Bathyan : l'écumeur des brumes - S01E09
Avertissement : cette nouvelle est une œuvre de fiction qui prend place à Saint-Pierre-et-Miquelon. Certains lieux sont réels, mais toute l'histoire, inspirée par la brume, n'est que le fruit de mon imagination. Ainsi, toute ressemblance avec les personnages ne serait que pure coïncidence.
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Bahtyan :l'écumeur des brumes - S01E09
Les canons
J’étais complètement perdu. Au sens propre comme au figuré. Je ne connaissais pas les rues, n’avais aucun repère visuel pour accrocher un quelconque souvenir depuis mon arrivée et par-dessus tout, la brume effaçait la surface des choses sous un linceul poisseux. Quant à ma raison, elle avait pris la main de ma logique pour se perdre dans les méandres obscurs de ces contes de crypte, où se mêlent les fantômes des légendes urbaines et romans horrifiques. J’étais résolument seul dans un corps qui avançait arc-bouté, les mains dans le revers du pantalon d’Erin. On ne savait pas vraiment si fuir signifiait courir ou se hâter avec lenteur. La corne avait pour but de dissiper nos ennemis, mais quels ennemis ? J’avais tellement de questions à poser à Marc, mais Marc n’était plus là.
Soudain, tandis que je persistais à me perdre dans mes pensées, ce fut une morsure de glace et de feu mêlé qui me ramena instantanément ma condition de fuyard. Je ne pus me retenir de crier. Un cri mêlé lui aussi. Pris entre la surprise et la douleur. Erin tenta de me libérer de l’étreinte de la brume en la faisant fuir d’un coup de corne, mais le mal était fait. La douleur était là, autour et dans la blessure qui avait littéralement fait fondre mon bas de pantalon. La douleur s’accrochait à ma chair et pulsait au rythme de mon cœur. Comme si elle voulait s’approprier chacun de mes battements cardiaques. C’est à peine sur, en essayant de reprendre mon souffle, j’aperçus comme un bras vaporeux se rétracter dans un chuintement qu’aucune bouche humaine, aucune gueule animale, ne pouvait produire. À la manière d’une corne d’escargot, le bras fantomatique avait regagné l’intérieur de lui-même. Mes questions pouvaient bien attendre. Il était urgent de nous mettre à l’abri. Urgent de trouver ces fichus canons et de saigner dessus à en devenir exsangue si cela pouvait mettre fin à ce cauchemar.
Notre course avait donc repris. Erin faisait hurler régulièrement la corne de brume, presque à chaque pas. Comme si le fait de l’avoir actionnée une première fois, pour moi, avait mis fin à notre discrétion. Je voulais lui dire de repenser aux mots de Marc à propos de la réserve d’air comprimé : « La cartouche n’est pas neuve », mais la douleur, toujours aussi violente, m’intima l’ordre de me taire. Je laissais donc faire Erin qui semblait se diriger exactement, où elle le voulait. Je ne pouvais que la suivre, encore et encore, tandis qu’elle prenait une rue, puis une autre, en évitait certaines pour se ruer dans un nulle part fait de brume et d’uniformité. Je ne reconnaissais rien de ce que j’avais découvert en arpentant Saint-Pierre. Les maisons multicolores avaient perdu leur super
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