La poétesse blafarde
Fatigué de voir les lettres nacrées
De vermeilles larmes s’écouler
Sur ma peau au velours empourpré,
Moi, ô poétesse blafarde, inégalée
Pour le parfum de tes phrases veloûtées,
J’irai t’encenser au firmament
De mes vers lactescents.
Et sur le navire de ton regard,
Je franchirai la mer dont l’abysse
Brillera sur les pagnes folâtres
Au bord de ta robe de comtesse.
Hélas, la neige tarde à darder
Les rues de la blancheur de ton sourire ;
Et mon âme en peine va se hasarder
Sous le bât de tous les empires.
Le vent ira souffler, souffler,
Par-delà les monts, par-delà les tours
D’argile, enrobées de cocons de velours.
Et ton parfum, quant à lui,
Sera dans le sillon de chaque friselis
Qui, sur ma triste paupière, se lit.
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