Deux soirées de musique et de partage autour de la culture tsigane
Deux soirées de musique et de partage autour de la culture tsigane
Les 6 et 7 février, la salle Pol’n accueillera la quatrième édition du cabaret tsigane de l’association Rom Sucar. Deux soirées mêlant repas roumain, musique et danse, portées par une famille nantaise déterminée à créer un véritable espace de rencontre.
« On est peut-être parmi les derniers résistants : une famille qui n’a jamais formaté sa musique et qui continue de dire les poésies apprises depuis des centaines d’années. » – Mihai Pîrvan
Originaire de Clejani, village roumain d’où sont issus les musiciens du Taraf de Haïdouks, la famille Pîrvan perpétue une tradition musicale familiale. « On vient d’un village de musiciens », rappelle Mihai Pîrvan, saxophoniste du groupe Rom Sucar. « Chez nous, la musique a permis aux gens de tenir et de survivre. »
Le cabaret s’inscrit cette année dans les 170 ans de l’abolition de l’esclavage des Tsiganes. Une date marquante, mais que les organisateurs ne veulent pas traiter de façon solennelle. « On n’est pas là pour pleurer sur le passé. On fait un repas, on pense à tout ça, mais c’est un moment de partage et de joie. »
Pour Mihai, l’enjeu dépasse la musique : « Je veux qu’on passe un moment tous ensemble et qu’on arrête de se méfier les uns des autres. Qu’on se rappelle qu’on est tous humains et que l’autre n’est ni un ennemi ni un étranger. L’essentiel dans la vie, c’est de bien manger, de s’aimer en famille, de danser et de chanter. »
Sur scène, cinq à six artistes – accordéon, voix, saxophone, contrebasse, cymbalum, percussions – joueront dans une formation mouvante, parfois rejointe par des proches ou des musiciens présents dans le public. « On ne sait pas faire deux fois la même musique : c’est une musique de vie, très improvisée. »
L’événement est entièrement associatif : cuisine maison, installation du matériel, organisation collective. « C’est vraiment à la bonne franquette, du fait maison dans tous les sens du terme. On a juste une asso, aucune structure derrière. C’est la famille qui fait la zik et la bouffe. » Au menu, des sarmale, plat emblématique roumain, aussi proposé en version végétarienne. Les soirées débuteront vers 19 h, avant de se poursuivre en concert et en ‘’jams’’ improvisées.
Mihai espère aussi bousculer les représentations : « Peut‑être que ça permettra de voir d’autres Tsiganes que ceux qu’on voit à la télé ou au feu rouge », dit‑il, en rappelant que sa famille a connu ces réalités : « On a été expulsés, clandestins, on a bouffé aux Restos du Cœur, on s’est sapés au Secours catholique. » Mais il insiste surtout sur ce qu’ils veulent montrer aujourd’hui : une famille qui partage sa culture, sa cuisine et sa musique. « L’essentiel est de rappeler que le Tsigane, l’Africain, l’Arabe ou le Chinois… ce voisin à qui tu dis juste bonjour depuis dix ans, c’est un gars comme toi et moi, » et que « même si cela peut sembler un peu cucul, il faut croire encore au mélange, à la possibilité de changer un peu le regard des gens avec un repas, un peu de musique et de danse. » C’est, résume-t-il, « l’appel du cœur ».
Réservations via HelloAsso (Rom Sucar)
Teddy Fradet
??/01/2026
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