Lundi 2 mars 2026
Lundi 2 mars 2026
J’ai pleuré presque dès les premiers mots, sans parvenir à mettre le doigt sur ce qui me bouleversait ainsi. La tristesse semblait trouver sa source quelque part entre la fatigue, l’angoisse qui gronde au rythme des nouvelles du monde, les conflits et les désaccords obstinément tus, le retour inattendu de ce deuil que je croyais avoir épuisé et l’incertitude qui n’en finit plus de s’étendre. Elle se terrait là-dessous, bruyante mais indistincte, un flot continu qui faisait trembler ma voix et inondait mes yeux. Celle qui veille m’écoutait et je me suis sentie devenir toute petite, pleurant d’un même élan mes chagrins d’hier et ceux d’aujourd’hui, bousculée de toute part par la vie. Elle non plus n’y voyait pas très clair dans mon débordement, je crois, et nous avons lutté longtemps pour me maintenir la tête hors de l’eau. Il aura fallu une bonne heure pour que la lumière s’installe un peu, éteignant mes sanglots, et que je commence à saisir. Je pleure le trésor espéré depuis l’enfance, celui que j’ai reçu et puis que j’ai perdu, la certitude absolue qu’un autre que moi me comprend en entier et que je le comprends de la même manière, que quelqu’un, quelque part, est fait de la même matière.
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