L’encre avant le sommeil
La nuit pose ses bras, douce, sur mes paupières,
Et je promets à l’heure un repos sans détour,
Mais une phrase arrive, entêtée, prisonnière
D’un silence qui brûle et refuse le jour.
Je voulais m’endormir, laisser l’encre sécher,
Poser enfin le poids de ces mots que je tisse,
Mais l’histoire m’appelle avant que je me couche,
Et la plume se lève avant que rien finisse.
La fatigue est là, lourde, assise sur ma nuque,
Et pourtant quelque chose insiste, creuse, veille,
Une idée qui refuse d’attendre l’aube opaque,
Un mot qui exige d’exister sans pareille.
Écrire plus vite que l’ombre et que soi-même,
Courir après le fil avant qu’il disparaisse,
Dormir ? Oui, mais demain, quand l’histoire se sème,
Quand les mots ont cédé toute leur allégresse.

Photo : Elizabeth Ende @ Pexels.
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