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Pubblicato 6 mar 2026 Aggiornato 6 mar 2026 Humor column
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Je dois appeler ma banque avant vendredi,

il y a une facture qui traîne depuis le mois dernier,

mais quelque chose vient de souffler si fort que mes papiers ont volé,

tous mes relevés, mes petits calculs du soir,

dispersés comme si ça n'avait aucune importance.


Je ne suis pas certain que la photographie soit vraiment pour moi,

peut-être que j'aurais dû essayer la céramique,

ou apprendre une langue qui m'aurait emmené quelque part,

un endroit où l'on pourrait réfléchir sans que le sol tremble,

sans cette poussière qui se dépose sur tout ce qu'on pose.


Et je me demande si j'ai fait les bons choix.


Un bruit énorme, quelque part derrière,

du genre qui devrait interrompre quelque chose,

alors que j'essaie de me souvenir si l'aquarelle s'apprend seul

ou s'il vaut mieux un professeur, une école, une méthode,

mais quelqu'un crie au loin et franchement ce n'est pas le moment.


La poussière entre par là où il y avait une fenêtre,

elle se dépose sur mes mains, sur mon agenda ouvert,

sur la liste de mes résolutions que je reporte depuis janvier,

et je tousse un peu, contrarié, parce que j'essayais de me concentrer,

parce que cette question ne se résoudra pas toute seule.


Et je me demande si j'ai fait les bons choix.


Il paraît qu'il faut une passion pour se sentir vivant,

quelque chose qui donne un sens aux journées qui se ressemblent,

une phrase que j'ai lue dans un article que j'ai mis de côté,

l'article est quelque part sous les gravats de mes intentions,

sous autre chose aussi, mais je préfère ne pas regarder.


Les cris dehors ont quelque chose d'épuisant à la longue,

cette façon qu'ils ont de tout interrompre, de tout envahir,

comme si mon inquiétude à moi était moins urgente,

comme si ne pas savoir ce qu'on aime vraiment

était une chose qu'on pouvait se permettre de négliger.


Et je me demande si j'ai fait les bons choix.


Un morceau du plafond est tombé sur mon épaule gauche,

pas assez pour que ça fasse vraiment mal, juste assez pour irriter,

pour salir cette veste que je n'aurais pas dû porter aujourd'hui,

et je souffle, parce qu'il y a déjà tellement de choses qui s'accumulent,

tellement de décisions que je n'ai pas encore eu le temps de prendre.


Ma retraite ne sera pas suffisante si je ne commence pas maintenant,

j'ai calculé les chiffres et les chiffres me disent que je suis en retard,

en retard sur moi-même, sur ce que j'aurais dû devenir,

et quelque chose tonne très près avec une brutalité presque vulgaire,

une brutalité qui n'a aucun respect pour ce que je suis en train de faire.


Et je me demande si j'ai fait les bons choix.


La fumée maintenant, épaisse, qui roule dans la pièce comme si elle était chez elle,

qui efface les murs, qui efface les coins où je pensais m'asseoir pour réfléchir,

et quelqu'un hurle quelque chose dans une langue que je ne comprends pas,

ou peut-être que je comprends mais que je n'écoute pas vraiment,

parce qu'il y a cette facture, ce hobby, cette vie mal rangée qui m'attend.


Il y a des gens dehors qui courent dans tous les sens,

des silhouettes dans la fumée qui cherchent quelque chose de très concret,

quelque chose de bien plus simple que ce que je cherche,

et j'essaie de ne pas les regarder parce que ça me déconcentre,

parce que leur urgence à eux déborde sur la mienne et c'est injuste.


Et je me demande si j'ai fait les bons choix.


Je devrais peut-être écrire, tiens,

mettre des mots sur cette inquiétude qui me ronge depuis des années,

ne pas avoir assez vécu, pas assez choisi, pas assez aimé quelque chose de précis.

Un morceau de verre vient de glisser de ce qui reste du cadre,

il est tombé sans un bruit, lui, comme pour ne pas me déranger.


La poussière continue de tomber, fine et régulière,

elle recouvre mes mains, mes papiers, mes petites peurs bien ordonnées,

et je pense que si j'avais trouvé plus tôt ce qui me passionne vraiment,

quelque chose qui m'aurait ancré dans quelque chose de solide,

peut-être que tout ça m'atteindrait différemment.


Et je me demande si j'ai fait les bons choix.


Quelqu'un non loin d'ici a peur d'une chose sans formulaire à remplir,

sans taux d'intérêt, sans délai de grâce,

juste cette certitude que demain est une question ouverte,

à laquelle il n'existe pas encore de réponse,

et franchement j'essaie de ne pas y penser parce que ça n'aide pas.


Il y a cette facture, et ce hobby que je n'ai pas encore trouvé,

et quelque chose qui vient de tomber très près,

si près que la poussière est dans ma bouche maintenant,

et je crois que cette fois je n'arriverai pas à me lever, secouer mes vêtements, et recommencer,

le béton est bien trop lourd pour quelqu'un sans passion.


Et je me demande si j'ai fait les bons choix.







Photo : Taffarel Micaloski sur Pexels.

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