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2-Le swap

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Veröffentlicht am 13, März, 2026 Aktualisiert am 13, März, 2026 Science fiction
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— Alors, toujours un Gin Tonic ?

Pendant que le bras serveur attendait la réponse, Otis regardait sa collègue Coralie, habillée d’un foulard rouge attaché autour du bras. Elle était penchée sur son holophone à répondre à un questionnaire de développement personnel.

— Cora ?

— Quoi ? disait la blonde, surprise.

— Gin Tonic ?

— Oui, parfait.

La mission d’aujourd’hui les avait amenés au cœur du système solaire, non loin du soleil lui-même. HighCity était une immense zone touristique, gravitant à 30 millions de kilomètres de la boule de feu. Il faisait toujours bon sur HighCity. Protégés par d’énormes écrans semi-transparents, tous les hôtels de la station avaient une vue directe sur les protubérances solaires. La team WP-7 était assise plein sud, offrant un spectacle fantastique. Mais Coralie n’en avait cure, au contraire d’Otis.

— Tu es en train de louper un spectacle magnifique, tu sais.

— J’en ai vu d’autres. Surtout que ce n’est pas la première fois que nous venons ici.

— C’est quoi ton test ?

— C’est un test venant du web. Il propose des jobs compatibles en fonction de tes goûts. C’est très complet, il y a plus de 100 questions.

— ?!? Dis toujours…

— Question 78 : Êtes-vous plutôt solitaire ou sociale ? Mmm, moi c’est social.

— Quoi ? Comment ça, social ?

— Ben oui. J’aime bien aller boire avec des amis.

— Comme maintenant ?

— Non, mais là on est en mission. Je veux dire en vacances.

— Rappelle-moi, c’est quand qu’on a pris des vacances ?

— Oui, mais c’est parce que… Je veux dire, en temps normal.

— On est une WP. T’as oublié tous les tests qu’on a dû passer ? Je ne me souviens pas que l’un d’entre eux était de boire des verres avec des amis. Par contre, passer deux semaines seule dans les neiges de Ganymède à attendre qu’une cible arrive pour la sniper, ça ne m’a pas l’air très social. Notre caractéristique est la solitude.

— Oui, ben peut-être que j’ai juste envie de changer. C’est pas toi qui dis qu’il faut savoir quitter ce métier avant que ce soit le métier qui te le fasse comprendre ?

— Je parlais pour d’autres. On a à peine 25 ans.

— C’est pas une question d’âge, je me sens dépassée.

Otis soufflait. Il savait où sa collègue voulait en venir. Dans ce métier, c’était rare que les missions foirent, mais c’était encore plus rare d’en réchapper et de savoir qu’on a eu de la chance. Il attrapait son verre au moment où une femme se présentait devant eux. Elle portait un chapeau, des lunettes et une vieille écharpe autour du menton.

— Jx ? demandait Otis, un peu surpris.

— Moi-même.

— Vous nous avez trouvés facilement ?

— Le signal était assez clair. Deux jeunes, dont la femme porterait un foulard rouge autour du bras. On y va tout de suite, demanda-t-elle ?

— Non. On a encore un peu de temps. Asseyez-vous.

Et la femme s’assit tandis que Coralie lui présentait son holophone.

— Vous permettez ? disait-elle.

Coralie glissa son appareil sous la main de Jx tandis qu’Otis, bien qu’il ne le montrât pas, gardait une main sur son arme en attendant le résultat. L’holophone dit OK.

— Je vous ai convaincue ? Vous pouvez vous détendre et lâcher la gâchette maintenant.

— Vous savez, on est à quelques millions de kilomètres du soleil. Ce n’est pas l’endroit pour être couverte de la tête aux pieds, même si c’est une très jolie écharpe.

— Je préfère dit Jx. Si l’on me reconnaît, la mission pourrait capoter.

— Comme vous voulez. Vous buvez quelque chose ?

Et Jx commandait une boisson avant que tous les trois ne trinquèrent à la mission.

— Alors, comment allez-vous procéder ? demanda Jx.

— Oh, cela ne sera pas très dur. C’est une personne solitaire. Elle a loué une chambre à l’hôtel en face et n’a qu’un seul garde. Probablement la raison pour laquelle le commandemant l’a choisie. On rentre, on fait l’échange, on sort. J’ai déjà fait pire. Mais vous, vous êtes prête ? J’ai entendu que vous n’aviez pas eu beaucoup de temps pour vous préparer.

— Non, malheureusement, mais je suis prête à prendre le risque. L’empire en a besoin, surtout que nous avons perdu une bataille non loin de Cérès.

— J’ai entendu cela aussi.

