaces que je parviens à observer, entrant dans le détail de chaque zone à la surface de ma peau. C'est un véritable travail de chirurgien, nous dit S.N Goenka. Les trois premiers jours sont en effet dédiés à aiguiser notre lame, et pour se faire, je dois concentrer mon attention uniquement sur le philtrum, ce petit triangle entre les narines et la bouche. Sentir les variations de température à ce niveau, l'air qui rentre et qui sort, relié à ma respiration. Trois jours complets durant, centrés uniquement sur cette zone.
Ensuite vient le scanner à la surface de l'ensemble du corps. Enfin, à partir du septième jour, je commence à pratiquer le body scan également à l’intérieur de mon corps, au niveau des organes. Je perçois progressivement des sensations, d'abord assez floues, émanant de mes viscères. Je deviens lentement capable, tel un rayon laser, de pointer un endroit précis à l'intérieur de ma poitrine ou de mon abdomen, et de pouvoir y mettre le haut-parleur. C'est comme un auto-stéthoscope qui me permettrait de me scruter de l'intérieur.
Je prends alors conscience de toutes ces manifestations qui s'expriment en moi. Une incroyable richesse de ressentis ! A l'image du film Microscosmos qui observe au microscope tout le foisonnement inattendu de vie qui se cache sous les simples herbes d'un jardin. J’accède ainsi à un degré de conscientisation extra-ordinaire de tout ce qui m’anime intérieurement. Je perçois la moindre partie de mon corps comme un théâtre de sensations, de plus en plus riches et variées, dont je n’avais pas idée jusque-là.
Et je finis par percevoir avec une grande acuité les flux d’énergie qui me traversent, ce souffle de vie en perpétuel mouvement, que ce soit dans ma pratique méditative tout au long de la journée, ou en dehors sur les temps de marche en conscience, de toilette en conscience, d'alimentation en conscience. Et même jusque dans mon sommeil, où je conserve la conscience précise de toutes mes zones d'appui, de la position de mon corps dans l'espace, de ce qui se passe à l'intérieur de ma poitrine et de mon abdomen, alors même que je suis endormi. Conscient de l'ensemble des manifestations de mon corps dans mon sommeil.
Observer ce qui se manifeste. Accepter ce qui est. Ne pas rejeter ce que nous n’aimons pas. Ne pas désirer ce que nous aimerions mais qui ne se manifeste pas. Simplement éprouver, de manière équanime, les sensations qui émanent et disparaissent au cours du temps. Tel est l’apprentissage que propose Satya Narayan Goenka, le maître du Vipassana décédé depuis 2013, dont nous écoutons tous les soirs les enseignements sonores enregistrés, comme dans toutes les retraites Vipassana du monde entier. C'est tout l'enseignement bouddhiste issu de la voie du Theravada, visant à dissiper l'illusion du soi, permanente et séparée du monde, qui est mis à l'épreuve de la pratique ici, et uniquement de la pratique.
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Ici, c'est que de l'IP : de l'Intelligence Personnelle.
Humaniste convaincu, quelles que soient les potentialités de l'IA, je crois qu'il est important de ne pas se laisser déposséder de ce que nous avons de plus précieux : notre conscience du monde, de nous mêmes, et notre capacité à penser par nous mêmes.
Tout ce que j'écris défends donc ce combat : explorer les potentialités de notre propre conscience.
Alors respectez- vous, respectez moi ! tout ce qui est écrit ici doit, en cas de reprise, respecter les droits d'auteur et me citer comme tel.
Après...n'hésitez pas à partager !
Car ce qu'il y a de bien avec l'intelligence humaine, c'est que plus elle est partagée, plus elle aide à se faire grandir mutuellement !
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Commento (2)
Alexandre Leforestier 19 ore fa
Il faut que je regarde un truc technique car sur application mobile, elle plante car il y a beaucoup d’images en haute qualité - je te le dis pour info, je vais demander à la technique mais je pense que c’est ça - si cela plante aussi sur app mobile de ton côté dis-moi stp - je parle de celle de l’Afrique avec les grosses bêtes )))
Alexandre Leforestier 19 ore fa
Absolument génial le précédent voyage ! Les bannières sont en retard mais elles arrivent, ne vous en faites pas, j’étais debordé ))
Charlie 19 ore fa
Merci cher Alexandre ! Pas de soucis, tu as tant à faire... Ravi que la promenade sudafricaine t'aie plu à ce point en tout cas ! Le but, c'est bien sur de partager avec vous un peu de tout ça ! ;-)