cette lueur de marécage
Dans la salle où coule
L’onde généreuse de la Beauté
Tout est calme
Au repos
Tout attentif
A la mesure de la juste rencontre
De la fusion de l’Autre en Soi
De Soi en l’Autre
Rien n’est plus beau
Que ce geste
De versement
D’offrande réciproque
L’Un sans l’Autre
Serait déchirement
L’Autre sans l’Un
Serait dépossession
Amicalité du Regardé
Et du Regardant
En une intime communion
Coexistence des êtres
En leur Unique
En leur Joie
Ai vu le plein d’emblée
Là au cœur de la matière
Le Vrai en sa destination originelle
En sa multiple métamorphose
Le Juste à la confluence
Des regards
Des existences de papier
Plus réelles que bien des vies
Errantes
Déboussolées
Ivres de ne point ratifier
Leur passage autrement qu’à l’aune
D’une inattention à être
Seulement une vacuité tutoyée
Seulement une approche
Privée d’amers
Comment exister
Dans cette lueur de marécage
Comment ne pas confier son corps
Aux eaux mortes de la lagune
Ai vu le plein d’emblée
Le jour était fécond
Le Vide se donnait
À qui
Voulait bien le prendre
Le Rien s’abouchait
A la moindre rainure
A la plus infime poussière
Tout dans l’air était
Immensément
Vacant
Libre de soi
De se donner
Ou bien
De se retenir
Ai vu le plein d’emblée
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