Après 5 minutes, Coralie fit un signe à son collègue.

— La cible est dans sa chambre, il est temps d’y aller.

Tous trois se levèrent. Otis et Coralie récupérèrent deux grands sacs de voyage à roulettes. Sur HighCity, la norme pour se déplacer était les sous-sols de la ville, à l’abri de la lumière agressive. Dans les galeries couvertes, on pouvait tout parcourir à pied, en transport en commun ou en voiture volante sans cramer. Cette fourmilière, aux mains du Bloc Commun, ne se doutait pas que trois intrus, fervents partisans de l’empire, se confondaient dans la foule jusqu’à l’hôtel le plus luxueux de la station.

— Si les analystes ne se sont pas trompés, il est dans la chambre 612, disait Coralie. Enlevez vos casquette, lunettes et écharpe pour passer la réception.

Et Jx obéissa. Sous le vêtement, il y avait le visage d’une femme mais il était défiguré, griffé, et certaines parties de sa mâchoire avaient des plaques vissées. Otis et Coralie ne montrèrent aucune réaction, mais Jx comprenait.

— Ils m’ont tout pris. Ma femme, mes enfants. Je n’avais plus rien à perdre.

— On ne vous juge pas. Je trouve même cela très courageux. Allons-y avant que cela change.

Les trois, accompagnés de leurs sacs, passèrent devant le réceptionniste sans élever le moindre soupçon, tandis que l’ascenseur les menèrent au 6e étage sans interruption. Jx voulait sortir la première, mais elle fut arrêtée par Otis.

— Attendez. Il y a le rat. Je reviens.

Otis laissa son sac de voyage noir dans les mains de sa collègue, puis prit la direction de la chambre 612. Le couloir était tapissé de rouge aux effigies du parti. Sur les 60 chambres de l’étage, seule une était gardée par un garde. Il était assis sur une chaise et lisait une revue. Pour lui, c’était une mission facile. Qui allait attaquer une des pontes de l’armée du bloc commun ? L’amirale Solvieg n’était ici que pour un échange d’informations avec un diplomate et devait repartir dès le lendemain, mais c’était sans compter sur un jeune homme de 25 ans qui marchait les mains dans les poches en sa direction.

Otis regardait tout autour de lui. Il trouvait l’hôtel superbe. Il passa devant le garde en le saluant de la tête, puis sortit son holo et commença à l’allumer mais rien ne vint ; la pile était à plat. Il jeta un regard au garde assis et, comme lors d’une conversation secrète, lui demanda de l’aide.

Le garde sortit sa batterie afin de recharger. Otis s’approcha et tendit son appareil, mais avant de le donner, fixa de façon maladroite son regard en direction de Coralie, au fond, qui avait les mains occupées par les poignées des deux sacs.

Le garde comprit. Il se retourna et attrapa son arme, mais Otis fut le plus rapide et pointa son arme sur sa tête.

— Ne tente rien ou je t’envoie dans un trou noir.

L’homme acquiesça, mais plus que cela, il s’étonna de voir avancer devant lui la personne qui était censée se trouver à l’intérieur.

— Amirale ??

— Ouvre la porte, disait Otis. Et doucement avec ton holo.

Le garde obéit, non sans questionnement.

La chambre était une suite. Elle contenait non seulement une superbe vue sur le soleil, mais aussi un salon et deux chambres.

— Qui t’a dit de rentrer ? demanda une voix féminine grave.

Mais personne ne répondit. À la place, un « boum » d’un corps qui tomba au sol résonna dans la chambre, obligeant l’amirale Solvieg à se retourner. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant son propre visage, ses propres blessures et ses propres cicatrices.

— Qui êtes-vous ? dit-elle en se relevant.

Mais Otis n’avait pas de temps à perdre. Il tira une balle à champ faible qui ne faisait qu’assommer et non tuer. L’amirale Solvieg s’évanouit aussi rapidement que son garde du corps. Coralie, qui venait de fermer la porte, dit :

— OK. C’est ici qu’on se quitte. Vous savez quoi faire.

— Ne vous inquiétez pas, cela va aller pour moi. Mais comment allez-vous faire pour sortir ces deux personnes d’ici ?

— Simple. Par la grande porte.

Et Otis ainsi que Coralie ouvrirent grand leurs sacs noirs de voyage. Ils étaient assez grands pour faire rentrer un corps, du moins celui de l’amirale, qui pouvait être refermé sans problème par Otis. Mais quand il regarda sa collègue s’y prendre avec le garde, elle avait un peu plus de mal. Le sac était un peu trop petit.

— Ne me regarde pas comme ça. J’y peux rien s’il a bu de la soupe.

— J’ai rien dit…

— Non, mais tu le penses tellement fort que tout le monde l’entend.

— Pff, ces préjugés. Besoin d’aide ?

— Non merci.

Coralie, un peu sur les nerfs, décida de forcer avec son pied pour que tout le corps rentre. C’est à ce moment-là qu’un crack se fit entendre. Jx et Otis regardaient Coralie.

— C’est sa cheville, on s’en fout, rassurait-elle en fermant le zip.

— Vous allez en faire quoi ?

— Dans l’hôtel, rien. Cela poserait trop de questions. On a tout ? demandait Otis à sa collègue.

— Moi, je suis prête.

— Bien. C’est ici qu’on se quitte. Bon courage pour la suite.

— Bon courage à vous aussi, répondait Jx.

Et le groupe quittait la fausse amirale avec deux énormes valises. Ni la réception ni les portiers ne demandèrent leur reste.

***

Dans l’espace profond à bord de la flèche, l’amirale Solvieg ouvrit péniblement les yeux. Un peu décontenancée, elle se redressa. En face d’elle, jonché au sol, se trouvait le garde. Il était toujours dans le coma et sa cheville avait quadruplé de volume. Elle se savait dans un sas de sortie. Tout était de métal, tout était de vis, sauf la vitre de séparation avec le reste du vaisseau qui montrait un Otis décontracté et une Coralie occupée avec son holophone.

— Vous…

— Nous, répondait Otis.

— Vous êtes qui ? Qui vous envoie ?

— Nos noms ne vous diront rien.

— Je suis amirale du Bloc Commun. Ce que vous venez de faire mènera au peloton d’exécution. Je vous ordonne de vous expliquer.

— Vous pouvez ordonner tout ce que vous voulez. Ça ne changera pas votre situation.

— T’avais dit qu’il ne fallait pas attendre qu’elle se réveille, remarquait Coralie, toujours plongée dans son holophone.

— J’ai deux-trois questions.

— C’est un enlèvement ? Que voulez-vous ? s’énerva la femme emprisonnée.

Ce fut à ce moment qu’elle se souvint. Dans l’appartement de l’hôtel, une femme ayant le même visage qu’elle. Un peu horrifiée, elle demanda :

— Cette dame… qui me ressemblait… Qu’avez-vous fait ?

— On vous a remplacée. On a mis un sosie en tout point identique à vous. Contrairement à ce que vous nous dites, nous savons que vous êtes une amirale déchue, d’où le peu de sécurité. C’est d’ailleurs pour cela qu’on vous a choisie. Mais j’ai une bonne nouvelle : dans les prochains mois, vous allez avoir une carrière fulgurante en tant que contrespion. Si ce n’est pas cool ça…

— Oh mon dieu, mais vous êtes de l’Empire ? Mais c’est une déclaration de guerre.

— Amirale, nous sommes déjà en guerre.

— Le Bloc Commun vous fera payer au centime cet affront.

— Le Bloc Commun n’est nulle part, on le sait tous.

— Vous oubliez la guerre de Cérès qui a été remportée par nos forces armées.

Mais Otis ne répondit pas. À la place, il souriait de force.

— Pour finir, je n’ai pas de question. Coralie ?

Otis s’attendait à un « non », mais sa collègue demanda quelque chose de bizarre.

— Si, j’ai une question pour vous, amirale. Je sais que nous ne nous connaissons pas depuis longtemps, mais me trouvez-vous compatissante ?

— O_0. Qu’est-ce que c’est que cette question ? coupa Otis.

— C’est mon questionnaire. La question 96 me demande si j’ai de la compassion.

— Tu te fous de moi. Jette ce questionnaire, putain.

— Tsststs, laisse-la répondre. Amirale, voyez-vous de la compassion sur mon visage en ce moment ?

— La seule chose que je vois, c’est une pouffiasse figée qui devrait se faire arracher la tête. Et je m’en assurerai. Je vous ferai fusiller moi-même. Vous êtes la honte de votre armée.

Silence.

Coralie ne se sentit plus par ses insultes. Dans un coup de colère, elle frappa fort le bouton rouge situé sur le panneau de commande. La porte du sas s’ouvrit et immédiatement, le sas se vida de ses deux corps dans l’espace lointain. La mort attaquait le garde et l’amirale par trois côtés : la gazéification du sang, le manque d’oxygène et la radioactivité des vents solaires. Les deux corps se sublimèrent quasi instantanément.

À l’intérieur, Otis regardait sa collègue, circonspecte.

— Quoi ? répondait la blonde crollée. On comptait la balancer de toute façon.

— o_O.

— OK. Je n’ai pas de compassion. Je vais répondre non à la question.


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